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NAZARETH - Play'n'the Game (1976)
Par DARK SCHNEIDER le 7 Mars 2019          Consultée 648 fois

"Play'N'The Game" est peut-être une des raisons qui permet de nous faire comprendre pourquoi NAZARETH n'est pas parvenu à être reconnu comme étant un des grands du Hard Rock 70s. Petit rappel : depuis l’électrifiant "Razamanaz", NAZARETH a enchaîné les albums de qualité, même si le dernier en date, "Close Enough For Rock'N'Roll", avait pu en décevoir quelques-uns en raison de son contenu plus calme, il témoignait cependant encore d'une certaine audace en proposant un morceau concept ambitieux ("Telegram"), lui permettant d'être un digne successeur de ce qui restera le plus grand succès du groupe, "Hair Of The Dog". Cependant, NAZARETH décida de graver rapidement sur sillons un second disque en cette année 1976, ce qui paraissait pour le moins risqué, même si le groupe avait déjà réussi à sortir deux albums une même année avec une très grande réussite (en 1973), mais de là à réitérer cela une seconde fois, beaucoup s'y sont cramés dans les 70s. Et vous l'aurez compris : à ce petit jeu, les Écossais ne gagnèrent pas.

Mais examinons donc un peu le bousin. Ce qui surprend en premier lieu, c'est la tracklist : certes, NAZARETH est un groupe habitué à inclure des reprises dans ses albums, mais ici, sur neuf morceaux, tout de même quatre en sont ! Un record pour le groupe. On remarquera également ce choix étrange d'en enchaîner trois à la suite (les pistes 6 à 8).

Qui sont donc ces gens dont l'oeuvre a été revisitée par les Écossais ? Trêve de devinettes, voici les noms : Alvin ROBINSON ("Down Home Girl"), The DRIFTERS ("I Don't Want To Go On Without You"), Joe TEX ("I Want To (Do Everything For You)"), et The BEACH BOYS ("Wild Honey"). Que des artistes américains donc, et surtout, trois groupes/musiciens afro-américains ayant officié dans le Blues, le RnB, la Soul. NAZARETH rend donc hommage à ces artistes auxquels ils doivent énormément. Il est vrai que si le groupe était un habitué des reprises, les Écossais s'étaient jusque là pratiquement uniquement consacrés au répertoire Folk américain, joué par des blancs, alors que leurs racines Blues et Rock'N'Roll étaient évidentes, voilà qui rétablit donc l'équilibre. Cependant, les réinterprétations qui sont ici faites ne sont pas les plus folles qui soient, même si bien sûr NAZARETH ne se contente pas de rendre de simples fac-similés. La reprise de Robinson est bien plus électrique et saturée que l'originale (et que la version des STONES). McCafferty s'en sort très bien sur le titre des DRIFTERS qui exige une grande sensibilité vocale. Manny Charlton, quant à lui, bien loin de s'effacer respectueusement, apporte systématiquement sa patte caractéristique. De bien belles intentions... Mais tout cela finit par s'enchaîner sur un rythme de sénateur et les bâillements ne sont pas loin lorsque l'on arrive à "Wild Honey", trop mollassonne. NAZARETH était certainement conscient qu'il prenait le risque d'endormir ses auditeurs car le Rock'N'Roll énergique qu'est "L.A Girls", placé juste après, semble vraiment être là pour nous sortir de notre torpeur. Ce n'est en tout cas pas sur cet album que le groupe transformera une reprise en un véritable classique de son répertoire, même si "I Want To (Do Everything For You)", nettement plus lourde que l'originale, parviendra à se frayer une place, à mon sens injustifiée, sur les setlists live.

Donc voilà, l'hommage à ces artistes noirs est honorable, mais finalement assez oubliable. Ce qui fait l'intérêt de cet album, ce sont les propres compos des Écossais, même si là encore on va rester un peu sur notre faim avec ces titres qui s'inscrivent dans la totale continuité de "Close Enough For Rock'N'Roll" et prennent parfois un peu des allures de chutes de studio de ce dernier. Ça commençait pourtant plutôt pas mal avec l'opener "Ready To Roll", qui donne de faux espoirs quant au contenu Hard Rock de cet album. Car c'est en effet le moment le plus dur de l'opus, aux forts relents sudistes (Manny Charlton se fait plaisir à la slide), que l'on imaginerait sans peine être interprété par des combos plus fédérateurs. "Flying" est une ballade planante, assez intéressante notamment en raison du travail sonore important qui est effectué ici. "Waiting For The Man" fait dans le Funk musclé avec la basse surmixée de Pete Agnew, afin que l'on ait bien envie de remuer son popotin, mais n'est au fond qu'une redite de "Born Under The Wrong Side". Un Pete Agnew toujours très présent sur "Born To Love", où l'on dirait qu'il a un train à prendre, tellement il mène le rythme devant tout le monde.

En soi, aucun de ses morceaux n'est mauvais, le groupe prouve qu'il sait toujours être très éclectique. Mais le problème c'est qu'il a su ou saura faire mieux dans tous les registres abordés, et on se retrouve à nouveau avec l'impression d'avoir affaire à un groupe indécis, comme un Normand incapable de savoir quelle direction prendre à une intersection. Et finalement les nombreuses reprises, qui ramollissent l'album, peuvent faire penser que NAZARETH était au bout de son inspiration. On notera cependant l'existence d'un bon bonus track sur les éditions récentes de l'album : "Good Love", issu d'une face B, où l'on retrouve un Dan McCafferty plus braillard que jamais.

"Play'N'The Game" passe donc un peu inaperçu parmi tout ce que le groupe a publié dans les 70s. Un album, pris isolément, pas vraiment mauvais, mais quelque peu insignifiant en comparaison de tous ceux qui l'ont précédé. À croire que nos quatre gaillards devaient siroter des bières pas très fraÏches lors de sa conception. Il fait retomber la pression après le succès de "Hair Of The Dog3, et met donc fin à une belle série d'albums.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Dan Mccafferty (chant)
- Manny Charlton (guitares)
- Pete Agnew (basse)
- Darrell Sweet (batterie)


1. Somebody To Roll
2. Down Home Girl
3. Flying
4. Waiting For The Man
5. Born To Love
6. I Want To (do Everything For You)
7. I Don't Want To Go On Without You
8. Wild Honey
9. L.a Girls



             



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