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NAZARETH - No Mean City (1979)
Par DARK SCHNEIDER le 4 Avril 2021          Consultée 667 fois

NAZARETH est manifestement très en forme en cette fin de décennie. À défaut d'avoir été un succès commercial, "Expect No Mercy" fut une réussite artistique qui a vite fait de faire oublier le coup de mou accusé sur le dispensable "Play'N'The Game". Ne se reposant pas sur ses lauriers, le groupe va alors proposer en janvier 1979 pas moins que son dixième album, et ce en même pas dix ans. Alors certes, NAZARETH n'est pas devenu un groupe immense, mais il va prouver avec ce chapitre qui clôt les 70s qu'il aura su faire preuve de bien plus de constance que certains dinosaures anglais autrement plus connus. C'est sans doute la rudesse écossaise qui fait la différence.

Une fois de plus, la pochette de l'album attire l'œil. Pas de Frazetta cette foi-ci mais l'excellent Rodney Matthews, notamment connu pour son travail avec MAGNUM. Cette créature reptilienne menaçante prête à nous taillader restera imprimée sur notre rétine, elle se prénomme "Fred" (si si) et est censée évoquer le title track (qui n'a en fait rien de fantasy). Ce qui est sûr, c'est que ça donne envie de mettre le disque sur la platine.

Mais la plus grande curiosité de l'album, c'est que pour la première fois le line-up évolue. Il s'agissait là semble-t-il d'un changement imposé par la maison de disque qui s'impatientait à ce que le groupe retrouve le chemin des charts et qui estimait qu'il fallait pour cela sans doute un peu de sang neuf. C'est ainsi qu'un second guitariste va se greffer à NAZARETH, avec l'arrivée de Zal Cleminson, un Écossais, bien sûr. Ce dernier restera moins de deux ans dans le groupe, mais cela sera suffisant pour y laisser une empreinte indélébile. Le choix de Cleminson pouvait paraître étrange, ce dernier était le guitariste de The SENSATIONAL ALEX HARVEY BAND, une formation de Rock bigarré et avant-gardiste, loin d'être le groupe le plus accessible qui soit. Il est certain que l'arrivée de Cleminson allait donner envie au groupe de défricher de nouveaux terrains de jeux musicaux. L'homme arbore une moustache fine et élégante, en contraste total avec celle beaucoup plus rustique de Manny Charlton, et ben c'est exactement pareil en ce qui concerne son apport musical, qui va enrichir toutes les parties rythmiques du groupe. Un sacré duo de moustachus que voilà.

Ainsi, Cleminson signe sur cet album un titre à lui tout seul : "Simple Solution (parts 1 & 2)". Incontestablement un des moments les plus mémorables de ce "No Mean City". Son riff se situe quelque part entre "Hair Of The Dog" et... "Beat It" ! Ça groove donc à mort tout en délivrant un refrain bien percutant et Heavy. À ranger assurément parmi les classiques incontournables du groupe, rien que pour ce titre ça valait le coup d'intégrer Zal Cleminson, qui se fond ici parfaitement dans le groupe.

Une fois de plus, NAZARETH va visiter plusieurs styles différents avec à chaque fois une efficacité redoutable. Si l'opener "Just To Get Into It" fait dans le Hard Rock sudiste énergique, couplé à l'agressivité des vocaux râpeux de McCafferty, il n'est pas ce que l'on retiendra le plus ici. Au contraire du folkeux "May The Sunshine", qui lorgne du côté hippie de la force, tout comme d'ailleurs le single "Whatever You Want Babe" et sa mélodie guillerette, le tout sentant le feu de bois et le scotch whisky, dont les bouteilles sabrées auront fourni leur lot de bottlenecks. "Claim To Fame" est un boogie très lent et surtout très lourd, tellement que franchement je le verrais sans peine repris façon Stoner, le groupe connaît BLUE CHEER et MOUNTAIN, c'est certain !

Si Cleminson n'est pas en reste, celui qui impose surtout sa patte sur cet album c'est bel et bien Manny Charlton. Non seulement il a produit le bousin, mais il compose à lui seul trois morceaux et son nom apparaît sur tous les autres (à l'exception bien sur de "Simple Solution"). Notre moustachu se lâche surtout à la slide, qui devient son terrain de prédilection sur cet album, "What's In It For Me" en étant l'apogée. Charlton a beau être un guitariste on ne peut plus "roots", il n'empêche qu'il semblait avoir compris à cette époque qu'il fallait vivre avec son temps et ce n'est pas pour rien qu'il fait usage d'effets de spatialisation pour donner une autre dimension à ses parties slide. On notera également que sa production est franchement excellente : très clair, l'album n'accuse vraiment pas les années, c'est impressionnant, on comprend mieux pourquoi les GUNS le voulaient pour produire "Appetite For Destruction" !

De son côté, l'infatigable McCafferty ne ménage pas ses cordes vocales sur cet album sur lequel il ne fait que très rarement dans la douceur, l'exception notable étant la sympathique ballade "Star", single logique, qui ne constitue cependant pas un moment fort. A contrario du title track, qui s'impose en climax tant attendu pour clôturer l'album, une composition aux multiples rebondissements, qui nous plonge dans une atmosphère de terreur urbaine, inspirée du roman du même nom qui narre des histoires de gang dans les quartiers chauds de Glasgow dans les années trente, bien plus inquiétante que le "Night Prowler" d'AC/DC.

"No Mean City" fait donc partie des meilleurs albums de NAZARETH, très apprécié par le groupe lui-même, c'est sans doute l'opus à conseiller pour ceux qui ont déjà jeté une oreille sur "Razamanaz" et "Hair Of The Dog". On notera d'ailleurs l'absence totale de reprises, une première depuis "Exercices", comme si les Écossais n'avaient plus besoin de cela pour remplir un disque. Le public ne s'y trompa pas d'ailleurs, le groupe jouissant alors à l'époque d'un très bon succès, il termine donc en beauté cette décennie, qui constituera par ailleurs son âge d'or.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Dan Mccafferty (chant)
- Manny Charlton (guitares)
- Zal Cleminson (guitares)
- Pete Agnew (basse, chant)
- Darrell Sweet (batterie)


1. Just To Get Into It
2. May The Sunshine
3. Simple Solution (parts 1 & 2)
4. Star
5. Claim To Fame
6. Whatever You Want Babe
7. What's In It For Me
8. No Mean City (parts 1 & 2)



             



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