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TECHNO THRASH  |  STUDIO

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VENDETTA - Brain Damage (1988)
Par CANARD WC le 8 Juillet 2017          Consultée 587 fois

Ça fait un petit moment qu’on se connaît maintenant, pas vrai ? Alors on ne va pas se raconter des sornettes. Le Techno Thrash n’est pas toujours intéressant (euphémisme). Ce sous-genre est hétérogène. En gros, vous écoutez CORONER, un ou deux (bons) albums de MEKONG DELTA et basta. Inutile de perdre son temps avec VOÏVOD (qui fait chier les trois quarts du temps) ou des trucs comme WATCHTOWER sauf si vous voulez faire genre dans les soirées mondaines et montrer que vous en savez un rayon sur le Techno Thrash. Mais je ne vous garantis pas que vous aurez souvent l’occasion d’en placer une sur ce sujet dans lesdites soirées (mieux vaut dire du bien de Macron ou avoir un avis sur Finkiel-crotte).

Bref, Techno Thrash : "Grin", "Dances Of Death" et dossier suivant, ai-je envie de dire.

Comme je suis de nature chafouine, que j’aime bien de temps à autres vous rappeler un peu qui que c’est le patron, j’avais gardé sous le coude un certain "Extravasation" d’un certain ASPID que je m’apprêtais à vous balancer dans les gencives au bon moment, un moment « choisi » où vous seriez maussade, vos espoirs amenuisés par la nullité de notre genre musical, bref j’attendais un jour triste comme un jour sans pain, je visais une publication par exemple un dimanche pluvieux du mois de février pour égayer votre misérable vie avec ce petit album de Thrash ruscof et j’ai finalement décidé de changer mon fusil d’épaule avec ce « Dommage au cerveau » du groupe VENDETTA dont la parution devrait tomber en plein été, alors qu’on parle toujours de Techno Thrash qui tue la putain de sa mère.

Le problème du Techno Thrash est d’ordre structurel. Le Thrash en lui-même est destiné par essence à tabasser et non à « proguer » sur les bords. C’est l’autre versant du sous-genre qui pose souci : par « techno » (pour technique), on se retrouve à écouter une sorte de simili Thrash qui « dreamtheater-ise ». Pris entre deux vents contraires, trop souvent on finit par s’emmerder, il faut bien le dire. On se connaît bien, la langue de bois toussa hein, on va se dire un peu les choses. Donc. La force du Thrash réside dans sa faculté à balancer du riff accrocheur, à vous marteler la tronche de ses rythmiques. Nul besoin de tournicoter, de faire du technique pour faire du technique etc. Le positionnement du Techno Thrash est naturellement casse-gueule et – si vous m’avez bien suivi – quelque peu contre-nature. De là à dire que le Techno-Thrash est vidé de son sens par ses aspirations progueuses, il n’y a qu’un pas que je vous laisserais franchir tant il est vrai qu’il existe des contre-exemples de groupes qui ont magistralement réussi à se tirer dudit paradoxe (CORONER, MEKONG DELTA blabla). Donc ce n’est pas la question, ne tournons pas autour du pot, ça fait un moment qu’on se connaît, ouais.

Comme forcément, il existe des exceptions en tout, il arrive parfois même des exceptions que je ne connasse pas (subjonctif passé de mes couilles) et qui me pousse des ailes à prendre de toute urgence mon clavier pour vous en parler derechef (à vos souhaits). Je dédicace donc très solennellement cette chronique à un auditeur de Metal Bla Bla (mon podcast),Vince Majestyk, qui m’a gentiment aiguillé sur ce "Brain Damage" de VENDETTA que je viens de réhabiliter il y a peu et qui DOIT figurer selon bibi dans un Top 5 des meilleurs albums de Techno Thrash. Excusez du peu.

Alors.
VENDETTA tabasse. Oui, ça « thrashe » au sens premier du terme – pour de vrai – pas de chichis ni de riffs « complexoïdes » qui font mal au crâne et encore moins de compos bizarres. Les dommages au cerveau (bah oui hein "Brain Damage") sont portés via une succession de riffs assassins, par cette vigueur réelle et ce furieux tempo propres au genre. Neuf titres, moins de quarante minutes le tout dans un millésime d’exception (88) et ça déboule façon décomplexée. NUCLEAR ASSAULT n’est pas loin sur "Never Die" tandis que, sur "Love Song" (ultra courte, presque Punk dans l’esprit), VENDETTA la joue groovy, fun, audacieux, dispensable aussi mais régressif (avec une légère touche de SACRED REICH). Pas de préciosité ni d’emphase : ce Techno Thrash-là a le mérite d’ouvrir les fenêtres à plusieurs reprises. Le parti-pris général de l’album est de filer dans l’ombre d’un Free Jazz de l’enfer plutôt que vers une vision Prog des choses et cela change pas mal de choses.

Chaque titre de ce "Brain Damage" est un petit tour de force (même si tout n’est pas parfait : "Conversation" gâche un peu la fête), une articulation audacieuse entre l’urgence exigée et le souci de bien faire. VENDETTA trouve, ose, fait mouche presqu’à chaque fois et se détache pour l’époque (88 hein) de l’immense chantre des groupes de Thrash qui pompent METALLICA ou SLAYER au choix. De la ballade « touchante » ("Precious Existence") à l’hallucinante instru "Fade To Insanity", le groupe réussit coup sur coup tout ce qu’il entreprend. Avec un zeste de folie, de désinvolture sur ce dernier titre : on balance en quelques secondes l’hymne à la joie de l’autre branque à la basse pour se lancer ensuite dans un tricotage assez incroyable. Il faut aller chercher de Jaco PASTORIUS d’abord, puis du côté des vieux MAIDEN (surtout pour la descente) avant de boucler façon Techno Thrash pur jus. "Fade To Insanity" pourrait résumer à elle seule tout l’intérêt de cet album hors normes. Sans doute, la meilleure instru du genre. Je défie quiconque tentera l’écoute de ce titre de ne pas prendre un pied incommensurable.

"Brain Damage" rentre plus largement dans la caste de ces albums Thrash à 4/5, parfaitement inconnus mais inestimables, du niveau d’un certain "By Inheritance" (ARTILLERY) ou encore d’un "Two Sides Of A Coin" (PYRACANDA). Les références sont nombreuses et parfaitement digérées, pas forcément les plus connues (il y a du "Wake Up Dead" de MEGADETH dans "Dominance Of Violence") mais parfois si : comme ce "Metal Law" final qui fait la jonction entre des albums comme "Kill'Em All", "Show No Mercy" et "Peace Sells" (on a vu pire comme emprunts). Dommage d’ailleurs de faire « un peu comme tout le monde » en toute dernière ligne droite, cela avait pourtant si bien commencé…

Toujours « comme tout le monde », VENDETTA a « revival-é » en 2007, mais très médiocrement. À l’époque, je n’avais pas creusé, j’avais mis mentalement le groupe dans la catégorie des groupes de « Revival Thrash de merde » et étais donc sur le point de faire l’impasse sur ce vieil album du Thrash antique. Cette perle mérite, elle, toute notre considération. On ne peut pas tout savoir, tout connaitre. Comme disait Socrate : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », je crois savoir que lui aussi était passé à côté de "Brain Damage".

Note : 4/5.

Morceau préféré : "Fade To Insanity".
Morceau moins bon : "Conversation".

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   CANARD WC

 
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- Klaus 'heiner' Ullrich (basse)
- Achim Hömerlein 'daxx' (chant, guitare)
- Michael 'micky' Wehner (chant, guitare)
- Andreas 'samson' Samonil (batterie)


1. War
2. Brain Damage
3. Conversation
4. Precious Existence
5. Never Die
6. Love Song
7. Fade To Insanity
8. Dominance Of Violence
9. Metal Law



             



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