Recherche avancée       Liste groupes



      
THRASH METAL  |  STUDIO

Commentaires (30)
Questions / Réponses (1 / 14)
Metalhit
Lexique thrash metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Machine Head, Alkoholizer, Exhorder, Evile, Demiricous, No Return, Kristendom, Metallica, Sadus
- Membre : Grip Inc.
- Style + Membre : The Unholy Alliance , Forbidden, The Big 4

SLAYER - South Of Heaven (1988)
Par CANARD WC le 16 Août 2006          Consultée 18049 fois

Dans les familles nombreuses, il y a toujours un ou une mal-aimé(e). C’est la sœur un peu coconne qui se fait tirer les cheveux. C’est le petit frère qui biglouche qu’on aime bien cogner dans le dos de ses parents.

Chez les SLAYER, le souffre-douleur se prénomme South of Heaven. Né en 1988, il diffère un peu de ses frangins. Faut dire qu’il est pas super bien entouré non plus. Imaginez un peu : d’un coté un grand frère répondant au doux nom de Reign In Blood, une vraie terreur qui file des baffes pas possibles. Avouez qu’il y a de quoi être traumatisé ! De l’autre, on a le frère cadet qui file des complexes Seasons In The Abyss. Difficile de faire pire comme petit frère : pétri de talents, simplement génial, presque trop intelligent…

Pas facile d’exister dans la famille SLAYER. Surtout avec un tel encadrement.

Pourtant South Of Heaven est lui aussi brillant, mais à SA façon. Sans avoir de « rôle à jouer » ni de mission à remplir, c’est sans doute l’album de SLAYER le plus riche d’enseignements. Mais il n’est pas aussi démonstratif – direct - que les autres skeuds du groupe. Non bien au contraire, il est à la fois abordable et complexe, vicieux et mélodique, violent mais jamais brutal et irrésistiblement empreint de la patte du groupe.

A la différence près qu’avec cet album le groupe va dans une direction absolument imprévisible surtout après la tornade Reign In Blood de 1986. South Of Heaven vient s’aventurer sur des terres que le Thrash n’a que rarement abordées. Aucun autre album du genre ne lui ressemble. « Le Sud du Paradis »* chez SLAYER est un cagnard torturé composé d’ambiances cauchemardesques, d’atmosphères infernales côtoyant refrains malsains et chœurs ambigus.

Cette évolution (régression pour certains) entraîne un paquet de conséquences sur le SLAYER qu’on connaît : point de brutalité, moins de violence d’un point de vue générale, modulation d’Araya, les grattes ne tranchent plus : elles sont juste incisives « comme il faut », les chansons sont un poil plus complexes et témoignent d’une recherche certaine de la mélodie. On est loin, très loin de Reign in Blood. En se plaçant davantage dans la continuité d’Hell Awaits (l’autre album incompris du groupe), SLAYER joue à saute-mouton avec sa discographie.

Du coup, le maître mot pour South of Heaven semble être : E-Q-U-I-L-I-B-R-E.
Tout n’est qu’équilibre sur cet album. Du calibrage de haut niveau. Un thrash parfaitement maîtrisé qui tourne à la démonstration sur « Mandatory Suicide ». Tout est bien huilé : les refrains impecs, le riff instantané, violent et malsain à la fois tout en restant mélodique… SLAYER a trouvé la recette de son cocktail, subtile mélange d’un Thrash à la fois accessible, fédérateur et malsain. Le groupe ne réitérera pas souvent un tel exploit.

Et le reste de l’album… n’est pas en reste ! Je ne vais pas développer chaque chanson. Mais putain, comme oublier le break de « Ghost Of War » ? Qui ne vibre pas à l’introduction de « Spill The Blood » ? Et la montée en puissance de « South Of Heaven » ? C’est sûr qu’avec cet album, le Metalleu lambda ne fera pas la même mine déconfite que devant le défouloir de 1986, ni cette moue dubitative devant les plans complexes d’un Hell Awaits

Non, il est possible de s’y retrouver dans cet album. Jamais auparavant SLAYER n’avait filé autant de repères : les mélodies sont bel et bien là, les riffs à l’avenant et les morceaux accrocheurs. SLAYER a fait un pas en avant vers une certaine maturité artistique. Et du même coup vers de nouveaux fans.

Pour beaucoup, c’est le principal problème de cet album. Le « je-ne-sais-quoi » de furieux fait affreusement défaut au fan du groupe. Pourtant de la rage et de la colère South Of Heaven en contient. Mais elle n’est pas distillée de la même façon. C’est par celui qu’on attend le moins qu’elle déboule. C’est de la part du premier de la classe que la révolte est sonnée. Tout au long de l’album, Lombardo se déchaîne comme jamais. C’est un guerrier enragé, la foudre et le tonnerre, un tremblement de terre en marche. Thor incarné. Chaque martèlement de son enclume soulève à chaque fois mon petit cœur sensible. Lombardo est l’homme en forme et emmène chaque morceau un peu plus haut, portant l’album à des confins que le groupe n’avait jusque là encore jamais imaginé.

La production ne laisse pas de doutes : de la haute précision. Chaque cymbale sonne à merveille. Et quelle caisse claire ! Le son de batterie nous rappelle quelque peu l’admirable travail qui sera effectué sur celle de Lars Ulrich pour le Black Album. Mais plus qu’un mixage en avant, la batterie de Lombardo est transcendée. Il ne fait pas de doute qu’elle fait encore un sacré boucan en plein « Sud du Paradis ». De quoi défriser les angelots !

Du coup, en visant l'équilibre, l'album respire la nuance, ce qui est en totale contradiction avec ce que véhicule le groupe. Il prend à rebrousse-poils et surprend. En cela, il ne peut être un mauvais album. En présentant SLAYER sous un autre jour, South Of Heaven casse le mythe que SLAYER avait à peine commencé à bâtir avec Reign In Blood. Et beaucoup ne voulaient pas voir cet aspect là du groupe.

C’est vrai quoi, depuis le temps qu’on le dit :
- « SLAYER doit être brutal » et South est à peine violent.
- « SLAYER doit tout défoncer » et South n’est absolument pas radical – pire il est par moment mélodique !
- « SLAYER doit choquer » et South est juste malsain (Cf. paroles de « Mandatory Suicide »).
- « SLAYER doit être extrême » et South l’est le moins.

Bien sur, en « égratignant » la légende, on relève quelques fausses notes. Quelques titres moins bons, quelques passages moyens qui font un peu tâche au final. Mais c’est peut être le seul vrai défaut de South Of Heaven, qui nous montre les limites du groupe. SLAYER n’est pas (plus) cette machine infaillible. Les albums « post-Decade » confirmeront les faiblesses du groupe à travers ses tentatives de renouvellement et d’évolutions diverses.

Mais dans cette catégorie des albums « différents », South est le plus réussi. On peut le détester pour ce qu’il n’est pas, mais on peut surtout l’adorer pour le reste.


Note : 4,5/5

Chanson préféré du Canard : « Mandatory Suicide »
La tuerie : « Ghosts Of War »


* NDLR "Sud du Paradis" : traduction approximative de "South Of Heaven".

A lire aussi en THRASH METAL par CANARD WC :


PYRACANDA
Two Sides Of A Coin (1990)
Maintenant, grâce à Indiana Canard, vous savez!




ANTHRAX
Worship Music (2011)
En 2011 ANTHRAX a de beaux vieux restes (in peace)

(+ 2 kros-express)

Marquez et partagez



Par DARK BEAGLE




 
   CANARD WC

 
   DEADCOM
   FENRYL
   POSSOPO
   T-RAY

 
   (5 chroniques)



- Tom Araya (chant, basse)
- Kerry King (guitare)
- Jeff Hanneman (guitare)
- Dave Lombardo (batterie)


1. South Of Heaven
2. Silent Scream
3. Live Undead
4. Behind The Crooked Cross
5. Mandatory Suicide
6. Ghosts Of War
7. Read Between The Lines
8. Cleanse The Soul
9. Dissident Agressor
10. Spill The Blood



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod