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CIRITH UNGOL - Forever Black (2020)
Par DARK SCHNEIDER le 20 Juillet 2020          Consultée 2289 fois

Cette reformation est tout bonnement incroyable. Pendant des années rien ne laissait présager cela, surtout au vu des déclarations de Robert Garven. Alors grâce soit rendue à Jarvis Leatherby et Oliver Weinsheimer du Keep It True, les véritables instigateurs de cette reformation, qui ont réussi le tour de force de remettre sur pied ce groupe légendaire avec un line-up très cohérent de surcroît.
Je me souviens encore de l’époque où je rédigeais les chroniques des premiers albums, CIRITH UNGOL était pour moi une précieuse relique appartenant définitivement à une époque passée, révolue. Jamais je n’aurais cru que dix ans plus tard des festivals porteraient le nom de morceaux de CIRITH UNGOL et que je pourrais réentendre la voix mythique de Tim Baker ! Et puis donc il y a eu ce fantastique "Witch’s Game" qui prouvait que le groupe n’avait rien perdu de son mojo, et enfin l'annonce de la mise en chantier d'un nouvel album. Il faut dire que la carrière de CIRITH UNGOL ne s’était pas achevée de manière satisfaisante dans les 90s, l’occasion était trop belle pour Robert Garven et sa troupe de prendre leur revanche et ainsi de n’avoir aucun regret.

Comme de coutume, Elric orne la pochette de l’album. Un Elric ténébreux, un Elric en exil, car tel est le titre de cette peinture de Michael Whelan, qui est relativement récente (2012). Du Michael Whelan a son meilleur niveau, l'artiste n'a rien perdu de son talent pour manier le pinceau. On sera prompt à faire l'analogie avec le groupe, qui lui aussi nous revient d’un long exil.

On savait déjà grâce à "Witch’s Game" que CIRITH UNGOL resterait fidèle à ce qu’il fut, le groupe n’avait de toute façon aucun intérêt à désarçonner ses fans qui n’attendent qu’une chose : qu’il refasse ce Heavy épique si unique et particulier qui est sa marque de fabrique. Le groupe nous prend donc par la main avec ce "Legions Arise" qui bien évidemment est le successeur du "Join The Legions" de l’album "Paradise Lost". Le texte, rassembleur, s’adresse aux fans, il s’achève par un petit cliché MANOWARien ("As Chaos descends, false Metal will fall!") qui au moins reste crédible chez le groupe californien. En tout cas, c’est une ouverture qui fonctionne, pleine d'entrain.

Bien décidé à exploiter un filon nostalgique, le groupe persiste avec "The Frost Monstreme" qui est une suite directe à "Frost & Fire", titre d’ouverture du premier album du même nom. Ce lien est très appuyé car non seulement les deux titres évoquent donc la même histoire (une nouvelle de Fritz Lieber, elle-même intitulée "The Frost Monstreme", issue de son cycle des Épées) mais aussi d’un point de vue musical avec un riff de guitare construit dans le même esprit que celui du morceau de 1981. Le résultat est une fois de plus artistiquement très convaincant mais peut susciter quelques interrogations : CIRITH UNGOL va t-il entrer dans le piège du fan service en ne délivrant que des titres clins d’œil à ses œuvres passées avec le risque de tomber dans l’ersatz ? Heureusement le groupe va stopper là les références et auto-citations très appuyées, car on aurait pu sombrer dans un écueil gênant. CIRITH UNGOL est bien décidé à aller de l’avant et à nous proposer du neuf.

Bien qu’il illumine toutes les pochettes du groupe, Elric n’avait été que très peu évoqué musicalement, et jamais de façon très directe. C’est enfin chose réparée avec ce "Stormbringer" au titre tellement évident, et peu original certes. Mais peu importe pour CIRITH UNGOL, car ce n'est pas lui qui va craindre la concurrence métallique avide du multivers. Il prouve ici à quel point il peut toujours en 2020 délivrer un morceau de Metal épique qui ne sonne comme aucun autre.

Il est bien sûr impossible de ne pas parler de la performance vocale de Tim Baker. On n’ira pas jusqu’à dire que le temps n’a pas d’emprise sur lui, car sa voix se fait tout de même moins extrême et crissante qu’à la grande époque, ce qui ne déplaira sans doute pas à tout le monde, elle reste heureusement toujours aussi identifiable, féroce et engagée. Les nouvelles compositions lui donnent souvent l’occasion de briller, de lui donner l’espace nécessaire pour qu’il nous extirpe les tripes comme jamais avec sa force de conviction implacable. Malin, le groupe nous réserve cette apothéose vocale lors du final plein de noirceur du dernier titre, "Forever Black", qui justifie ainsi ses galons de title track. On ne retrouve peut-être pas tout à fait les moments les plus intenses et hallucinés de "King Of The Dead", mais on en n’est pas loin.

On remarquera que la tonalité de l'ensemble paraît plus sombre, plus noir que jamais. Si "The Fire Divine" nous rappelle que le groupe vient des années 70 et conserve toujours un sens de l'écriture issu de cette époque, il se montre aussi d'une lourdeur incroyable sur "Nightmare", morceau le plus Doom de l'album, le plus diabolique surtout, à faire pâlir SLAYER. "Before Tomorrow" et "Forever Black" sont également deux mastodontes qui ne font pas de quartier et dégagent une intensité ravageuse.

Quand on pense que Robert Garven n'avait pas joué de batterie pendant des années... Cela n'empêche pas qu'il y a une symbiose totale entre les musiciens, entre deux guitaristes de deux époques différentes et un bassiste/fan ultime qui a bien sûr tout compris au groupe.
CIRITH UNGOL conserve donc sa couronne de groupe d'Epic Metal le plus viscéral qui soit, et prend la place de parrain du genre, après la fin malheureuse de MANILLA ROAD. "Forever Black" s'impose lui comme un nouveau chapitre incontournable : il n'est en aucun cas une œuvre qui ne lorgnerait que vers le passé, s'échinant à ressasser de vieux souvenirs. Oh certes, les deux premiers titres auraient pu nous le faire croire mais l'œuvre dans son ensemble aboutit à un album à l'identité forte et unique, tel que l'était chaque album précédent. En bref, "Forever Black" s'impose autant que ses ancêtres dans la discographie du groupe. On lui reprochera peut-être ce "Fractus Promissum", titre moins mémorable, et j'aurais personnellement préféré une production un peu plus vintage (mais pas d'inquiétudes, on est loin des prod' génériques modernes qui aseptisent tant le Metal de nos jours).

Espérons que le chaos ne revienne pas hanter trop vite CIRITH UNGOL, laissons-les conquérir le monde comme ils l'entendent !

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Tim Baker (chant)
- Greg Lindstrom (guitares)
- Jim Barraza (guitares)
- Jarvis Leatherby (basse)
- Robert Garven (batterie)


1. The Call
2. Legions Arise
3. The Frost Monstreme
4. The Fire Divine
5. Stormbringer
6. Fractus Promissum
7. Nightmare
8. Before Tomorrow
9. Forever Black



             



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