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1975 Hair Of The Dog
1976 Close Enough For Rock...
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NAZARETH - Snakes'n'ladders (1989)
Par DARK SCHNEIDER le 14 Février 2022          Consultée 487 fois

Mais que s'est-il passé ? Trois ans auparavant, NAZARETH nous avait laissé sur une excellente impression, sans renier certaines expérimentations, le groupe avait su renouer avec toute l'urgence et la gouaille qui le caractérisaient dans la décennie précédente, à défaut d'exploser les charts il retrouvait une véritable crédibilité. Le groupe bénéficiait en plus désormais de la reconnaissance de la nouvelle garde du Hard Rock, notamment d'un GUNS N'ROSES peu avare d'éloges à son sujet, à tel point qu'Axl Rose voulait que McCaffery vienne chanter "Love Hurts" à son mariage, ce que l'Écossais déclinera, invoquant un manque de temps. Michael Monroe, de son côté, préparait un album qui devait comporter une reprise de NAZARETH qui lui donnera carrément son nom ("Not Fakin' It"). Tout cela avait de quoi flatter l'ego des Écossais, de quoi les renforcer, les rendre plus fort que jamais.

Malheureusement, pour des raisons qui restent obscures, l'ambiance n'y est plus chez NAZARETH. Le groupe mettra du temps à peaufiner ses nouveaux titres et cela scellera le divorce entre Manny Charlton et le reste de la bande. Le guitariste n'appréciant guère les arrangements et autres effets de production qui coloreront cet album. Il fera tout simplement ses bagages et tentera une carrière solo peu productive mais durant laquelle il ne se gênera pas pour réenregistrer plusieurs morceaux de ce "Snakes'N'Ladders", à sa façon. Car en effet, Charlton restait le principal compositeur, on peut donc comprendre qu'il ait eu du mal à accepter que ses remarques ne furent pas prises en compte alors que le groupe dépendait énormément de son songwriting, une situation très frustrante pour lui. On constate également un retour conséquent du nombre de reprises ici, trois tout de même, ainsi que la présence d'un titre composé à l'époque où Billy Rakin était encore dans le groupe ("Back To School"). Selon Charlton, la présence de ces reprises s'explique tout simplement par le manque d'inspiration du groupe, il fallait meubler, c'est donc du pur remplissage.

Le résultat est-il si mauvais que ça ? Il est incontestable que l'album commence étrangement, de façon franchement douteuse. "We Are Animals" n'est certes pas aussi catastrophique que ne le fut "Party Down" en son temps, le squelette du morceau en fait même une composition très intéressante à base de slide. McCafferty braille plus que jamais, mais il est vrai qu'un certain sentiment de gâchis se fait sentir à cause de ces ornementations qui ont de quoi laisser incrédule. C'est pourtant sans doute le titre le plus mémorable de l'album. Même tarif avec "Trouble", tout autant victime de cette production qui se veut moderne et de choix qui nous laissent circonspects (ces horribles "Yeah! Yeah!" sur les couplets).

En revanche, la reprise du classique 60s "Piece Of My Heart" est peut-être le fruit d'un pur opportunisme, il n'en demeure pas moins que l'exercice réussit encore une fois aux Écossais qui délivrent donc ici une version tout à fait excellente. Parlons d'ailleurs des reprises, "Hang On To A Dream", tiré du répertoire Folk de Tim HARDIN, et déjà repris par pas mal d'artistes, se pare d'atours synthétiques qui l'éloigne du bucolisme de l'original sans paraître pour autant hors-sujet, Charlton y ajoute un solo brillant. La reprise de CROSBY, STILLS, NASH & YOUNG, "Helpless", confirme cet ancrage dans le Folk, avec toujours cette volonté d'en proposer une relecture personnalisée. Comme souvent, NAZARETH fait un gros travail de réappropriation qui s'avère plutôt payant, et donne ainsi une vraie plus-value à ces titres qui ne se contentent pas d'être de simples bouche-trous, c'est peut-être même ce que l'album a de mieux à proposer...

Car avec leurs propres compositions, les Écossais peinent souvent à convaincre. Sur "Lady Luck", on ressent toutes les influences rétro du groupe, le riff lourd fait immédiatement penser à Link WRAY, c'est dire. C'est tout aussi sauvage que ce dernier, mais bien sûr il fallait que le morceau s'achève par un fade out ennuyeux, laissant un petit goût d'inachevé, comme la plupart des titres de toute façon.

Non seulement l'album flirte parfois avec une certaine médiocrité ("The Key"...), mais en plus il est difficile de ne pas trouver que l'ensemble se traîne franchement. Ça manque de up-tempo tout ça. L'ensemble a un côté poussif que l'on ne ressentait pas du tout avec "Cinema". Seul "Girls" appuie sur l’accélérateur, de quoi réveiller la section rythmique (Pete Agnew se fait plaisir ici), mais difficile de se contenter de ce titre au refrain un brin caricatural.

À noter qu'en plus certaines rééditions de l'album contiennent la bluette "Winner On The Night", une ballade d'une rare platitude qui servait de générique à une série policière allemande, on ne s'y trompe pas car le morceau est aussi léthargique qu'un épisode de Derrick. Ce que le groupe n'ignore pas puisqu'il qualifie cette merveille de pire titre de leur carrière. Comme si cet album avait besoin de ça.

Pourtant, et malgré tous ses défauts évidents, je peine à trouver "Snakes'N'Ladders" si mauvais que ça. Détesté par le groupe lui-même, il reste quand même un album avec le line-up "classique", et franchement ça fera toujours une différence. Ce n'est certainement pas un album indispensable, mais tous ceux qui sont séduits par la formation originelle de NAZARETH ne perdront rien en l'écoutant, et pour les fans il reste donc indispensable.
Avec le départ définitif de Manny Charlton c'est toute une partie de l'âme de NAZARETH qui s'en ira. Le groupe poursuivra sa route jusqu'au bout malgré tout, mais sans plus jamais briller du même éclat.

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- Dan Mccafferty (chant)
- Manny Charlton (guitares, claviers)
- Pete Agnew (basse)
- Darrell Sweet (batterie)


1. We Are Animals
2. Lady Luck
3. Hang On To A Dream
4. Piece Of My Heart
5. Trouble
6. The Key
7. Back To School
8. Girls
9. Donna - Get Off That Crack
10. See You, See Me
11. Helpless



             



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