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SAVATAGE - Poets And Madmen (2001)
Par JEFF KANJI le 16 Décembre 2017          Consultée 994 fois

Quand Jon Oliva et Paul O'Neill se décident à donner un successeur à "The Wake Of Magellan", la popularité de SAVATAGE décline inexorablement, pendant que celle du TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA ne fait que monter avec les succès consécutifs de "The Christmas Attic", intervenant au moment où SAVATAGE défend son album, après une première partie de tournée fin 97, particulièrement soutenue. Culminant avec une tête d'affiche qui va beaucoup contribuer à attirer l'attention sur ce petit festival de Metal qui prend de l'ampleur d'années en années (Wacken 1998), le second opus de la trilogie de Noël du TSO est un franc succès, alors même que son premier album devient disque d'or. Mais le raz-de-marée "Beethoven's Last Night" va obliger les membres de SAVATAGE à monter deux productions parallèles pour tourner. Ce sera d'ailleurs l'occasion de revoir jouer Alex Skolnick en compagnie de quelques-uns de ses anciens comparses.

Devant ce succès inattendu mais incroyable, SAVATAGE est en train de passer au second plan. Il arrive au terme de son contrat avec Atlantic pour signer chez Nuclear Blast USA (en Europe, c'est SPV qui récupèrera le deal), qui est déjà un label de passionnés, mais bien loin du leader qu'il est aujourd'hui, à une époque où les ventes de disques sont toujours stables, les majors de la trempe d'Atlantic ont encore une influence considérable. Jon Oliva et Paul O'Neill n'oublient pas pour autant leur bébé, ou plutôt celui qui a subi des transformations majeures depuis l'arrivée du producteur/compositeur/arrangeur haut en couleurs. Mais les sessions sont décousues, et en cours de route, le groupe perd Zak Stevens, qui décide à ce moment-là de se focaliser sur sa vie personnelle (il reviendra sur le devant de la scène trois ans plus tard avec son propre groupe CIRCLE II CIRCLE). C'est alors que les sessions se compliquent mais qu'une bonne nouvelle intervient pour les fans, qui ne savent pas encore que le Mountain King va reprendre le lead au niveau du chant. S'il intervenait sur quelques morceaux sur "Dead Winter Dead" et "The Wake Of Magellan", on a ici le grand retour du chanteur historique de SAVATAGE.

Cela ralentit l'avancée des sessions, car plusieurs morceaux, initialement écrits pour la voix de Zak, doivent être transposés, réarrangés, et donc réenregistrés. Dans le livret de la réédition, Jon Oliva confie que les choses doivent arriver pour une raison car les nouvelles prises auraient rendu les morceaux meilleurs qu'à l'origine (une thématique qui lui tient à cœur et qu'on retrouvera sur "Back To A Reason" l'une des réussites de cet opus). Mais si la perte de Zak paraissait surmontable (je n'irais pas jusqu'à dire souhaitable, mais je suis tellement accroc à la patte Oliva…), le départ d'Al Pitrelli est plus problématique, le guitar hero ayant contribué à rafraîchir le discours du groupe, lui permettant de faire le deuil de Criss Oliva (c'est Chris Caffery qui assure les soli de Criss depuis le départ d'Alex Skolnick). Mais bon, le groupe comprendra, comme nous, qu'il est difficile de refuser l'invitation d'une formation aussi emblématique que MEGADETH.

Ce n'est pas pour autant que le duo Oliva/O'Neill va se passer de concept bien au contraire. Même si cette fois-ci je dois avouer trouver un lien assez vague entre les textes de l'album et l'histoire développée dans le livret. Trois jeunes décident de visiter un ancien asile abandonné où ils tomberont sur un oublié volontaire, autrefois connu du monde sous le nom de Kevin Carter, qui avait gagné le prix Pulitzer suite à l'un de ses nombreux reportages sur l'Afrique en guerre, où dirigeants corrompus se succèdent au mépris du peuple fusillé alors même qu'il meurt de faim. Cette photo d'une petite fille de quatre ans, qui meurt observée par un vautour qui n'attend que ça, va complètement déboussoler son auteur, qui finira par tenter de se suicider (et réussira bien plus tard dans l'histoire).

Au niveau de la musique, SAVATAGE nous démontre qu'il a encore des choses à dire même si "Poets And Madmen" est un peu compliqué à appréhender. À bien des égards il me rappelle "Gutter Ballet" avec son mélange de titres ambitieux ("Morphine Child", "Commissar", ou encore "Back For A Reason" qui semble réchapper des sessions de "Streets") et de morceaux plus raw qui rappellent davantage le SAVATAGE des premières heures ("Drive", "I Seek Power" ou encore "Awaken" qui ressemble à une copie de "Mentally Yours"). Si bien qu'on ne sait pas trop quoi penser de ce disque, pourtant bien moins désarçonnant qu'un "Dead Winter Dead" par exemple.

On remarque néanmoins que l'approche dite progressive adoptée depuis l'opus de 1995 réussit à merveille à SAVATAGE qui délivre sur "Poets And Madmen" deux titres dignes de figurer parmi les meilleures compos de la formation floridienne. "Commissar", avec son thème de piano menaçant, ses mesures composées et ses cassures nettes de tempo est un petit bijou qui aura même droit à son single. Le chant de Jon s'y fait écorché, rapide et théâtral, tout ce qu'on aime chez lui. Sa voix s'est pas mal élargie depuis "Streets" et sa tournée qui la lui avait à moitié bousillée, mais il n'a plus cette pointe étincelante qui faisait le charme d'un "Tonight He Grins Again". On est plus dans le registre qu'il utilisait sur "Believe" par exemple. Il peut encore s'avérer touchant avec seulement cinq notes (le début de "Back For A Reason"). Sa rage ne s'est pas éteinte, et l'intérêt des deux premiers titres, d'un "Drive" ou d'un "Surrender" reposent beaucoup là-dessus, même s'il y a ce qu'il faut comme arrangements pour contenter le fan.

Et il y a "Morphine Child", ce titre-fleuve de dix minutes, pour le coup vraiment Prog, mais surtout ultra théâtral et jouissif où Jon est impérial. On peut parler de tout le monde, car Al Pitrelli délivre un chorus de folie lui aussi. C'est la première pièce de ce genre qui selon moi parvient à égaler "Chance" sur son terrain de jeu. Clairement le titre qui se dégage de l'opus avec les deux déjà cités précédemment.
Toutefois sur "Man In The Mirror", "There In The Silence" ou "Surrender" il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, malgré les qualités intrinsèques des morceaux. Et sur un "I Seek Power" par contre ça me le fait, sans doute grâce à ce riff caverneux obtenu par l'accordage original de la corde grave de la guitare. Il y a d'ailleurs pas mal de bons riffs sur ce disque, une façon de remarquer que l'influence d'un Tony Iommi n'a jamais disparu des influences de Jon.

"Poets And Madmen" fait donc partie de ces albums qui ont connu une gestation chaotique. Si c'est loin d'être une première pour le 'TAGE, Jon Oliva comprend une fois cet album terminé qu'une page était déjà en train de se tourner, et son groupe entrera lentement mais sûrement dans un hiatus qui n'a été interrompu que le temps d'un concert mémorable en compagnie du TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA il y a deux ans à Wacken et qui laissait espérer un futur pour SAVATAGE. Mais il a fallu un malheureux cocktail de médocs pour faucher Paul O'Neill le 5 avril 2017.

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   JEFF KANJI

 
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   (2 chroniques)



- Jon Oliva (chant, clavier)
- Chris Caffery (guitare)
- Johnny Lee Middleton (basse)
- Jeff Plate (batterie)


1. Stay With Me A While
2. There In The Silence
3. Commissar
4. I Seek Power
5. Drive
6. Morphine Child
7. The Rumor
8. Man In The Mirror
9. Surrender
10. Awaken
11. Back To Reason



             



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