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METAL FUTURISTE  |  STUDIO

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SAMAEL - Eternal (1999)
Par DARK MORUE le 25 Décembre 2013          Consultée 3548 fois

SAMAEL, l'une des entités les plus à part et intégrées au paysage à la fois du monde du Metal Extrême.
Tout le monde connaît. Tout le monde a déjà écouté. Chacun sa période. Le Black Metal originel, le terrible Death Old School refoulé de "Ceremony Of Opposites", la virée spatio-temporelle de "Passage", les derniers albums versant dans un Industriel martial et bariolé, ou le tout nouveau concept de True Black surproduit avec l’exécrable "Above".
Et puis, il y a "Eternal". L'album unique, le sommet qualitatif. Le truc dont on ne se remet pas.
On la sentait venir cette évolution. SAMAEL mettait de plus en plus en retrait le côté organique de sa musique, et puis bon, "Passage" et "Exodus" sont évocateurs quoi. Cette volonté d'aller plus loin, de se tourner vers l'électronique, de partir conquérir l'espace. Et c'est donc avec le line-up originel que cette offrande ultime nous fut offerte. Comme quoi les gens peuvent changer. Fermez les yeux et voyagez.

"Eternal" ne ressemble à rien d'autre. Cette ambiance. Ce son. Aucun autre album de SAMAEL ne s'en rapproche, le passé étant bien plus viscéral, et le futur bien plus frontal, redescendus sur Terre dés "Reign Of Light". Là, les Suisses sont partis loin. Trèèèèèèèèès loin. L'intégralité de l'album est froid et anxiogène, rien ne dépasse, tout est calculé. Au millimètre. Les machines ont pris le pouvoir et la moindre once d'humanité dans l’exécution a totalement disparu. Le groupe joue dans le vide stellaire, arrange sa musique, en met plein partout et dépouille au maximum en même temps. Rien qu'à écouter ce son, lisse, sec, les guitares brumeuses et en retrait, laissant avant tout Xy et Vorph s'exprimer. En 1999, dans l'espace, tout le monde nous entendra crier. Et pourtant...
Et pourtant bon sang que cet album est à la fois beau et humain. Plein de contrastes. Joué de manière totalement détachée mais avec tellement de sentiments qu'il en devient enivrant. Toujours un petit quelque chose néanmoins, un semblant de vie, quelque part dans une note de piano triste, ou dans la performance bluffante de Vorph, laissant totalement de côté son chant purement Black pour se consacrer à quelque chose de plus fragile malgré la voix plus que rauque et graveleuse.

Si l'album commence de manière épique et efficace avec cette "Year Zero" qui fait vite office de rampe de lancement et montre les miracles que peuvent effectuer une boîte à rythme assumée, on est encore en plein Metal Indus aux riffs presque acérés malgré une veine épique et un spectre sonore enrichi (ouargh ce refrain qui met dans la peau du Surfeur d'Argent). Et après une "Ailleurs" plus rapide et atmosphérique à la fois, presque narrée entre ses cavalcades, on est enfin en train de voyager au cœur de "Eternal". Le sentimental, l'émotionnel, le beau.
Je ne peux passer sous silence "Us". Ce morceau est une claque. Un monument. L'introduction cultissime mettant d'office des étoiles dans les yeux, on pensait pas auparavant qu'une montée en puissance puisse être à la fois aussi intense et rapide, et surtout ce refrain, ces paroles tout en nostalgie amoureuse, assez simples pour tous nous toucher en temps qu'humains... Tout comme deux autres des sommets de l'album, "The Cross" tout simplement sublime ainsi que "Supra Karma" au souffle épique impressionnant, le refrain semblant nous mettre aux commandes de l'étoile de la mort avec un sentiment de toute-puissance stellaire gratifiant et rare. Et ce solo sortit de nulle part qui nous repose brutalement sur Terre l'espace d'un instant...

Le travail fourni par le groupe sur "Eternal" est bluffant. Juste bluffant. Réussir à faire sonner des percussions digitales de manière aussi sépulcrale, un chant filtré passant par toutes les intonations tout en gardant le timbre âpre, rauque et inquiétant de Vorph, des milliards et des milliards de couches de synthés et autres bidouillages électro qui viennent totalement prendre le devant de la scène... Et surtout une hétérogénéité de tout instant qui ne fait que rendre l'ensemble cohérent. Le groupe prend un virage rappelant LAIBACH pendant la doublette "I"-"Nautilus & Zeppelin" (avec un côté Steampunk jouissif sur la seconde) avant de revenir à la beauté pure et simple sur une "Infra Galaxia" disposant malgré tout et de manière incongrue d'une petite touche orientale... Sans oublier de directement attaquer avec "Ways" ou "Being" qui rappellent que c'est bien du Metal que l'on écoute.
Parce qu'au final, ce n'est pas si évident que ça. Les guitares ont peu de place dans le mix, toujours présentes et génératrices de riffs puissants et mémorables, mais l'ensemble ne s'articule absolument pas autour. Rien que l'un des gros hymnes de l'album en est le reflet parfait : "Together" et ses murs sonores, dont la puissance ne se fait remarquer que par son absence sur les couplets à la fois orchestraux et spectraux, et ce refrain lancinant qui tape droit dans le cœur.

"Eternal" est un album sans équivalent. Une longueur d'avance sur absolument tout le monde à sa sortie, un son pratiquement inédit qui pousse loin le métissage d'un Metal totalement avalé par une musique électronique venue tout droit des profondeurs nébuleuses d'une galaxie éloignée.
Un album futuriste sonnant encore 15 ans après comme une œuvre intemporelle ayant voyagé dans le temps et n'ayant toujours pas trouvé de véritable équivalent.
Une ambiance particulière toujours en équilibre entre une froideur abyssale et oppressante, et une verve mélodique presque fragile qui humanise un album qui serait sans ça susceptible d'avoir été accouché par une intelligence artificielle. Et c'est justement cette fibre qui change tout, cette profonde humanité transcendant le cybernétique.
Alors, tentez l'aventure. Cas isolé dans la discographie de SAMAEL, "Eternal" est le résultat d'une alchimie fragile, d'un pari risqué remporté haut la main mais jamais réitéré. Plus Electro que Metal, ce voyage au sein d'un vide stellaire froid et contemplatif mais tout de même mouvementé et efficace ne peut que mettre des étoiles dans les yeux de tous ceux qui ne sont pas réfractaires à ce genre de son.
Et les autres, ben ils loupent un truc grandiose.

Croix Rouge : un album encore en avance sur son temps et sans équivalent 15 ans plus tard. Jamais la froideur spatiale ne semblera aussi accueillante.

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- Vorphalack (chant, guitare)
- Xytras (claviers, programmation)
- Masmiseim (basse)
- Kaos (guitare)


1. Year Zero
2. Ailleurs
3. Together
4. Ways
5. The Cross
6. Us
7. Supra Karma
8. I
9. Nautilus & Zeppelin
10. Infra Galaxia
11. Being
12. Radiant Star



             



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