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SLAYER - Divine Intervention (1994)
Par CANARD WC le 1er Octobre 2006          Consultée 16588 fois

Une intervention divine. C’est exactement ce qu’il aurait fallu à SLAYER pour ne pas se vautrer après Seasons.

Faut dire que c’était pas bien barré. La météo était très mauvaise. Déjà, LOMBARDO – dit le traître à la cause - avait quitté le navire pour rejoindre un groupe de Thrash de deuxième division (GRIP INC). Là ou beaucoup ne voit qu’un simple changement de line-up se cache en réalité le signe apocalyptique synonyme de la fin prochaine du groupe. SLAYER sans LOMBARDO c’est la dislocation d’un carré magique au sein du Carré (comprennent qui pourra). Le mauvais œil. La rupture de l’ordre établi. La fin d’une époque.

Puis très vite d’autres signes ont convergé. La pochette encore plus hideuse que d’habitude (en totale rupture avec la vieille garde de pochettes satanicomiques). Une évolution du « son » SLAYER. Le batteur (quasi inconnu) négocié à la va-vite. L’annonce d’un concept album (notion proprement inconcevable quand on connaît le groupe). Ah oui et cerise sur le gâteau : en 1994 le Thrash se casse la gueule. En l’espace de quelques années, le genre est devenu Has Been.

Non, en 1994, quelque chose ne tournait pas rond du coté de chez SLAYER.

Divine Intervention s’annonçait comme l’album d’un groupe chamboulé opérant dans un genre démodé. Ca puait.

Finalement, malgré la grosse annonce de tempête, SLAYER a réussi à pondre un bon album. Mais c’est seulement un bon album, ce qui en soi est terriblement décevant. J’entends encore les cris désespérés des fans de la première heure quand Divine est sorti. Houoooouuu Houuuoooou Houuuuouuuu. Oui je fais bien les hurlements de fans déçus.

Et on peut les comprendre ces fans abrutis. Ca fait depuis 1986 que SLAYER avait pris l’habitude de botter le cul de tout le monde avec des albums de dingues. Fatalement, fallait bien un jour que le soufflé retombe. La déception était inévitable.

Alors Divine.
Divine est avant tout un parti-pris.
Divine est une mini révolution.
Divine est un album avec des couilles. Un album qui sent la rupture, le désappointement et la colère. Oubliez ce que vous connaissez du groupe : ce SLAYER là a une autre gueule. C’est l’album d’un nouveau groupe ou plutôt d’un vieux groupe abordant une nouvelle décennie. La musique, elle, s’en trouve littéralement métamorphosée.

Et pour mener son évolution, SLAYER distille dans son Thrash des relents à la fois Punk et Progressif. Non, vous ne revez pas : Punk et Progressif à la fois. En réalité, il s’agit plutôt d’une sorte d’alternance entre des morceaux « in your face » un peu cash et très efficaces (« Circle of Beliefs » par exemple) et des morceaux plus ambiants, plus longs et à la structure plus alambiquée (« Divine Intervention »).

Prenons, si vous le voulez bien, les deux étendards de l’album :

- Le morceau Punk : Dittohead. Trois minutes de haine sans nom. Un titre pied au plancher pendant lequel SLAYER s’essaie au Punk Hardcore US des années 90. Et quel putain de riff ! En un mot comme en cent : fessu.

- Le morceau « Progressif » : Killing Fields. Une intro fracassante pour cet album. C’est Bostaph qui ouvre l’album comme un clin d’œil pour déjouer le mauvais sort. Une structure qui n’est pas sans rappeler « Hell Awaits ». Une montée en puissance en deux temps qui s’éteint lorsque la machine est à son paroxysme.

Bien évidemment, le « talon d’Achille » de Divine tient justement dans cette improbable cohabitation entre ces morceaux Punk et Progressif qui rendent l’album décousu et déroutant. Le seul point de jonction étant à chercher du coté des paroles et des atmosphères sombres (c’est ça ce qu’ils appellent un « concept » album ?).

Parce que dans l’absolu comment comparer : « Dittohead » et « Killing Fields » ; « Fictional Reality » et « Divine Intervention » ; « Circle of Beliefs » et « 213 » ???

Alors si globalement ce nouvel opus de SLAYER est mal foutu (d’autant plus que le skeud s’essoufle sur la fin), les compos prises individuellement s’avèrent plutôt bonnes.

Pointons du doigt les 3 morceaux les moins bons de l’album pour mieux les oublier et se concentrer sur le reste :

• Fictional Reality (grand bof)
• Serenity in Murder (le tube raté, en plus le clip est naze)
• Mind Control (quelle regrettable conclusion).

Le reste de l’album, lui, alterne l’exemplaire et le bon, l’excellent et le pas mal. Et ce à des registres antinomiques, ce qui constitue - quelque part - une anecdotique perfomance.


Divine est donc un album incohérent, improbable, parfois maladroit mais audacieux, doté de qualités certaines et de quelques titres frôlant le génie. Un constat s’impose : SLAYER en avait encore sous le pied. Pas beaucoup mais ça leur a suffi à nous pondre un bon album. Divine Intervention a cependant le cul entre deux chaises : il se veut innovant d’un coté (recherche d’atmosphères, structure des morceaux plus complexe et son différent), mais d’un autre coté on sent que la machine SLAYER est bridée : moins d’intensité, moins de conviction, moins d’inspiration … moins de tout. Et ce sont ces moins qui font SLAYER. Rendons nous à l’évidence, si l’album reprend principalement la thématique des Serial Killers et que Kerry arbore depuis un look de tueur de mamans, SLAYER ne fait plus aussi peur et ne blaste plus tout sur son passage.


Note : 3,5/5

Morceau préféré du Canard : Dittohead
Titres « progressifs » qui tuent : Killing Fields, Divine Intervention, 213
Morceau détesté du Canard : Serenity in Murder
La chanson qui sent mauvais de la bouche : Mind Control

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- Tom Araya (chant, basse)
- Kerry King (guitare)
- Jeff Hanneman (guitare)
- Paul Bostaph (batterie)


1. Killing Fields
2. Sex, Murder, Art
3. Fictional Reality
4. Dittohead
5. Divine Intervention
6. Circle Of Beliefs
7. Ss-3
8. Serenity In Murder
9. 213
10. Mind Control



             



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