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MANILLA ROAD - The Deluge (1986)
Par MEGATHERION le 11 Décembre 2008          Consultée 8001 fois

On ne sait trop pourquoi, il arrive que de temps en temps certains groupes, aussi géniaux soient-ils, demeurent obstinément dans l'ombre. Pourtant nantis de toutes les qualités que d'autres jalouseraient en vain, ils possèdent des dons de composition remarquables et mériteraient de passer à la postérité, d'occuper une place de choix au panthéon des dieux du métal parmi leurs frères plus chanceux. Mais la roue du destin est parfois capricieuse, et rien n'est jamais écrit à l'avance...

Après un "Open The Gates" fort remarqué l'année précédente, 1986 était l'année de "The Deluge", sans doute le fruit d'une conjonction astrale exceptionnelle, d'un alignement de planètes sans précédent... MANILLA ROAD sortait là un album majeur qui marquera à jamais ceux qui ont eu le bonheur de l'écouter, mais qui malheureusement n'a pas rencontré le succès qu'il aurait du avoir.

Certes, Mark Shelton et sa bande ont remporté un succès d'estime, ils ont fait la couverture de quelques magazines spécialisés, donné des interviews ici ou là, tout semblait alors possible. Mais tel un sportif qui s'est bien battu et à qui on reconnaît d'incontestables mérites, il n' y a pas eu vraiment de suite. Pourquoi ? On se le demande encore !
Il faut dire que 1986 fut une année exceptionnelle. Sortie des mythiques "Reign In Blood" de SLAYER, de "Master Of Puppets" de METALLICA, de "Somewhere In Time" d'IRON MAIDEN. Peut-être n'y avait-il pas la place pour un autre album légendaire ? Peut-être que le label, Black Dragon Records, manquait trop de moyens pour promouvoir nos chevelus issus de l'Arkansas reculé ? Peut-être que le fait d'avoir surtout été connu en Europe et pas dans leur patrie Étatsunienne leur a-il-été néfaste ? Peut-être que ce style musical hors-norme aux confins du Doom, du Heavy et du Thrash était trop novateur ? Peut-être était-il trop tôt pour ce nouveau genre que l'on a baptisé alors Epic Metal, et dont MANILLA ROAD était à l'époque l'unique représentant ?

Personne ne le sait vraiment. Cet album aurait dû être la consécration du groupe, il n'en a rien été. Peu importe, c'était il y a plus de vingt ans, et ce qui est fait est fait. Et finalement c'est peut-être mieux ainsi. MANILLA ROAD aurait-il gardé sa créativité, son génie inventif, son style inimitable s'il avait été adulé des foules ? Cela n'est pas certain. Toujours est-il qu'aujourd'hui, le groupe est devenu une légende et que cet album contient des titres mémorables qui lui confèrent ce fameux statut que l'on dit culte.

La première moitié de cet opus est majoritairement composé de chansons courtes, contrairement à "Open The Gates", mais d'une redoutable efficacité. Un genre de larsen débute cette œuvre avec un titre qui donne le ton général. "Dementia" vous entraîne en plein cœur de la déraison et de la folie. Un rire démoniaque y retentit et vous plonge dans ce chaos musical où la guitare de Shelton fuse en tout sens. Voilà une excellente entrée en matière.
De manière générale, la voix nasale de Mark Shelton fait merveille ! Que cela soit sur fond d'arpège, avec le particulièrement envoûtant "Shadow In The Black" où elle vous hypnotise, avant de monter progressivement en puissance. Ou encore sur l'entraînant mais étrange hommage à Jeanne d'Arc, "Another Victim Of Christianity!!!", animé d'un souffle épique aussi bref qu'intense. La voix du chanteur-guitariste, ample et évocatrice, domine ce titre mené tambour battant, à la façon d'une charge de cavalerie légère. Cette intonation particulière que prend sa voix quand il prononce « From Hell! », me secoue à chaque fois que je l'entends.
On ne peut que s'incliner devant ces joyaux ténébreux et malsains que sont "Hammer Of The Witches", avec ce refrain absolument formidable, obsédant et mythique « Burn' em All!!! » où la voix de Shelton s'illustre encore, et "Morbid Tabernacle", un instrumental au début planant et majestueux mais qui se termine dans une atmosphère ténébreuse de vice et de corruption...
Les autres titres "Isle Of The Dead", "Taken By Storm" continuent la consolidation du style original de MANILLA ROAD, à base de rythmiques martiales et de chevauchées guitaristiques épiques.

À ce stade de l'écoute on se dit qu'on a déjà un très bon album. Mais en vérité, je vous le dis, tout cela n'est rien devant la pièce maîtresse de celui-ci constituée par le titre éponyme de l'album. En réalisant ce morceau, MANILLA ROAD signait là, et je pèse mes mots, une des meilleures compositions métalliques jamais écrites. Profondément épique, il préfigure le concept album que le groupe réalisera en 2001 - "Atlantis Rising". Par ailleurs, la pochette de ce génial et regretté artiste qu'était Eric Larnoy, réellement magnifique, ne pouvait mieux illustrer la fresque superbe et complexe que nous dépeint ici le groupe.

Du début à la fin de ce titre bâti à la façon d'un triptyque de plus de 8 minutes, l'auditeur est aspiré dans une histoire captivante et tragique. Tel un barde des temps anciens, Mark Shelton, par sa voix à la fois nasale et cristalline, commence à vous narrer comment la colère de Poséidon mit fin à l'orgueilleuse Atlantis. On imagine sans peine quelle fût la colère destructrice de ce dieu furieux animé d'une rage irrépressible et terrible. Offensé par l'attitude de ceux qui autrefois le vénéraient, il va mettre toute sa puissance au service d'une vengeance impitoyable. On ne se moque pas impunément d'une divinité sacrée ! On assiste alors, impuissants, à l'écroulement des fiers monuments atlantes, à la chute d'antiques tours millénaires, à l'anéantissement de tout être vivant, emporté par des masses d'eau implacables...
Après ce déchaînement apocalyptique, le calme revient après la tempête, et le ressac de l'océan enfin apaisé se fait entendre. À la surface de la mer, quelques rares débris, qui seront rejetés plus tard sur des rivages lointains, remontent... Alors que l'élément liquide a tout recouvert, on ne sait comment, le tocsin d'une cathédrale engloutie sonne une dernière fois le glas qui marque la fin d'une civilisation... Émouvant, bouleversant, poignant!

À lui seul ce morceau d'anthologie, exige l'acquisition de "The Deluge" ! Ce morceau représente le mieux ce qu'est MANILLA ROAD, il ne contient rien de moins que la quintessence du style épique !
Mais à peine remis, l'auditeur encore incrédule, croit encore que plus rien ne peut approcher la perfection de ce qu'il vient d'entendre. Grave erreur! Car "Friction In Mass" poursuit ce qui a été commencé, c'est à dire l'écriture d'un opus voué aux plus hautes destinées en matière d'épopée musicale, un des plus inventifs du ROAD : Un début, tonitruant, un break mémorable, suivi d'une montée en puissance lancinante dominée par une guitare vrillante, qui accélère de façon inattendue et imite presque le son d'une mitrailleuse lourde crachant le feu sur une horde ennemie... Cela finit presque de nous achever !
Presque, puisqu'un dernier morceau, en apparence anodine, vient porter l'estocade et conclure le tout en beauté. Un instrumental dénommé "Rest In Pieces", très court (1,47 s.) ahurissant de dextérité où au moins 3 guitares superposées rivalisent d'adresse au sein d'une cavalcade effrénée... On se croirait au volant d'un bolide en train de dévaler une pente vertigineuse qui se livre à une bataille frénétique pour déterminer le vainqueur d'une course endiablée ! C'est bien simple, à chaque fois que je l'entends, mes poils velus se mettent au garde à vous, tandis qu'un frisson de plaisir me parcourt l'échine ! Quel dommage que ce morceau soit si court ! Avec deux minutes de plus, il aurait atteint un nirvana guitaristique, que nous ne faisons qu'entrevoir.
Mais cela n'est rien, puisque le combo de Wichita a déjà remporté la palme de l'excellence, sans aucune hésitation. Si après quelques écoutes, vous restez insensible à "The Deluge", il y a peu de chance qu'un autre élément discographique du ROAD vous plaise, car c'est l'un des plus accessibles.

Encore un mot pour rendre hommage au remarquable jeu de batterie de Randy Thrasher Foxe, très original et très inspiré sur certains passages. Scott Park, est lui aussi, à la 4 cordes, irréprochable. Quant à Mark Shelton, il atteint ici une maîtrise de son art tutoyant les cimes. Orfèvre en matière de composition, chanteur atypique, véritable guitar-hero, il s'affirme comme étant une personnalité résolument exceptionnelle. Le trio a imposé là un style bien à lui, déjà initié sur "Open The Gates", inimitable et vraiment unique.

Tout contribue à faire de ce cinquième album, un must incontournable. Difficile donc de trouver un défaut à cette œuvre qui, telles les inscriptions que l'on peut lire sur les parois d'antiques cénotaphes, mériterait une mention à jamais gravée dans le marbre.

5/5, évidemment!

À noter que "The Deluge", sorti à l'origine en 33 tours, a été réédité et remastérisé en 2001 avec un titre live en bonus, "Dementia". Malgré cette réédition, l'album demeure aujourd'hui difficile à trouver, et constitue quasiment une pièce de collection, ce qui lui confère un surcroît d'aura légendaire.

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   ERWIN

 
   (2 chroniques)



- Mark Shelton (chant, guitares)
- Scott Park (basse)
- Randy Foxe (choeurs, batterie)


1. Dementia
2. Shadows In The Black
3. Divine Victim
4. Hammer Of The Witches
5. Morbid Tabernacle
6. Isle Of The Dead
7. Taken By Storm
8. The Deluge
- eye Of The Sea
- the Drowned Lands
- engulfed Cathedral
9. Friction In Mass
10. Rest In Pieces



             



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