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BEHEMOTH - The Satanist (2014)
Par MEFISTO le 24 Février 2014          Consultée 5948 fois

Le voilà donc ce "Satanist" tant attendu. Il est vrai qu'avec un "Evangelion" imparfait, le gourou du Death polonais Nergal se devait, malgré ses problèmes de santé, de rectifier le tir afin de conserver sa place sur la plus haute marche du podium. Déjà que "Evangelion" a été sacré meilleur album de son genre sur plusieurs webzines, imaginez les fans piaffer d'impatience... Près de quatre longs hivers plus tard, l'Enfer nous envoie un signe.

Eh ben le voilà. Il est pompeux, clinquant, lourd, mélodique à souhait, bien équilibré et monté comme un chevalier part pour la guerre. Bref, "The Satanist" remplit son mandat et ravit déjà des milliers de fans abonnés aux tergiversations quasi évangéliques de Nergal, l'apôtre de Satan lui-même, qui ne se gêne pas pour aller sur les plateaux de télé pour expliquer sa vision du monde, de la religion et de la musique, quitte à faire rire de lui par des ignares nourris à la culture Pop. Nergal le grand, le conquérant, l'artiste créant sans compromis, le musicien accompli. Nergal le gourou, le pro du marketing et ses videoclips de fou (vous irez visionner celui de "Blow Your Trumpets Gabriel" et vous comprendrez pourquoi le disque était attendu). Nergal l'immortel, le Ihsahn de Pologne, le Dieu moderne du Death. Enfin, selon ses fidèles. Pour moi, il n'est qu'un talentueux et couillu salopard.

Les tracklists ont toujours été importantes pour moi, car si elles sont savamment dressées, elles assurent une écoute tempérée, davantage si le disque ne contient pas que des perles... Sur "The Satanist", il n'y a pas grand-chose à jeter, vous vous en rendrez rapidement compte. Au fil des écoutes par contre, des morceaux se détacheront pour diverses raisons (construction, riffs, mélodies), alors que le « reste » de très bonne qualité solidifiera ces briques. En tête de peloton, mon cerveau a naturellement gardé les premières et dernières pièces, ainsi que le cœur du disque, de la quatrième à la sixième plage. Et vous remarquerez qu'à part l'explosion nucléaire "Amen", ce sont les chansons les plus « tranquilles », les plus dosées qui retiennent mon attention. BEHEMOTH aurait donc gardé ses meilleures idées pour les mid-tempi accrocheurs ? Ce ne serait pas une première, mais ici, on parle d'un raz-de-marée...

Ce qui me force à prétendre que "The Satanist", bien que rageur et antéchrist comme avant, s'avère un disque plus accessible et mature que les autres. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il éclipse "The Apostasy" dans mon palmarès, mais j'apprécie sa profondeur et probablement que c'est ce qui lui attire autant d'éloges. Nergal a pris le temps de dire les choses, de passer ses messages, parfois sous une mince ligne de basse agrémentée de samples, au lieu d'essayer de nous recruter dans sa ligue en pleine tempête cosmique. Il avait déjà fait le pari et ici, il remporte enfin la mise.

"The Satanist" n'est pas l'album le plus oriental, le plus coloré ou violent de BEHEMOTH. Mais les surprises se trouvent à chaque détour, les montagnes russes dans lesquelles Nergal nous lance défrisent, déstabilisent. Le suspense atmosphérique et le jeu des guitares prennent le dessus sur les autres instruments, car les nuances pleuvent sur les tambours battants. L'enrobage est tissé d'or et la prise de risques n'a jamais atteint un si haut sommet.

Je suis persuadé que BEHEMOTH tient là son chef-d'œuvre, son album le plus abouti. Sa musique est géante, ambiancée avec soin, le souci du détail est omniprésent, les aérations sont nombreuses et viennent contrebalancer les agressions dont les Polonais sont des maîtres (le duo "Furor Divinus" - "Messe Noire" est particulièrement efficace, plus que les deux titres avant la magnifique clôture), grâce notamment à leur légendaire batteur Inferno. BEHEMOTH le grand sage qui joue des trucs de son âge, teinté de son expérience et de son immense capacité à créer des morceaux à cheval entre la trame de film d'horreur et le long-métrage épique.

BEHEMOTH frappe de grands coups sur les portes de l'Enfer avec "The Satanist". Nul doute que le passeur Caron le fera traverser, car avec le parcours qu'il a, cet album pourrait lui apporter une gloire intemporelle s'il devait cesser abruptement d'exister.

Un album à la hauteur des attentes, une offrande longtemps macérée et profonde, qui fait passer "Evangelion" pour un adolescent énervé.

Note réelle : 4,5/5.

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   (4 chroniques)



- Nergal (chant, guitare)
- Inferno (batterie)
- Orion (basse)
- Seth (guitare)


1. Blow Your Trumpets Gabriel
2. Furor Divinus
3. Messe Noire
4. Ora Pro Nobis Lucifer
5. Amen
6. The Satanist
7. Ben Sahar
8. In The Absence Ov Light
9. O Father O Satan O Sun!



             



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