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HEAVY METAL  |  STUDIO

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1972 Demons And Wizards
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1973 Uriah Heep Live
  Sweet Freedom
1974 Wonderworld
1975 Return To Fantasy
1976 High And Mighty
1977 Firefly
  Innocent Victim
1978 Fallen Angel
1980 Conquest
1982 Abominog
1983 Head First
1985 Equator
1988 Live In Moskow
1989 Raging Silence
1991 Different World
2011 Into The Wild
2014 Outsider
2015 Live At Koko
2023 Chaos & Colour
 

- Style : Hällas, Dewolff, Magnum
- Membre : Erol Sora , Wishbone Ash, Gary Moore, The Firm, Ac/dc, Ozzy Osbourne, Ken Hensley , Asia
- Style + Membre : Ufo, Rainbow, Sweet
 

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URIAH HEEP - Wonderworld (1974)
Par DARK BEAGLE le 8 Juillet 2023          Consultée 903 fois

C’est un monde merveilleux dans lequel évolue URIAH HEEP en 1974. Sous la coupelle du producteur Gerry Bron, qui voyait dans le groupe une manne financière afin de faire vivre son label Bronze Records, les musiciens vont être pressés comme des citrons. Ils vivent tous à un rythme insensé, voire démentiel, les albums se succèdent, les tournées également et tout part à vau l’eau petit à petit. Ken Hensley, promu depuis belle lurette comme leader par Bron, commence à fatiguer sérieusement, David Byron tombe dans la bouteille et n’en sortira plus, Gary Thain sombre quant à lui dans les drogues dures pour tenir le coup.

C’est donc un groupe rincé qui entre en studio pour donner un successeur à "Sweet Freedom", qui marquait déjà le pas. Seulement, cette fois-ci, les morceaux ne sont pas prêts, ce qui va ajouter à l’urgence du moment. En contrepartie, nous tenons là l’un des albums parmi les plus collégiaux de URIAH HEEP, chacun a mis la main à la pâte à des degrés divers. En revanche, le revers de la médaille est que cet essai part dans tous les sens, il ne semble pas avoir de ligne directrice bien établie, il papillonne sans se fixer sur un style et se perd parfois un peu. Et surtout, l’impression que la formation n’a pas eu le temps de développer ses idées est assez prégnante tout du long.

Et dans ce monde merveilleux qu’est celui de URIAH HEEP, nous progressons dans un univers de vestiges. La pochette est assez criante à ce niveau-là. Les musiciens apparaissent comme des statues, reproduisant des mouvements propres à l’usage de leurs instruments pour certains, comme des idoles de pierre sculptées juste avant leur déclin. Comme si l’énergie qui se dégage de la jaquette est une vision d’un passé même pas si lointain que cela. En fait, elle a presque quelque chose de sinistre, surtout quand nous connaissons la suite des événements, tragiques, qui toucheront le groupe.

Cependant, bien que diminué, le HEEP par courageusement à l’assaut avec un title track à travers lequel Byron exprime une certaine désillusion. Son ton désabusé se marie avec l’esprit torturé qu’Hensley imprime à la composition, qui ne donne pas envie de rire. Et ce ne sont pas les Heavy "Suicidal Man" et "So Tired" qui vont apporter du baume au cœur. Avec un chanteur à bout de souffle et une agressivité assez inhabituelle, ces morceaux ressemblent presque à des appels au secours. Nous pouvons déjà constater que l’album ne laisse plus beaucoup de place à la lumière, il se veut moins épique, moins coloré que les précédents. Moins inspiré également par moments, comme si les musiciens ne parvenaient pas à toucher du doigt cette espèce de facilité qui rendait leurs productions magiques.

Un monde merveilleux, donc, ou tout s’effrite petit à petit. "Dreams" est censé être le morceau final qui marque les esprits, mais il n’y parvient pas tout à fait, la faute à des productions passées plus inspirées dans le domaine et aux morceaux qui le précèdent qui ne forment pas un tremplin suffisant pour le faire monter haut. "The Easy Road" est le dernier morceau à vraiment dégager quelque chose de fort, le reste demeure plus anecdotique quand le groupe ne se perd pas complètement ("I Won’t Mind" avec un Byron qui ne sait visiblement pas quoi faire de sa voix). D'ailleurs, "Wonderworld" est l'album du HEEP sur lequel Byron apparait le plus à contre-emploi et à la peine.

Bien que tout ne soit pas dramatiquement médiocre, la perte de l’inspiration se fait durement ressentir. Si "Sweet Freedom" – bien que décrié aujourd’hui – marquait le pas mais continuait à donner l’illusion que le potentiel était toujours bien présent, "Wonderworld" apparait comme un faux-pas de la part d’une formation qui nous avait bien plus habitués à tutoyer les sommets d’un point de vue créatif. Le fait qu’il soit varié, qu’il sonne de façon plus crue, plus Heavy, n’en fait pas systématiquement ni automatiquement un bon disque. Et pourtant on a envie d’y croire, parce que mine de rien, ça joue.

Dans le monde merveilleux de URIAH HEEP, les musiciens sont talentueux. Plutôt que de citer les évidences Hensley et Thain, penchons-nous un peu sur les cas de Lee Kerslake et de Mick Box. Kerslake, c’est un batteur qui ne paye pas de mine, avec son espèce de faux-air à la John Bonham. Il frappe souvent dur, mais il possède une variété de jeu qui profite grandement au groupe alors que Box, lui, est totalement mésestimé, effacé par l’écriture de Hensley qui focalise beaucoup de lumière et par les capacités vocales de Byron qui attire le reste des lights. Et pourtant, il soutient pas mal l’édifice. C’est sa prestation que l’on retiendra de "I Won’t Mind", son approche du Blues à la fois généreuse et tout en délicatesse.

Mais voilà, toutes les bonnes volontés ne suffisent pas à tirer l’ensemble vers le haut et URIAH HEEP va marquer le pas et rentrer dans une phase plus délicate. "Wonderworld" est souvent annoncé comme étant le disque qui marque la fin de l’âge d’or du groupe ; ce rôle pourrait finalement échoir à "Sweet Freedom", qui montrait déjà des signes de faiblesse tout en parvenant à maintenir l’illusion que tout se tient à défaut d’être parfait. "Wonderworld" ouvrirait plutôt une ère d’obscurité, où les îlots de lumière seront des petits paradis à préserver absolument ; le déclin peut vraiment être très laid par moments.

Enfin, dans ce monde merveilleux, certains évènements sont vraiment horribles, injustes. La carrière de Gary Thain avec le HEEP va prendre fin après une électrocution lors d’un concert. Déjà affaibli par ses excès, le bassiste va être écarté pour qu’il puisse se reposer, mais son retour ne donnera rien, il n’arrivera pas à rentrer dans les nouvelles compositions, l’aventure s’arrêtera là pour lui. Sa vie, elle, s’éteindra en décembre 1975. Il avait vingt-sept ans et il est très certainement celui qui n’est jamais cité quand le fameux Club des vingt-sept est évoqué. Aurait-il vécu plus longtemps si Bron n’avait pas usé à ce point les musiciens ? Personne ne peut le dire mais je reste persuadé que le producteur a sa part de responsabilité dans cette triste histoire. Un beau gâchis...

Morceaux incontournables : "Wonderworld", "Suicidal Man", "So Tired", "The Easy Road".

Note réelle : 2,5/5.

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   DAVID

 
   (2 chroniques)



- Mick Box (guitare)
- Ken Hensley (claviers)
- David Byron (chant)
- Gary Thain (basse)
- Lee Kerslake (batterie)


1. Wonderworld
2. Suicidal Man
3. The Shadows And The Wind
4. So Tired
5. The Easy Road
6. Something Or Nothing
7. I Won't Mind
8. We Got We
9. Dreams



             



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