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THRASH METAL  |  STUDIO

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SODOM - Decision Day (2016)
Par CANARD WC le 29 Octobre 2016          Consultée 1664 fois

L’autre fois, je regardais une vidéo assez récente de l’ami Rocco, bien décidé qu’il était à passer une agréable après-midi pornographique avec ses copines d’Europe de l’Est. Doit bien avoir cinquante berges, l’animal. Un jour ou l’autre, bon, faudra bien qu’il arrête de folâtrer comme ça. J’en étais à ce stade avancée de réflexion que voilà-ti-pas je reçois un SMS ironique de Michel Onfray m’informant que Rocco venait d’annoncer qu’il prenait sa retraite « progressive » (*). Comme quoi oui, mes amis, tout a une fin, le déclin fait partie de l’ordre naturel des choses avec la baisse inéluctable de la libido, les débandades et autres petites contrariétés. Même pour Rocco, ou pour l’empire Romain, la galaxie Microsoft etc. à un moment donné faut savoir replier de la toile, qu’on pratique la sodomie en bande organisée, l’esclavage de l’Europe ou l’abus de position dominante. Pour le Thrash c’est itou pareil et vu qu’on a évoqué des odeurs d’oignon et d’orifices, j’aboule avec ce "Decision Day" comme illustration du déclin de tout, de la mort qui fait partie de la vie et de la fin présumée de SODOM.

Dix ans pile poil pubien depuis l’éponyme de 2006 pour lequel j’avais osé la note maximale. Depuis, SODOM a continué de balancer des gifles, deux, moins violentes mais tout de même : "In War and Pièces" puis "Epitome
Of Torture" ont fait du bien par où ça passe, si tant est qu’on fût sensible aux vertus du Thrash. Cette régularité, cette homogénéité couplées au passif du groupe ont fait de SODOM une alternative crédible au grand KREATOR de ces dernières années, au point que les réduire au rang de "seconds couteaux" du genre était méchant vilain pas beau (même dans la bouche d’un méchant Canard comme moi). Non, il fallait se rendre à l’évidence : SODOM enculait et bien, avec (h)ardeur et une régularité qui l’honore. D’ailleurs je vous ai vendu la chose en bon petit soldat, en mettant en exergue les qualités, en y mettant de l’entrain même si, au fond de moi, je savais que ça allait bien arriver un jour ou l'autre, c’était écrit même comme une suite logique arithmétique :

2006 – S/t = 5/5
2010 – "In War" = 4/5
2013 – "Epitome" = 3/5

Suspense pour 2016… En fait, non ce sera du 2/5. "Cicéron, c’est pas carré" comme disait mon prof de maths.

Sachez juste qu’en mon tréfonds il y avait du doute, un espoir même en découvrant la chose, j’avais prié d’obscures forces pour que ce "Decision Day" (DD) ne s’affaisse pas comme le cul d’un quinqua et vienne rehausser d’un cran la moyenne des notes dans mon échelle de valeurs immuables. Sauf que non, SODOM - par la force des choses, des habitudes et du reste – a bien l’âge de ses artères. Cette petite débandade est bien naturelle, pas grave, on va se finir à la main.

Nul besoin de jouir de midi à quatorze heure, le problème de "DD" tient en un mot : inspiration. Le manque d’inspiration, toutafé, le diagnostic est aussi simple que les compos sont fadasses. Je pourrais ergoter, vous faire croire que ça s’est joué à un je-ne-sais-quoi qui manque, sauf que non. Pas besoin de faire autant de mystères. Quand un titre comme "Vaginal Born Evil" n’est à ce point pas inspiré, que ça défouraille en ligne droite sans réfléchir, le résultat ne peut être que médiocre. Voire carrément pénible comme sur "Caligula" (la faute à ce couplet / refrain juste horripilant), au point qu’on regarde instinctivement la durée du morceau pour voir si on arrivera à tenir jusqu’à la fin du morceau (ou pas) (et ces quatre minutes pèsent une éternité)(le fait est).

Il ne convient pas non plus de jeter le bébé avec l’eau du bain. Parfois, "DD" fait juste montre d’une absence totale d’imagination et d’un déroulé thrashitique des plus classiques. SODOM a de la pratique, sait vaseliner comme il se doit avec du mid tempo totalitaire de si de là, du riff implacable usé jusqu’à la corde et un sens de la rythmique appréciable. "Blood Lions" par exemple : le résultat s’avère parfois correct. Relativisons : ce 2/5 est mérité dans les deux sens du terme.

On peut nourrir quelques regrets. Notamment à cause du triptyque d’intro : SODOM ouvre le bal avec ses trois meilleurs morceaux (certes ils sont limite « parodiques » du savoir-faire du groupe mais ils font le boulot) alors pour la suite le groupe donne l’impression d’avancer à poil dans une chambre froide et rend les indigences suivantes de ce fait encore plus « audibles » Indigence, oui, car ce qui suit est médiocre. Toute l’ambiguïté de l’album réside dans cet apparat, ce tour de main que SODOM a en matière de Thrash qui fait qu’entre ce « son », l’implacabilité de leur Metal… ce bruit et cette fureur font écran de fumée pour ceux qui ont des oreilles mais n’entendent pas. Alors le groupe a beau braillé qu’il "Refused to Die", on s’en fout un peu et l’album se termine dans une indifférence polie laissant derrière lui un sentiment de vacuité quasi-palpable.

Bref, à l’instar de mon Rocco, SODOM vieillit. L’un et l’autre seront bientôt condamnés à regarder leurs exploits en buvant du Perrier dans un canapé. Je sais bien que c’est pas drôle comme image, que ça vous déprime surtout concernant un groupe qui a dégagé en dernière ligne droite autant de vitalité, mais là les faiblesses sont sans appel. Au point même que mon 2/5 est bourré d’empathie et d’un total respect envers cette solide formation. Je ne doute pas que nombre d’entre vous n’hésiteront pas à doubler ma note par principe, par refus de voir les évidences et pour éviter surtout par ricochet d’envisager le déclin inéluctable de notre musique. A ceux-là, je leur conseillerais l’exercice suivant : allez réécouter "Blood On Your Lips" (2006), "Nothing Counts More Than Blood" (2010) puis "Into the Skies of War" (2013). Y a-t-il un morceau de cette trempe sur "DD" ? Zéro, macache.


SODOM vaut mieux que ce pilotage automatique bien articulé. Qui baise bien, châtre bien.


Note : 2/5 (et encore).


Morceaux préférés : les trois premiers morceaux.
Morceaux moins préférés : les suivants.

(*) @michelonfray: "A 50 ans, Rocco Siffredi a annoncé vouloir se retirer progressivement"

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   CANARD WC

 
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- Tom Angelripper (chant et basse)
- Bernd 'bernemann' Kost (guitare)
- Markus 'makka' Freiwald (batterie)


1. In Retribution
2. Rolling Thunder
3. Decision Day
4. Caligula
5. Who Is God?
6. Strange Lost World
7. Vaginal Born Evil
8. Belligerence
9. Blood Lions
10. Sacred Warpath
11. Refused To Die
12. Predatory Instinct (bonus)



             



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