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LORD VIGO - Danse De Noir (2020)
Par WËN le 10 Août 2020          Consultée 1588 fois

LORD VIGO est étonnant.

En effet, alors que je fus amené plus d'une fois à croiser les traces de ce cher Lord Vigo Von Homburg Deutschendorf (pour les connaisseurs, chasseurs de fantômes à leurs heures) au cours des cinq dernières années, jamais ne m'étais-je réellement arrêté sur son cas ou, pour être plus précis, jamais son Heavy à tendance doomy (ou bien est-ce l'inverse), un peu ampoulé et sans réelle accroche à mon goût, ne m'avait interpellé plus que de raison. La faute au choix des morceaux écoutés, peut-être. La faute à son Doom 'épique', comme on aime à le définir, qui du haut de ses (déjà) trois sorties (sa démo s'étant mutée en premier album ultérieurement) manquait cruellement de cette brise toute héroïque censée si bien le caractériser, sans doute (*). Et puis début 2020, déboule ce "Danse De Noir" qui, sa pochette vous invitant forcément à l'écoute, s'avère sacrément vite être une excellente surprise.

Car ici, dites-le vous - et ça fait toujours plaisir à constater - LORD VIGO est en état de grâce et trouve peut-être son style, sa griffe, son truc-à-lui. La raison ? Déjà, ce concept-album autour de Rick Deckard et ses potes Blade Runners, source d'inspiration plutôt rare sur la scène Metal (car à part les bien nommés bretons de VOIGHT KAMPFF qui y consacrent l'entièreté de leur courte disco, je n'ai pas d'autres exemples en tête) ; mais surtout, car le produit fini, du livret au clip de rigueur en passant par la production, est là pour nous immerger dans le diluvien Los Angeles de 2019 (là où se déroule l'action de l'adaptation ciné de Ridley Scott). Je m'explique. Si les exemples (et les succès) de prod' vintage ont le vent en poupe ces derniers temps (IDLE HANDS, HÄLLAS, ou pourquoi pas ATLANTEAN KODEX, chacun dans son style), il faut dire que là, l'exploit de LORD VIGO n'est pas mince et même assez finement joué, puisque les sonorités déployées sur ce "Danse De Noir" (full réverb' sur la voix, guitares léchées, batterie et toms martiaux relégués au second plan) nous renvoient directement à la fange Hard/Heavy-Metal 'ricaine des 80-90, telle qu'elle était jouée à la sortie en salle du film. Habile !

À un tel point que plus d'une fois on jurerait entendre ce réplicant qu'il nous présente là, beugler du WASP, musicalement parlant, mâtiné d'arrangements lorgnant vers un Heavy/Doom plus classique ("The Verge Of Time", "Between Despair And Ecstasy"). Et ça marche foutrement bien, surtout lorsque le trio allemand décide d'y adjoindre l'artifice ultime à base de nappes de claviers/chœurs, pour un rendu encore plus délectable dans le revival ("The Verge Of Time", les chœurs typiques Epic Doom de "And Then The Planets Will Align"). Si cette recherche sonore bien spécifique pouvant également évoquer le JUDAS "Turbo" PRIEST s'amorçait déjà en douceur sur l'album précédent, elle prend ici tout son sens. Si en plus LORD VIGO y distille quelques œillades appuyées à la fantastique et avant-gardiste BO rétro-futuriste de VANGELIS ("Fiery The Angels Fell", les conclusions de "As Silence Grows Old" et "Memento Mori") et une poignée de répliques tirées du film ("The Voight Kampff Situation", la fin de "As Silence Grows Old" feat. ce diable de Rutger Hauer) dès sa pièce d'ouverture de vingt minutes en six actes (ou, plus précisément, trois compos bien distinctes entrecoupées d'interludes), c'est vous dire s'il a confiance en sa propre adaptation du "Do Androids Dream of Electric Sheep?" ("Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?") de Philip K. Dick.

Mais ce n'est pas tout, puisqu'au rayon des quelques influences inhérentes au style pratiqué qui ne manquent logiquement pas de s'afficher (SOLITUDE AETURNUS, CANDLEMASS, sans que cela soit si flagrant, la touche Heavy s'affirmant davantage sur les instrumentations), quelques belles parties 'à la MAIDEN' sont à vous pointer, "And Then The Planets Will Align" en tête (de ses mélodies d'intro à son pont guitare/basse puis sa reprise, se situant quelque part entre les compos de "Powerslave" et de "Somewhere In Time"). À la manière des Britanniques, ajoutez une basse excessivement mise en avant (pour peu qu'une basse puisse être excessivement mise en avant) pour un rendu délicieusement jouissif ("Shoulder Of Orion", "As Silence Grows Old"). Les parties instrumentales enlevées ne sont pas non plus mises au recyclage, la plupart des titres comportant leur(s) propre(s) moment(s) de grâce via là, de belles parties mélodiques (le final de "Memento Mori", "Shoulder Of Orion") ou là, des soli qui ne sauraient être en reste ("And Then The Planets Will Align"). Et enfin, terminons là-dessus, cette eulogie lourde de sens qu'est la doublette "As Silence Grows Old" / "Memento Mori" (ces textes !) : si ça ce n'est pas un hommage à feu-Rutger Hauer/Roy Batty, récemment retiré, alors je n'y connais rien (**).

"All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die".

Ainsi, ça y est, LORD VIGO, en à peine cinq ans d'existence nous envoie, tel un navire en feu surgissant de l’épaule d’Orion, un skeud rondement mené, réussissant avec intelligence à étroitement faire coller sa musique à l'œuvre de Philip K. Dick (ou tout du moins à la vision qu'en a eu R. Scott). Quelques longueurs pourront parfois se faire sentir au détour de quelques riffs lambda ou de lignes de chant ne s'extirpant que trop rarement de l'ordinaire, mais celles-ci seront largement supplantées par la bonne surprise générale et par la trame et toutes ces fioritures à partir desquelles le groupe tisse ce bel et solide assemblage. Son réplicant à lui, en somme.

3,5/4 arrondi à 4, en espérant une suite du même acabit.

:::

(*) Libre à vous de prendre ça comme avis comptant sur leurs précédents efforts.

(**) Ironie du sort, l'acteur et son alter-ego réplicant, disparaissent techniquement tous deux en 2019

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- Vinz Clortho (chant, batterie)
- Tony Scoleri (guitare, basse)
- Volguus Zildrohar (guitare, basse)


1. Offworld A.d.
- the Voight Kampff Situation
- danse De Noir
- are You Human
- the Verge Of Time
- fiery The Angels Fell
- shoulder Of Orion
2. And Then The Planets Will Align
3. Between Despair And Ecstasy
4. As Silence Grows Old
5. Memento Mori



             



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