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ROYAL HUNT - Fear (1999)
Par JEFF KANJI le 15 Février 2017          Consultée 566 fois

Si le départ d'Henrik Brockmann s'était fait à l'époque de la manière la plus amicale qui soit (il est d'ailleurs choriste sur ce cinquième disque des Danois), la fin de la lune de miel entre André Andersen et DC Cooper fut brutale, et le départ du fabuleux chanteur abasourdit les fans comme le fera celui de Tarja Turunen quelques années plus tard. DC Cooper, fort du succès rencontré par son groupe, souhaite tenter l'aventure solo, ce qu'il entreprend de faire contre l'avis d'André Andersen qui ne veut pas avoir à s'effacer devant son employé. L'ego aura tué la formation dite "classique" de ROYAL HUNT et ce au détriment de toutes considérations musicales.

La suite on la connaît, l'album de DC Cooper est une petite perle et il rebondit ensuite de belle manière avec SILENT FORCE, et ROYAL HUNT fait appel à John West pour relancer la Chasse Royale. John West n'a pour l'instant qu'une discographie confidentielle composée de deux albums et le projet ARTENSION auquel il participe est loin d'une large reconnaissance. Mais le bougre a quelques piges plus prestigieuses à son actif (BADLANDS, LYNCH MOB, Michael Lee FIRKINS) et aurait dû chanter sur le "Alchemy" d'Yngwie MALMSTEEN, sauf qu'il s'est fait virer au bout de trois jours…

Pour autant, John West est loin d'avoir le charisme de son prédécesseur mais il n'est pas mauvais chanteur loin de là. Son interprétation s'inscrit dans la continuité de celle de DC., avec peut-être des prédispositions pour le Heavy plus prégnantes et une voix plus claire. Mais il n'est pas responsable de ce côté plus froid qui émane de "Fear". André Andersen a décidé d'enfoncer le clou et de proposer un album de pur Prog, là où "Paradox" présentait un équilibre entre cet aspect et les côtés FM des débuts.

Pour l'amateur qui ne connaît pas forcément bien la disco du groupe, je lui conseillerai de commencer par les deux réenregistrements de tubes du premier album : "One By One" et "Day In, Day Out" pour constater que le groupe modernise son approche en se rapprochant des standards sonores érigés à l'époque par STRATOVARIUS et consorts. On est en plein apogée du revival True Metal et ces productions clinquantes sont à la mode. Elles permettent entre autres de mettre la voix de John West en avant, et il s'avère extrêmement performant. On remarquera aussi que le mixage a fait un bond en avant, le solo de claviers de "Day In Day Out" s'avérant encore plus impressionnant que sur "Land Of Broken Hearts" et répondant à un Jacob Kjaer en feu.

Les compositions de "Fear" s'étirent, et en cela on conserve la tendance de "Paradox" avec des titres comme "Time Will Tell" ou "River Of Pain". Mais ce qui frappe c'est l'aspect plus Metal de ROYAL HUNT, malgré l'omnipotence d'Andersen qui opte pour une approche moins symphonique (même s'il case quelques pouet-pouet de temps à autres) et surtout cet abandon désarçonnant des structures traditionnelles, avec notamment des refrains assez rares et des structures véritablement complexes.

"Fear" exige beaucoup de l'auditeur, la pièce-titre qui ouvre le bal s'étirant sur presque dix minutes avec de longs passages instrumentaux (presque cinq minutes avant d'entendre le premier bout de chant) et si vous tenez jusque-là vous apprécierez peut-être la finesse de l'ensemble au milieu de ce mixage vraiment inadapté favorisant les nappes et la rythmique. La gratte, en plus d'être extrêmement en retrait dispose d'une mise en son cradingue par rapport à tous les albums sortis jusque-là par ROYAL HUNT.

Effectivement il faut aimer les albums qui prennent leur temps comme Nico le disait jadis. Mais ce ne sera pas suffisant pour aimer "Fear" assez. En effet, quand "Faces Of War" retrouve les atours néo-classiques, on entend tellement ce qu'aurait fait un DC Cooper qu'on ne peut s'empêcher de le regretter. Pour autant les performances de John West sont loin d'être à blâmer (notamment sur "Cold City Lights" le seul classique ayant survécu à ce demi-naufrage), le gaillard s'avérant percutant à plus d'un instant, les compositions ne l'aidant pas toujours.

"Fear" est un album vraiment particulier, difficile d'accès, même par rapport à un "Clown In The Mirror", et c'est son successeur "The Mission" qui montrera vraiment le plein potentiel du ROYAL HUNT version John West. Les compositions s'éternisent souvent pour pas grand-chose et des sept compositions originales de "Fear" seules "Lies" et "Cold City Lights" surnagent. Cet album a de toute façon suscité des réactions assez marquées de la part des amateurs du groupe, certains le trouvant génial et d'autres le rejetant quasi en bloc ; pas de juste milieu en somme. Sans vouloir être catégorique avec le deuxième groupe, c'est plutôt de ce côté que mon avis penche, "Fear" s'avérant à la fois trop compliqué et pas assez inspiré pour supporter une telle sophistication. C'est triste, car même quand ROYAL HUNT se fait plus typique ("Faces Of War") il est loin d'atteindre les sommets d'un "Last Goodbye" (ce que tente clairement "Lies", pas déplaisante mais dont un sentiment de déjà-entendu se dégage) ou d'un "Tearing Down The World". Et difficile pour un "Follow Me" de soutenir la comparaison avec "It's Over" ou "Clown In The Mirror".

Bien conscient d'avoir un peu loupé le coche, ROYAL HUNT via un concept album, abordera son prochain opus avec une direction artistique plus claire même s'il y perdra son batteur.

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Par STEF



Par DAVID




 
   JEFF KANJI

 
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   (3 chroniques)



- André Andersen (claviers, guitare)
- Steen Mogensen (basse)
- John West (chant)
- Allan Sørensen (batterie)
- Jacob Kjaer (guitare)


1. Fear
2. Faces Of War
3. Cold City Lights
4. Lies
5. Follow Me
6. Voices
7. Sea Of Time



             



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