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OVERKILL - Necroshine (1999)
Par CHIPSTOUILLE le 18 Avril 2006          Consultée 5611 fois

Rien n'est pire, lorsque l'on chronique, que de se rendre compte qu'un avis forgé dans l'acier trempé depuis des années s'effrite finalement au fil de quelques écoutes plus récentes. Necroshine est ainsi resté longtemps le disque le plus sous-estimé de ma discothèque, lequel aura subit les outrages de mes injures à plus d'une reprise. Pourquoi donc? La réponse est simple, Necroshine n'est pas From the underground and below, quand bien même il en a le parfum et l'ambition. Le nouveau chouchou "thrash" que j'avais pu découvrir quelques années auparavant s'était revêtu d'un apparat sombrement heavy, délaissant régulièrement ses racines thrash lumineuses (Feel the fire n'est plus qu'une étoile scintillante très loin dans l'obscurité) et renouant avec les ténors du heavy que sont BLACK SABBATH, MOTORHEAD et ACCEPT, pas foncièrement mes groupes de référence à l'époque. Faites donc vos adieux à la fée "efficacité".

Alors pour qui souhaiterait s'arracher les clavicules à force de Headbang, je leur conseillerai vivement de faire demi-tour, car ce Necroshine se complait dans la lenteur sombre, la basse lasse, et les guitares rondes d'un heavy que l'on qualifiera par politesse de thrashisant (le premier riff de "Let us prey", le pré refrain de "Revelation", une bonne partie de "I am fear", et surtout "Dead man" nous martèlent tout de même de quelques coups de double pédale bien placés) Oubliez donc les qualificatifs dithyrambiques qui m'ont permis de porter haut l'opus précédent, à force de creuser dans les profondeurs et au-delà, le quintette est finalement parvenu aux enfers sombres et plaintifs d'un tombeau que je n'aurai pas qualifié de brillant à l'époque.

La messe des morts n'est pourtant pas dénuée de qualités, mais j'insiste sur le fait qu'il faut comprendre cet album d'une façon radicalement opposée aux guitares lacérantes du précédent. Necroshine, dans la discographie du groupe qui over-tue, ressemble pourtant plus que tout à son grand frère, le revirement de style amorcé en 97 arrondissant les guitares dans un paquet cadeau beaucoup plus avenant est ici toujours d'actualité. On décèle toujours ci et là les embryons de formules easy-learning (les fameux "gimmick"), à l'instar du "How long can you go" émergeant du riff en spirale du très bon "80 cycles", le refrain immédiatement accrocheur de "Black line" pourrait également y être apparenté.

Mais jamais les gratteux d'Overkill ne se seront permis autant d'incartades, "80 cycles" toujours s'est dotée de passages d'une lenteur à faire frémir, "Stone cold jesus" est poisseuse, et la majorité de l'album sévit dans du mid-tempo, difficile ici de tester l'élasticité de nos carotides. Le terme met longtemps à venir à l'esprit (il m'aura fallu plusieurs années en fait, ainsi qu'une découverte approfondie de BLACK SABBATH ou CANDLEMASS), mais OVERKILL a bel et bien appris à jouer du doom.

A partir de cet instant, on regarde l'album d'un point de vue différent. OVERKILL n'a à vrai dire pas décidé de faire le pied de nez à ses fans en se rangeant, à l'instar de METALLICA ou MEGADETH du coté d'un heavy aguicheur, conclusion que j'admets avoir voulu tirer bien trop vite. En réalité le groupe ajoute seulement quelques flèches ténébreuses à son carquois et si on relit tout ceci en prenant un minimum de recul, on s'aperçoit finalement qu'on tient là l'un des rares albums à pouvoir se targuer de mélanger du heavy-doom, du heavy et du thrash, le panel de rythmiques est donc ici plus qu'appétissant.

Cette mort lente finit donc par briller, OVERKILL a ici tenté un coup de maître, et il ne lui en aura fallu que de très peu pour qu'il soit complètement réussi. Car oui, Necroshine est un album apprécié, mais Necroshine n'est pas une pierre angulaire, la faute à quelques titres malvenus, un "My december" qui ne perce que sur son final, un "Forked tongue kiss" au refrain nuisible, même tarif pour "I am fear" et une vague impression de tourner quelque peu en rond à force de titres pas complètement réussis. Mais les morceaux décevants côtoient le très bon, c'est ainsi que "Necroshine" reste une tuerie imparable en guise d'ouverture, que "80 cycles" vous fera connaître les turpitudes de l'oeil du cyclone, "Stone cold jesus" est grasse à souhait, "Dead man" renoue avec les racines d'un thrash que l'on a cru oublié et enfin le hit incontournable de l'album s'incarne en un "Black Line" fédérateur et hymnotique (je sais, ce mot n'existe pas). On n'oubliera tout de même pas de préciser que plus les solos sont rares chez ce groupe, meilleurs ils sont, c'est ainsi que "Black line" encore une fois se dotera de quelques lignes juteuses à ce propos.

OVERKILL aura ici tenté l'impossible, cherchant sans doute à vouloir rendre les fameuses accélérations de son dernier chérubin encore plus percutantes, en les faisant partir de quelque chose d'encore plus lent. Malheureusement, et c'est récurrent chez ce groupe, cet album contient quelques perles et du remplissage, qu'on parviendra difficilement à lui pardonner, une fois de plus. Malgré tout, Necroshine de par son mélange innovant, s'en tire beaucoup mieux que bon nombre d'albums du combo ce qui lui vaudra à ce titre une bonne appréciation, mais là j'avoue, je reviens de très loin.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Bobby 'blitz' Ellsworth (chant)
- Joe Comeau (guitare, chant)
- Sebastian Marino (guitare)
- Tim Mallare (batterie)
- D.d. Verni (basse 4&8 cordes, choeurs)


1. Necroshine
2. My December
3. Let Us Prey
4. 80 Cycles
5. Revelations
6. Stone Cold Jesus
7. Forked Tongue Kiss
8. I Am Fear
9. Black Line
10. Dead Man



             



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