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EPIC HEAVY/DOOM  |  SINGLE

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- Style : Manilla Road, Pagan Altar, Slough Feg, Eternal Champion, Visigoth
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CIRITH UNGOL - Witch's Game (2018)
Par WËN le 17 Février 2019          Consultée 2763 fois

27 ans ! 27 putain d'années auront été nécessaires pour qu'un 'bienfaisant' nécromancien de passage, pointant un rachitique mais néanmoins implacable index vers la lugubre trouée crevant les innombrables mais non moins inquiétants sommets se détachant, sordides, d'un horizon crépusculaire ; se décide, enfin, en un sinistre claquement de doigts, à ramener d'entre les morts, la carcasse rongée par les vers du (master-of-the) pit-eusement célèbre Elric de Melniboné… Ou plutôt, en l'occurrence, celle de CIRITH UNGOL, dont le légendaire albinos susnommé, emprunté au Multivers de Michael Moorcock, s'est imposé au fil du temps en iconique figure de proue du groupe à force de s'en accaparer les pochettes. Car toutes les œuvres passées, de "Frost And Fire" (1981) à "Paradise Lost" (1991), via les habituelles illustrations de Michael Whelan, nous le présentaient prêt à en découdre. Hum… Sauf ici …

Enfin, bref ! Si la bande à Tim Baker (chant) revient sur le devant de la scène en cet automne 2018, n'y voyez surtout pas le fruit du hasard, mais plutôt celui d'un enchaînement d'évènements plus ou moins imprévus. Déjà, c'est suite aux rééditions par Metal Blade Records de tout le back-catalogue du combo sous divers formats (2015), que celui-ci va venir se rappeler aux bons souvenirs de divers festivals (le Keep It True et le Up The Hammers notamment (*)) et reprendre ainsi le chemin des répétitions l'année suivante, histoire de se dérouiller un peu les articulations avant de partir croiser le fer lors de quelques shows occasionnels. Ensuite, gardons à l'esprit que durant cette absence prolongée, c'est toute une nouvelle génération qui a repris le flambeau, n'hésitant pas à donner de vaillants coups d'épées bien old-sküll à une scène tendant à trop se moderniser à son goût : nous citerons ETERNAL CHAMPION évidemment (lui aussi inspiré de l'univers de Moorcock quant à son patronyme), mais aussi leurs frères et sœurs de bataille de SUMERLANDS, de LETHEAN et pourquoi pas de KHEMMIS ou de VISIGOTH résolument - et respectivement - plus Doom et Heavy que CIRITH UNGOL dans leur approche (mais n'ayant rien à lui envier côté imagerie), mais dont le cœur de ce dernier balance idéalement entre ces deux facettes de notre musique. Un retour à d'antiques pratiques qui à coup sûr, n'a pas dû manquer de verser du beurre dans les épin-Hard de nos intéressés au moment de remettre le couvert pour nous prouver ce qu'ils avaient encore dans le ventre. Enfin, et malheureusement, le décès prématuré de Mark Shelton, remisant MANILLA ROAD aux oubliettes de quelque obscur donjon, les projeta aussi et bien involontairement en uniques leaders d'une scène Epic Heavy/Doom dorénavant orpheline de son champion, eux qui ne s'étaient jamais vraiment extirpés de l'ombre du guerrier de Wichita.

Mais si l'on parlait jusqu'à présent d'une simple volonté de reformation, CIRITH UNGOL n'en était pas encore à penser reprendre le chemin du studio de sitôt. C'est un film d'animation en devenir, "The Planet Of Doom" (**), qui lui fait franchir le pas en nous livrant - enfin - un successeur à "Paradise Lost". Et quel successeur mes amis !

Car les amateurs du respectable et dorénavant vénérable - soixante balais les p'tits pères - combo de Ventura (Californie) le savent pertinemment : CIRITH UNGOL n'est pas à une contradiction près (Tolkien vs Moorcock, déjà, ou revenir ici sans son Elric de couverture). Mais ces mêmes amateurs savent aussi que tout volage qu'il est, sa fidélité envers le sacro-saint Souffle Épique pour lequel il voue une admiration sans borne depuis plus de qurante-cinq ans maintenant et qui ne manque de parsemer chacune de ses partitions dans leurs moindres riffs, n'a jamais faibli. Et vous vous en doutez, ce nouveau single, ce diabolique "Witch's Game", ne saurait déroger à la règle, même si une fois de plus, comme nous l'évoquions, CIRITH UNGOL se plaît à se jouer des codes et ne craint pas de chambouler son petit monde en nous faisant assister, du long de ces presque neuf minutes, à un impressionnant passement d'armes entre leur Heavy caractéristique et une solennité toute Doom trad très, très en avant, quelque part entre un "King Of The Dead" (1984, pour sa facette sombre) et un "Paradise Lost" (dont il emprunte quelques fulgurance épiques). Car ni vus, ni connus, les Américains nous proposent là, mine de rien et sans conteste, LE titre Epic Doom/Heavy de l'année 2018 ! Rien que cela !

Passés quelques ajustements de line-up nécessaires, puisqu'on reprend l'équipe d'il y a vingt-sept ans mis à part la basse assurée ici par Jarvis Leatherby (NIGHT DEMON et homme de l'ombre de cette reformation) mais avec, en prime, le retour de Greg Lindstrom (responsable des guitares et de la basse de "Frost And Fire", 1981) ; cette nouvelle formule à deux guitares, qui forgent ainsi une nouvelle signature musicale propre à ce "Witch's Game", a pour mérite de trancher dans le vif du sujet. Celles-ci, extrêmement incisives redoublent ainsi de mélodies au gré de riffs redoutablement assassins, n'hésitant pas à jouer plus d'une fois la carte des twin-guitars avec un petit feeling n'allant pas s'en rappeler les pionniers Anglais de la NWOBHM du début des 80 (cette enfilade échevelée à la "Killers"/"TNOTB" dans les réponses qu'elles se font sur la partie centrale du morceau, cf. 4'40).

De ces implacables mais jouissifs débordements mélodiques CIRITH UNGOL va ainsi nous envoyer plus d'une fois valser à travers ces flammes qui, des acoustiques flammèches d'introduction d'obédience PRIEST-ienne de la pièce-titre, vont vite se transformer en un véritable brasier impie au fur et à mesure de sa progression et ce, dès l'arrivée de la distorsion. Le son est aux petits oignons, malgré ce petit grain qu'on devine bien volontaire sur la production, nous renvoyant aux délicieuses prod ridiculement glorieuses et familièrement surannées qui caractérisent le genre, mais tout en demeurant ici très léchée et 'moderne', car maîtrisée (derrière les manettes, on retrouve l'équipe en charge du son des NIGHT DEMON et autres ETERNAL CHAMPION de ses dernières années, le monde est décidément tout petit). Ainsi du long de ses deux-trois thèmes principaux, forgés à même les flamboyantes fournaises du Mordor, s'alternant et sachant revenir à point nommé pour nous lécher les orteils, CIRITH UNGOL sort le grand jeu.

Robert Garven (l'une des plus improbables moustaches du XXème siècle) martèle comme il se doit son kit, de descentes de toms en cymbales étourdissantes, faisant courir ses sticks "comme si les fouets de leurs maîtres étaient à leurs trousses". Mais comme d'habitude chez CIRITH UNGOL, s'il y a un artisan en particulier qui marque encore plus redoutablement de son sceau unique, ce Heavy Metal si particulier, plus épique et impérial que jamais, c'est bien son Tim Baker de vocaliste. Communément très agressif dans ses aigus (au sens propre comme au figuré), on retrouve ici le bonhomme complètement habité mais aussi métamorphosé. Son timbre - même s'il demeure identifiable entre 100 - a bien changé et, c'en est justement surprenant, le chanteur livre peut-être bien (et à 62 ans) l'une de ses meilleures prestations vocales (ce hurlement à 2'35). Impressionnant !

Nous parlions un peu plus haut de la dose d'epicness dont CIRITH UNGOL ne manque jamais d'imprégner ses compositions ... Vous savez, cette brise d'Heroic-Fantasy aventureuse qui vous décoiffe systématiquement à chaque bourrasque subrepticement plus puissante que la précédente ; et bien, nous sommes en plein dedans, aussitôt accueillis que nous sommes par le souffle carrément Epic Doom qui se dégage de ce titre : on se la prend en pleine face et ça fait tellement de bien ! Enfin, voilà, on ne va pas s'épancher davantage sur un single dont la meilleure façon de se faire une idée reste encore de l'écouter, mais dans la catégorie pièce-fleuve, les Américains offrent là un digne successeur à leur "Chaos Rising" de '91, la fatalité Doom en plus ! Et la face B ? Quelle face B ? Ah, ce "Doomed Planet" (tiré de "One Foot In Hell") enregistré au Hammer Of Doom 2017 ? C'est un bon bonus (de l'édition vinyle), le son est correct et le groupe en forme. Il a le prétexte de coller au concept du film en devenir, mais bon, on s'en roule un peu l'ammonite, non ?!

En tout cas, à voir ainsi resurgir CIRITH UNGOL des limbes de l'oubli sans crier gare, à notre époque où la mode est davantage aux productions lèche-boules et plus chromées que jamais ; revenir sans signe avant-coureur en affichant d'emblée un tel niveau de qualité a de quoi laisser coi. Tout ça pour vous expliquer pourquoi VOUS NE DEVEZ PAS PASSER À CÔTÉ de cette immanquable reformation, à faire passer le retour de Johan Längquist chez CANDLEMASS, ou la reformation de SCALD pour des unes de Picsou Magazine. Ce "Witch's Game" est incontestablement le titre que j'ai le plus fait tourner ces derniers mois et ses camarade de jeu au sein de la BO de "The Planet Of Doom" vont avoir intérêt à bouffer du lion s'ils veulent ne serait-ce que se maintenir au niveau !

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(*) À zieuter, ce tout à fait recommandable Live At Rockpalast 2018

(**) Prévu pour 2020. On parle d'une œuvre faisant collaborer divers illustrateurs (Tim Granda, Skinner, Adam Burke, etc.) et musiciens (UFOMAMMUT, MOS GENERATOR, MESSA, WO FAT, etc.), le long de quinze chapitres ayant pour trame la vengeance d'un biker qui, sur son chopper possédé, parcourt de psychédéliques plaines à la recherche du démon ayant assassiné sa femme… Avec ce qu'il faut de kitsch et de fuzz ! Je ne sais pas vous, mais moi, ça m'interpelle complètement !
Un petit trailer, peut-être ? https://vimeo.com/159610969
Toutes les infos ici : http://www.theplanetofdoom.com/
Et sur Facebook : https://www.facebook.com/theplanetofdoom/

Affaire à suivre, en tout cas !

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- Tim Baker (chant)
- Greg Lindstrom (guitare)
- Jim Barraza (guitare)
- Jarvis Leatherby (basse)
- Robert Garven (batterie)


1. Witch's Game
2. Doomed Planet (live)



             



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