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CIRITH UNGOL - Paradise Lost (1991)
Par DARK SCHNEIDER le 3 Avril 2010          Consultée 3691 fois

CIRITH UNGOL est un groupe maudit. Auteur d’une poignée d’albums dans les années 80, jamais ils ne réussirent à acquérir de leur vivant la reconnaissance que laissait supposer la grande qualité de leur oeuvre. Trop underground, trop cru, trop radical, CIRITH UNGOL fut raillé par les médias metal qui ne tinrent jamais compte du fervent soutien d’une poignée de fans, qui eux n’en avaient cure que ce groupe ne corresponde à aucun critère mainstream.

Mais CIRITH UNGOL ne l’avait-il pas cherché ? Après tout, le verso de la pochette (une flèche multidirectionnelle) de ce "Paradise Lost" ne représente-t-il pas le symbole du chaos cher au fameux écrivain Michaël Moorcock ? CIRITH UNGOL ne s’y était d’ailleurs pas trompé car "Paradise Lost" est réellement né dans le chaos le plus total, à un tel point que ce disque est désormais renié par ses auteurs.
En effet, l’enregistrement de cet ultime album fut d’abord précédé par le départ du guitariste et du bassiste qui officiaient depuis le premier opus. Il ne reste donc plus que le batteur Robert Garven et le très charismatique chanteur Tim Baker comme membres d'origine. Et encore, ce n’était là qu’un moindre mal. Les plus grandes difficultés eurent lieu dans le studio : le groupe n’avait visiblement que peu de contrôle sur son oeuvre, les musiciens enregistraient leurs parties séparément, certaines compositions furent même imposées par le producteur et la nouvelle maison de disque ! Des morceaux nettement plus accessibles qu’à l’accoutumée.

"Paradise Lost" est-il donc un échec total ? Loin de là, bien au contraire ! Il s’agit là certainement de leur album le plus facile d’accès, le plus mélodique, et c’est une fois de plus un très grand cru.

L'album s'ouvre avec trois titres directs. Des morceaux heavy, bien agressifs comme il le faut, simples et percutants. Bref, des titres immédiats dans la lignée de ce que l’on trouvait sur "One Foot In Hell", en plus accrocheur mais aussi en plus mélodique, ce qui est un élément nouveau pour CIRITH UNGOL. "Join The Legion" démarre les hostilités de façon imparable, le titre s’adresse aux fans et le résultat est des plus fédérateurs. A la guitare, le nouveau venu, Jim Barraza, fait des merveilles, même son riff est mélodique, c’est dire ! "The Troll" est un excellent successeur, son riff d’introduction, en question/réponse, est assez original ; Tim Baker y trouve bien sûr là un titre particulièrement adapté à sa voix puisque justement, il a toujours sonné comme un troll ! Il faut préciser que ce titre n’a pas été composé par un des membres du groupe, mais par un guitariste additionnel, cela ne change pas grand-chose, le résultat est excellent. Puis ensuite vient une reprise, "Fire", du cultissime Arthur Brown, un personnage haut en couleur, un des papes du Rock grand guignolesque qui a préfiguré ALICE COOPER, KISS, et dont Bruce Dickinson est un grand admirateur. "Fire" est son titre le plus connu, l’interprétation de CIRITH UNGOL est excellente, très heavy, dépouillée de ses claviers d’origine, parfaitement adaptée à leur registre.

Après ces trois premiers titres, on sent une évolution notable, une rupture. "Go It Alone" est très certainement un titre imposé par les producteurs, véritable single potentiel, très Hard US, un morceau totalement improbable et incohérent pour CIRITH UNGOL. En soit il n'est pas mauvais, pas non plus génial, mais surtout, il n'a rien à faire là. Bizarrement, sur la cavalcade "Heaven Help Us", Tim Baker cède le chant à un bassiste invité pour l'occasion, un certain Bob Warrenburg, compositeur du dit titre et à la voix beaucoup plus lisse (et quelconque). Bien que son chant ne soit pas désagreable, l'initiative n'en est pas moins futile, Baker manque d'autant que le titre en lui-même est carrément excellent, le riff de guitare irrésistible! Quant à "Before The Lash", il se traîne tel un pachyderme au mileu de ces deux morceaux étonnants et inabituels.

Après ces expérimentations mêlant l'excellent et le moins bon, cet ultime album s'achève par trois titres épiques en diable. Sur "Chaos Rising", CIRITH UNGOL atteint des sommets de Metal épique, un des meilleurs titres du genre tout simplement. Dépouillé, lyrique, ce morceau à lui seul fait la nique au MANOWAR de "The Triumph Of Steel". "Fallen Idols", un peu moins percutant, maintient l'album sur de hautes sphères épiques, tandis que "Paradise Lost" est un bouquet final apothéotique. Ce tryptique de toute beauté nous plonge définitivement dans une ambiance restituant pleinement la sword and sorcery à l'ancienne ; en témoigne l'excellente pochette représentant une fois de plus le héros Elric. Sauvage et crue, mais nimbée d'un aura de mystère, telle est la musique de CIRITH UNGOL quand elle côtoie au plus près la fantasy.

"Paradise Lost" est le chant du cygne pour un groupe unique en son genre, doté d'une personnalité tellement forte et attachante. Malheureusement plombé par des producteurs peu scrupuleux, imposant des choix artistiques innapropriés, "Paradise Lost" ne peut décrocher la note maximale. C'est dommage, mais en revanche, l'aspect plus mélodique de cet album en fait peut-être le disque idéal pour découvrir ce groupe hors du commun.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Tim Baker (chant)
- Jim Barraza (guitare)
- Vernon Green (basse)
- Robert Garven - (batterie)


1. Join The Legion
2. The Troll
3. Fire
4. Heaven Help Us
5. Before The Lash
6. Go It Alone
7. Chaos Rising
8. Fallen Idols
9. Paradise Lost



             



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