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URIAH HEEP - Return To Fantasy (1975)
Par DARK BEAGLE le 15 Juillet 2023          Consultée 726 fois

Il y a une fin à tout. Et parfois, les histoires ne se finissent pas très bien. Pour Gary Thain, l’aventure avec URIAH HEEP prend fin officiellement un peu avant les sessions d’enregistrement de cet album. En réalité, quand il a été électrocuté sur scène lors d’un concert en 1974, il y avait peu d’espoir qu’il aille mieux, que sa consommation de drogues, bien trop importante pour sa santé, se réduise et conduise à du mieux. Cela n’a pas été facile pour Hensley et les autres de lui dire qu’il n’avait plus sa place au sein du groupe, mais les musiciens restants ont toutefois frappé fort en recrutant John Wetton, qui s’était fait connaître avec KING CRIMSON, excusez la référence. Et la nouvelle formation va rapidement accoucher d’un album, "Return To Fantasy".

Pour ma part, il ne va pas être facile d’être objectif avec celui-ci vu qu’il a été mon premier URIAH HEEP et qu’il m’a offert une voie royale pour découvrir le groupe, que j’ai vraiment adoré. La subjectivité risque donc d’être grandement de mise, peut-être au point de m’aveugler. Je précise, au cas où je suis surpris en train d’en faire des caisses.

La pochette attire déjà le regard. On ne comprend pas tout de suite ce que l’on voit, l’illustration n’est pas aussi évidente que cela. Puis la silhouette de la danseuse se dessine, gracieuse, devant ce qui ressemble à une nova. Et enfin, on remarque que le tutu qu’elle porte a quelque chose d’étrange et on commence à distinguer un oiseau, peut-être un phénix, qui se fond dedans. Plusieurs interprétations sont possibles, comme si le groupe était conscient qu’il revenait de loin et que ce disque pouvait être comparé à un nouveau départ pour eux, avec un nouveau bassiste très capable. Pourtant, peu de choses ont changé en interne, Gerry Bron agit toujours en dictateur dans l’ombre, Byron tutoie toujours la bouteille, Hensley gère toujours trop de choses même s’il continue à lâcher du lest et qu’il est très souvent accompagné par ses compagnons pour l’écriture des morceaux.

La musique tend ici vers quelque chose de plus joyeux, de moins écrasant que sur "Wonderworld". L’arrivée de Wetton semble avoir remotivé ou au moins reboosté l’équipe en place, qui livre une très bonne prestation dans son ensemble et qui retrouve un aspect plus versatile qui lui correspond assez bien, sans pour autant chercher à retrouver l’aspect épique des premières réalisations. Il n’y a pas de longue pièce ici, tout semble beaucoup plus calibré au niveau des durées, rendant le disque très digeste, facile à assimiler. On pourrait avancer qu’il œuvre dans un style plus commercial, ce n’est pas complètement faux, les emprunts à la Pop sont assez nombreux, les ballades sont bien présentes et plutôt sobres (à l’inverse de Byron. Ahahah… Putain, qu’est-ce qu’on se marre…).

Mais il y a ce titre d’ouverture, qui est là pour nous induire en erreur. Son nom est très bien trouvé, puisque le morceau évoque réellement un retour à la fantasy qui a été un terrain de jeu pour le combo durant la première moitié des années 70. Et franchement, découvrir URIAH HEEP avec cette chanson a quelque chose de fabuleux. Cela commence par une mélodie au clavier, étrange, un brin kitsch, mais qui s’emballe d’un coup et là le reste du groupe s’invite. Et quelle claque ! Surtout de la part d’un chanteur éblouissant, à la diction parfaite. C’est enlevé, c’est épique, ça transporte. Et franchement, ça vaut bien un "Bohemian Rhapsody" paru la même année. Ne vous inquiétez pas, le bruit sourd que vous avez entendu est juste Jeff Kanji qui vient de faire un AVC en lisant cette phrase. Il s’en remettra, il a l’habitude.

Le reste de l’album n’a pas le même aura que son title track, mais il ne se défend pas moins bien pour autant. Il se veut plus pétillant, à l’image de "Prima Donna", tandis que "Showdown" se veut bien plus chaloupé, en phase avec son époque. "Shady Lady" propose un versant bien plus Hard Rock et sec qui fonctionne particulièrement. L’approche est bien moins Heavy que sur les albums précédents, ce qui n’est pas forcément un mal, vu que Byron n’a pas la tessiture pour réellement s’imposer sur ce type de morceau. Là, il a un terrain de jeu qui lui convient plutôt bien et il livre une belle prestation, comme sur le Blues "Your Turn To Remember" qui fait oublier les errements de "I Won’t Mind" sur l’opus précédent.

Habituellement, le HEEP aime bien terminer ses albums par une longue pièce épique, pour la plus grande joie des auditeurs, mais cette fois-ci ce n’est pas le cas. Le groupe va plutôt prendre son temps, jouer sur la corde sensible et proposer deux ballades plutôt réussie, surtout "A Year Or A Day" qui est une petite pépite qui mériterait plus de reconnaissance. Globalement, le disque est assez calme, la fibre la plus Hard Rock est réellement réservée à la première moitié de cet essai, la formation joue avec les sons de son époque sur la seconde, se veut plus groovy, parfois un peu plus Pop, sautillant ou plus sensible. Il varie le propos et ce n’est pas un mal, il représente une bouffée d’air frais après un "Wonderworld" plus renfermé, presque anxiogène.

Cependant – il faut bien que l’objectivité ramène un peu sa fraise – cette diversité donne l’impression que le groupe court après un succès qui le fuit et qu’il allège sa formule pour retrouver le statut qui était le sien à l’époque de "The Magician’s Birthday" (et là, on parle de trois ans. Mais la cadence des sorties était telle à l’époque que cela pouvait représenter une éternité). Il y a également "Beautiful Dream" qui ne passe pas bien l’épreuve du temps, la surcharge de claviers de Hensley gâche le potentiel pourtant énorme de ce titre, qui renvoie pourtant à la grande époque. Et il convient de dire, pour être tout à fait honnête, que la chanson-titre aurait peut-être bien dû achever ce disque plutôt que de l’entamer car le reste fait plutôt pâle figure à côté, il n’y a pas cette aspect « wahou » qui se dégage de la même façon après. C’est bon, parfois très bon, mais il n’y a pas cette puissance, voire cette folie évocatrice qui rend "Return To Fantasy" aussi définitive.

Le cru de 1975 est très correct, même s’il développe parfois trop de parfums différents, ce qui peut le rendre complexe à l’oreille. Et pourtant, il est d’une simplicité et d’une accessibilité très étonnante, le groupe nous ayant habitué à être plus alambiqué que cela. En revanche, sa gaité affichée dissimule le fait que le torchon était en train de brûler entre David Byron et Ken Hensley et que cela allait avoir des répercussions terribles sur la suite de la carrière de URIAH HEEP. Tout n’est que question de temps, mais des moments difficiles attendent la formation au tournant. En attendant, "Return To Fantasy" n’est pas le plus grand disque que URIAH HEEP aura produit, mais il contient son lot de pépites, pour ne pas dire de classiques. À redécouvrir pour les retardataires !

Note réelle : 3,5/5.

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   (2 chroniques)



- David Byron (chant)
- Mick Box (guitare)
- Ken Hensley (claviers)
- John Wetton (basse)
- Lee Kerslake (batterie)


1. Return To Fantasy
2. Shady Lady
3. Devil’s Daughter
4. Beautiful Dream
5. Prima Donna
6. Your Turn To Remember
7. Show Down
8. Why Did You Go
9. A Year Or A Day



             



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