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THRASH TOTALITAIRE  |  STUDIO

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SODOM - Epitome Of Torture (2013)
Par CANARD WC le 14 Juillet 2013          Consultée 4554 fois

Il y a Metal et METAL, le compréhensible pour le commun du mortel et celui qui divise, vous projette loin, seul dans les recoins du monde. Envers et contre tous. Ce METAL-là ne se comprend pas, ne s’entend pas, n’est pas tolérable. On y adhère comme une moule sur l’épave d’un navire, contre vents et marées.

SLAYER ne sera à ce titre JAMAIS sur le même plan que METALLICA. Et IRON MAIDEN ne fait pas le même Heavy que ACCEPT ou MANOWAR. Ouais. Certains groupes de METAL (et non Metal) tracent une ligne au sol pour se tenir de l’autre côté et toiser l’univers, nimbés de ce mépris et de cette indifférence qui rendent plus forts. Ces groupes ne s’adressent qu’aux défenseurs de la Foi, à ceux qui aiment se tordre de plaisir sous les riffs bruts et les hurlements en tous genres. Ce METAL n'est que rugosité et point de patine pour adoucir les angles.

If you're not into metal, you are not my friend : Tout est dit (forcément de la bouche d’un certain Eric ADAMS).

SODOM rentre bien entendu dans cette catégorie des groupes de METAL, de ces groupes dont vous n’avez aucune chance de trouver un jour un album dans la discothèque de Monsieur TOUTLEMONDE. Et cela tombe bien, car SODOM emmerde TOUTLEMONDE (qui de toute façon n’a aucune conscience de l’existence de ce dernier) ; pire encore : SODOM ne s’adresse qu’à une partie de la plèbe de hardos. Celle qui préfère les vieux AC/DC au Grand LED ZEP, les fans du PRIEST qui n’aiment pas trop MAIDEN, les amateurs d’ACCEPT et de KREATOR. Ceux-là, éventuellement, pourront se tenir derrière cette ligne, de l’autre côté, fièrement, noyés dans un boucan qui tient à distance le reste du monde.

Avec ce "Epitome of Torture", le moins qu’on puisse dire est que SODOM tient son rang. Et va plus loin encore dans le tri sélectif de son public : l’album salit, grince et fait plus mal encore. Il est une lutte sans merci contre la douleur, un combat perdu d’avance, un pamphlet aussi vain que sanguinaire. SODOM place un nouveau palier, un pont trop loin dans le jusqu’au-boutisme es « Thrash qui bute ». Dire qu’il fera le tri parmi les auditeurs est un euphémisme. "Epitome" est juste une deuxième ligne, une autre, tracée au sol dans le sang que seuls les plus persévérants d’entre vous, les connaisseurs tarés et les fidèles des fidèles pourront traverser. À jamais.

En France, on doit être une quinzaine (oui, je me mets dans le lot) pour vous donner une idée.

Donc non, "Epitome of Torture" n’est pas un bon album : il est magnifiquement pas terrible, somptueusement moyen. Un missile balancé en travers de la gueule qui ne demande qu’à être enduré, puis dégusté. SODOM a mis dans ce manifeste toute sa mécanique à nu, sans aucune concession et zéro enrobage comme sur les deux précédents (hormis l'arpège acoustique d'intro : seul point commun - pour ne pas dire trompe l'oreille - entre les trois derniers albums). L’album déboule avec la finesse d’un tank rouillé, les premiers morceaux sont d’une épaisseur grossière. Basiques au possible, confinant à la nullité patentée. De quoi filer une indigestion à l’amateur de Thrash lambda. Pourtant.

Pourtant… ne pas « dépasser » ce premier titre serait une erreur. Il s’agit pour ainsi dire du premier filtre des Allemands. Comme pour découper son public en deux. Il y a ceux qui iront jusqu’au bout d'"Epitome" et les autres. Ceux qui pourront même aller jusqu’à l’écouter en entier et une poignée de fois (les fous !). Pour ceux-là, SODOM reprendra des couleurs. La deuxième moitié de l’album remettra les couverts, on retrouvera une partie de nos billes perdues lors des deux derniers albums (soit la force d’accroche au service des instincts Thrash les plus primaires). Alors entre personnes de « bon goût » - les initiés, les avertis, les « qui savent » - SODOM sait déployer cette force brute incroyable emmené par un refrain terrible ("Invokating The Demons"), un riff dantesque ("Shoot Today") ou un final à tomber de la chaise ("Tracing The Victim"). Dans les recoins les plus obscurs de son album, SODOM réapparaît clairement. Une poignée de titres liminaires totalitaires pour entourer sa vision du Thrash de cette nébuleuse au sein de laquelle SODOM se complaît.

Une deuxième ligne, un deuxième « cercle » : "Epitome of Torture" ne s’adresse qu’à ceux qui aiment fondamentalement SODOM. Juste pour le plaisir de voir Monsieur TOUTLEMONDE lever les yeux au ciel quand il découvre le nom du groupe, se délecter de ce mépris silencieux, se nourrir de ces riffs si bourrins, de cette chape de METAL si épaisse qu’elle décourage.

Mais rallie une toute petite minorité.



Note : 3/5 (qui vaut beaucoup plus hein)


Morceaux préférés du Canard : "Shoot Today", "Into The Skies Of War"

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   CANARD WC

 
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- Tom Angelripper (chant, basse)
- Bernemann (guitare)
- Markus 'makka' Freiwald (batterie)


1. My Final Bullet
2. S.o.d.o.m.
3. Epitome Of Torture
4. Stigmatized
5. Cannibal
6. Shoot Today - Kill Tomorrow
7. Invocating The Demons
8. Katjuscha
9. Into The Skies Of War
10. Tracing The Victim



             



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