Recherche avancée       Liste groupes



      
THRASH METAL  |  STUDIO

Lexique thrash metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Testament
- Membre : Anvil, Liege Lord, Grip Inc., Toxik, Dee Snider , Shadows Fall, Tad Morose
- Style + Membre : Flotsam And Jetsam, Anthrax, Annihilator
 

 Overkill Wreckingcrew (1072)

OVERKILL - The Wings Of War (2019)
Par T-RAY le 20 Avril 2019          Consultée 1205 fois

Savez-vous comment on dit “généreux” en argot new-yorkais ? On dit “OVERKILL”. Sans déconner, ces mecs n'arrêtent jamais et non contents de nous avoir administré un double Live anniversaire d'anthologie l'an dernier, les voilà qui reviennent avec un nouveau brûlot de Thrash Metal abrasif comme ils en ont le secret. Deux ans après leur dernier album studio, le très solide "The Grinding Wheel", que reste-t-il de ce disque ? Beaucoup de choses, en fait. Depuis l'excellent "Ironbound" de 2010, OVERKILL fond l'essentiel de ses lames tranchantes dans le même moule. Il faut dire que le moule "Ironbound" a donné naissance à des armes sacrément létales ! Mais au fil des trois LPs qui l’ont suivi, c’est plutôt le savoir-faire artisanal du combo qui était en cause dans le relatif affaiblissement de la dureté de l'acier desdites lames…

Or, en 2019, OVERKILL a corrigé un peu la recette de son alliage et l'a de nouveau renforcé. Résultat : "The Wings Of War" est incontestablement le meilleur album de la bande depuis "Ironbound". À de menus détails près, il mériterait la même note que ce dernier ! Eh oui, du premier au cinquième titre de ce nouvel opus, le quintette nous envoie tout de même torgnole sur torgnole ! Et en plus, il varie la façon dont il les administre, ces rafales de phalanges. Le fanatique de Thrash Metal pourrait s'arrêter à l'hyper véloce et vindicatif "Last Man Standing" pour se le repasser en boucle mais ce serait dommage car ce qui suit est tout aussi intéressant. Et donne envie de hurler avec Bobby “Blitz” Ellsworth. S'il y en a un qui ne donne pas l'impression d'atteindre les soixante balais, c’est bien lui ! Le gaillard hurle comme s'il en avait vingt.

C'est souvent lui, d'ailleurs – et la basse toujours musclée de D.D. Verni – qui donnent de l'épaisseur à des morceaux dont les riffs ne tiennent parfois que d'un Thrash standard. Car, au fond, un "Last Man Standing" serait sans doute plus terne derrière la voix et surtout l'interprétation d'un autre chanteur. Idem pour "Believe In The Fight". Même si le riff du morceau est plus travaillé que celui du titre d'ouverture, c'est bel et bien Blitz qui transforme ce petit thrasher sympathique en ode à la résistance et au combat constant face à l'oppression permanente. Et on sent fuser les coups de poings, je vous jure ! Prolo power ! Issus du même tonneau de gnôle qui arrache, l'hyper groovy "BatShitCrazy" et le furieux "Out On The Road-Kill" nous rappellent qu'en matière d'urgence Thrash, y a pas plus ultime qu'OVERKILL sur la Côte Est des States.

Hors ces indéniables qualités, qui sont quasiment des constantes chez OVERKILL, l'autre atout de "The Wings Of War" est sa variété, qui rend l'écoute de l'album tout sauf monotone. On redécouvre avec plaisir le goût du quintette pour les influences Heavy les plus Old School. Le survolté "Head Of A Pin", au riff très SABBATHien, et le mid-tempo "Distorsion", bien funky et qui offre en sus des petits motifs de twin guitars inattendus, le démontrent. Avec son nouveau batteur, Jason Bittner, arrivé tout droit de SHADOWS FALL, OVERKILL se retrouve avec un bonhomme à la palette large qui permet au groupe d'exprimer comme désiré toute cette diversité. Sur cet album, néanmoins, tout est fait pour que le climax survienne aux deux tiers de l'opus, au moment où retentit "Welcome To The Garden State", un hymne Punk total à l'État du New Jersey, surnommé L'État-Jardin. Un tel chauvinisme confine au splendide ! Le morceau, entêtant avec ses chœurs fédérateurs, est sans conteste LE tube de l'album et rappelle combien OVERKILL n'a pas oublié ses racines Punk, très profondes. Un vrai kiff !

Je disais cependant, un peu plus tôt dans cette chronique, qu'à de menus détails près, "The Wings Of War" aurait pu mériter la même note que celle qu'avait récolté "Ironbound" ici-même. Or, lesdits détails ne sont pas forcément si menus que ça. OVERKILL a toujours tendance à faire trop long, par exemple. Dix titres en plus de cinquante minutes, ça fait quand même cinq minutes de moyenne pour chaque morceau ! Rappelons que le combo de la Côte Est n'est pas réputé pour l'aspect progressif de son Thrash, hein ? Ce qui donne le sentiment qu'il se répète souvent au sein d'un même morceau. Ça n'est même plus une impression, en fait : c’est le cas, et même certains des meilleurs titres de l'album en pâtissent un chouïa. Et le comble, c’est que lorsqu'ils nous balancent un morceau de moins de quatre minutes, censé nous péter à la gueule, c'est celui que l'on imprime le moins !

En effet, "A Mother's Prayer" a beau être garni de soli qui déboîtent, il est l'un des titres les moins accrocheurs de l'album… On n'en retient, pour ainsi dire, quasiment rien. Quant à "Where Few Dares To Walk", bien qu'il soit plus catchy, son riff, ses lignes vocales, son atmosphère ressemblent furieusement à "The Golden Age" de KREATOR. C'est à s’y méprendre lorsqu'on l'écoute distraitement : on pourrait facilement embrayer sur le refrain de ce dernier et la relative proximité des voix de Blitz Ellsworth et de Mille Petrozza, ici, complique encore le tableau… Bref, difficile pour OVERKILL de taire sa réputation, fort ancienne, d'artisan davantage capable de réouvrager les travaux des autres que de sublimer des idées 100% originales.

Heureusement que "Hole In My Soul", certes plus classique, conclut l'opus efficacement. Dans l'ensemble, on ne se plaindra donc pas trop car les cinq enragés du New Jersey nous fournissent encore l'un des albums de Thrash Metal les plus solides de l'année. “Don't fuck with the Jersey Devil!”

A lire aussi en THRASH METAL par T-RAY :


MORTAL SCEPTER
Where Light Suffocates (2019)
... D'excitantes ténèbres apparaissent !




OVERKILL
Live In Overhausen (2018)
Parce que "Live In Overkampf" ça l'aurait pas fait


Marquez et partagez




 
   T-RAY

 
  N/A



- Bobby 'blitz' Ellsworth (vocaux)
- D. D. Verni (basse)
- Dave Linsk (guitare lead)
- Derek Tailer (guitare rythmique)
- Jason Bittner (batterie)


1. Last Man Standing
2. Believe In The Fight
3. Head Of A Pin
4. Batshitcrazy
5. Distortion
6. A Mother's Prayer
7. Welcome To The Garden State
8. Where Few Dares To Walk
9. Out On The Road-kill
10. Hole In My Soul



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod