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URIAH HEEP - Abominog (1982)
Par DARK SCHNEIDER le 15 Septembre 2014          Consultée 2360 fois

URIAH HEEP connu une carrière brillante dans les années 70, faisant de lui un pionnier incontournable de la musique Hard/Heavy. Mais ce succès ne se fit pas sans larmes, ni sans douleurs et querelles d’ego (sous fond d'argent). C'est manifestement un groupe usé et ne sachant plus vraiment dans quelle direction aller qui accoucha de l'inconsistant "Conquest", pas un disque mauvais en soi, mais qui n'allait nulle part, avec un chanteur qui ne faisait pas l'affaire. Ken Hensley, leader contesté, finit par claquer la porte, insatisfait de la direction prise par le groupe. URIAH HEEP splitta corps et biens. Mick Box, détenteur du nom du groupe, se retrouva seul avec Trevor Bolder. Après une tentative infructueuse de rappeler David Byron aux affaires, Bolder abandonna Box pour rejoindre WISHBONE ASH, parce qu'il fallait bien manger. Pensant un temps former un nouveau groupe sous un autre nom, Box choisit finalement de reformer le HEEP, estimant sans doute qu'il valait mieux capitaliser sur ce nom fameux. En gage d'authenticité, il réussit à récupérer le batteur historique, Lee Kerslake, avec dans ses bagages le bassiste Bob Daisley, tous les deux maltraités par le management d’Ozzy Osbourne. Au chant, Peter Goalby, ex-TRAPEZE. Enfin, aux claviers, place à John Sinclair, musicien doté d'une solide expérience qui se fera surtout connaître quelques années plus tard en tant que clavier de... Ozzy Osbourne !

Honnêtement, qui aurait pu croire qu'URIAH HEEP pouvait continuer d'exister sans Ken Hensley ? Peu de monde sans doute. Cette nouvelle formation avait donc tout à prouver. Mick Box n'ayant que peu composé pour le groupe, et n'étant pas vraiment ce que l'on pouvait considérer alors comme un guitar hero, il y avait fort à parier que le HEEP allait se vautrer lamentablement comme de nombreux groupes des 70's se heurtant aux 80's. Pourtant, rien qu'au titre de l'album et surtout à sa pochette démoniaque, on sent que le HEEP ne tient pas à s'en laisser compter. "Abominog" ne fera pas de quartier, c'est dit, et surtout, c'est vrai.

C'est donc un groupe transfiguré qui officie sur "Abominog" ! Car oui, avec "Abominog", URIAH HEEP prouve qu'il peut survivre au départ d'Hensley et faire de la bonne musique. Malins, Box et ses sbires décident de combattre sur le champ de bataille du Hard Rock moderne (pour l'époque). Fort de l'expérience Heavy Metal de Kerslake et Daisley, qui, rappelons-le, ont tout de même participé au chef-d'œuvre qu'est "Blizzard Of Ozz", le groupe semble dopé aux anabolisants. Jamais le HEEP n'avait sonné aussi Hard du début à la fin d'un album. Le titre "Too Scared To Run" annonce d'emblée la couleur : gros riff très Hard, chant puissant et vengeur, refrain en béton, le résultat dépasse les espérances! Oui, le HEEP peut rivaliser avec toute la jeune garde du Heavy britannique, tout en caressant l’espoir de conquérir le continent outre-atlantique, sans pour autant s’affranchir totalement de son passé prestigieux (les chœurs HEEPiens sont plus que jamais présents).

La curiosité de "Abominog" est qu'il est constitué pour moitié de reprises. À l'instar de RAINBOW, le groupe propose notamment une reprise de Russ BALLARD, "On The Rebound", devenant forcément un hit potentiel. Les autres reprises ("Hot Night In A Cold Town", "Running All Night", "That The Way It Is" et "Prisoner") sont toutes issues de titres récents pour l'époque (1979 et 1980), de différents artistes Rock (mais pas Hard Rock). Tous ces morceaux sont nickels, du riff qui envoie, des refrains faciles d'écoute, des claviers entraînants, des lignes de chant ultra mélodiques, la machine fonctionne à plein régime. Et ils sont nettement plus percutants que les originaux, avec un son beaucoup plus gros.
On aurait alors pu croire que ces reprises seraient supérieures aux compositions originales du groupe, risque inhérent à ce type de démarche, et ben non ! On a déjà évoqué l'excellent titre d'ouverture, mais les autres morceaux originaux n'ont quasiment rien à lui envier (mention spéciale pour "Sell Your Soul" et son refrain sombre et tonitruant). Seul "Hot Persuasion" est un peu en dessous du reste, sans être mauvais, et annonce certaines futures compositions avec Bernie Shaw (et pas les meilleures du coup). Notons le cas particulier de "Think It Over", un titre datant des sessions de "Conquest" : une face B de single écrite par Trevor Bolder et John Sloman. Excellente idée d'avoir réinterprété ce morceau, qui est peut-être finalement le meilleur de l'album grâce à son refrain mélodique irrésistible et tellement émotionnel. Toute la finesse dont le HEEP a su faire preuve durant les 70’s est loin d’avoir disparue ici.

En bref, "Abominog" envoie du bois ! Les connaisseurs savent que si Box était peu présent niveau compos durant l'ère Hensley, il était souvent à l'origine des morceaux les plus Heavy du groupe, il n'est donc pas si étonnant de le retrouver si à l'aise dans ce registre, solidement épaulé qu'il est par une section rythmique qui n'a plus de leçon à recevoir en matière de Heavy Metal.
Goalby au chant assure grave ! Il n'émane pas de lui la beauté onirique de David Byron ni la grandiloquence de John Lawton mais il déploie un mix parfait de puissance Rock et d'émotions pures, la fragilité apparente de sa voix ne la rendant que plus attachante. Enfin, comment ne pas s'extasier sur la performance de John Sinclair ? Ayant la lourde charge de succéder à Ken Hensley, le claviériste s'en sort admirablement. Certes, c'est son jeu qui ancre "Abominog" dans son époque, on ne peut le nier (exit l’orgue hammond). Mais peu importe. En utilisant de telles sonorités, il aurait rapidement pu saouler l'auditeur, que nenni. Son inventivité évite cet écueil, conférant au disque un aspect moderne pour l'époque, sans pour autant sonner trop synthétique ou kitsch avec le recul. Pour qui aime le synthé 80's, c'est un vrai régal. Les morceaux "Chasing Shadows" et surtout "Think It Over" sont des preuves évidentes de son excellence.

"Abominog", un superbe acte de renaissance. Des Anglais qui déploient l'artillerie lourde pour conquérir les radios américaines dont les portes étaient grandes ouvertes pour le Hard à synthés, mais sans pour autant concéder la moindre ballade, et qui ne se gênera pas pour balancer un titre ultra costaud du nom délicat de "Son Of A Bitch" en face B du single promouvant l'album. Un pont jeté entre deux mondes, celui de l'AOR et du Heavy Metal britannique. Une belle reconquête de la part d'un groupe regonflé à bloc, et s'il ne parvint pas tout à fait à vendre autant qu'il espérait, le succès critique fut lui largement au rendez-vous !

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Peter Goalby (chant)
- Mick Box (guitares)
- Bob Daisley (basse)
- Lee Kerslake (batterie)
- John Sinclair (claviers)


1. Too Scared To Run
2. Chasing Shadows
3. On The Rebound
4. Hot Night In A Cold Town
5. Running All Night ( With The Lion)
6. That's The Way That It Is
7. Prisoner
8. Hot Persuasion
9. Sell Your Soul
10. Think It Over



             



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