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HARD ROCK  |  STUDIO

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1988 Kingdom Come
1989 In Your Face
1991 Hands Of Time
1993 Bad Image
1995 Twilight Cruiser
1996 Live & Unplugged
1997 Master Seven
2000 Too
2003 Independent
2004 Perpetual
2006 Ain't Crying For The ...
2009 Magnified
2011 Rendered Waters
2013 Outlier
 

- Style : Led Zeppelin, Heart
- Membre : Msg, Scorpions, A New Revenge

KINGDOM COME - Twilight Cruiser (1995)
Par DARK BEAGLE le 25 Août 2020          Consultée 995 fois

Y a des disques qui sont très mal accueillis à leur sortie. Parfois c’est par les fans, qui ne se retrouvent pas dans la direction prise par leur groupe fétiche (et là les exemples sont nombreux, vous devez tous en avoir un ou deux en tête), soit c’est la presse qui boude l’album et qui va torcher une chronique vite fait sans donner un droit de réponse aux musiciens. De mémoire (mais passé un certain âge, elle devient quelque peu vacillante), ce fut le cas pour le "Twilight Cruiser" de KINGDOM COME. Un souvenir de chronique assassine parlant d’un disque qui n’est pas dans le coup avec toujours en filigrane cette histoire de clone de LED ZEPPELIN qui décidément colle à la peau de la formation de Lenny Wolf.

Et pourtant, en grattant un peu – il n’y a pas besoin de creuser loin, c’est assez flagrant en réalité – il n’est pas difficile de se rendre compte que Wolf semble s’être remis en question après un "Bad Image" qui n’apportait pas entière satisfaction tant il prenait à contre-pied ce qui avait été initié sur les trois premiers opus du combo, oubliant d’être aventureux et se perdant au milieu de claviers qui sonnaient trop années 80 pour permettre à l’ensemble d’avoir une chance de vieillir convenablement. Dès les trois premiers morceaux, le musicien arrive ici à capter notre attention, sans pour autant répondre aux sirènes des styles en vogue à cette époque.

Sur "Twilight Cruiser", KINGDOM COME propose un Hard Rock soigné, doux, parfois étrangement planant, qui sait également se faire violence quand les circonstances l’exigent, même si ce n’est pas le propos principal de cet album. Non, ce disque n’est pas le genre que nous sortons pour une écoute lambda, il demande une certaine concentration, parce qu’il dégage un certain nombre d’émotions assez fortes, qui finissent par prendre à la gorge. Ce n’est pas tant que le disque soit sombre ou désespéré, mais il ne laisse pas indifférent, il nous accompagne dans nos joies comme dans nos peines à travers un patchwork de sentiments liés, de couleurs diverses et variées, qui finissent par nous interpeller.

Wolf s’est donc remis sur de bons rails. Il livre là ce qui aurait dû être la suite logique de "Hands Of Time" qui déjà cherchait à provoquer ce genre de remous, à un degré moindre. Et ce disque s’avère flamboyant, intelligent et mesuré, mais en même temps spontané et sincère. "Always On The Run" nous prévient d’entrée de jeu : "Twilight Cruiser" n’est pas focalisé sur l’efficacité de riffs Hard, mais propose des séries de compositions bien construites, variées, où la paix la plus céleste peut se mettre en retrait pour laisser place à des passages plus froids, plus frondeurs.

Le plus bel exemple réside dans le title track, un morceau qui mérite sans l’ombre d’un doute l’appellation de chef d’œuvre. Il n’y a strictement rien à redire sur l’interprétation qu’en fait le groupe, avec ses guitares somptueuses doublées par un clavier juste et, pour l’époque, moderne. Et quand Lenny Wolf prend le micro, c’est pour le découvrir terriblement humain, à fleur de peau, pour ce qui est une de ses plus grandes prestations au sein de KINGDOM COME, rendant ce titre tout simplement incontournable. Et pourtant, point de violence, mais une mélodie forte, profonde, un solo à se damner et une voix à filer des frissons. Monstrueux.

Évidemment, d’autres passages sont clairement faits pour donner des touches d’explosivité, souvent de façon inattendues, et du coup assez réussies, à l’instar de "Hope Is On The Fire" ou encore "Can’t Put Out And Not Take Back". Là, point de détail, la formule devient la plus primaire possible et l’effet est immédiat : là où le disque risque de se caler dans une espèce de zone de confort pâteuse, il se retrouve subitement dynamisé et repart de plus belle, réveillant toute l’attention de l’auditeur. Les quelques cinquante et une minutes que durent l’album passent toutes seules et, cerise sur le gâteau, il se retient plutôt bien.

Quelques ballades viennent également agrémenter le programme, plus ou moins heureuses, chanceuses ou marquantes. Si "Janine" peut faire sourire avec son refrain un petit peu fait à l’emporte pièce, "Thank You All", jolie et plus intimiste, se laissera plus facilement apprivoiser. Inutile d’y voir une réponse au "Thank You" de LED ZEPPELIN, ne cherchons pas le diable là où il n’est pas. Des moments d’accalmie qui ne font pas baisser le régime de l’album, prévu à la cool de toute manière et qui n’a pas vocation à être intransigeant.

Ensuite, tout n’est pas forcément de qualité égale sur ce "Twilight Cruiser" et sil l’on se confronte à quelques pièces d’anthologie, d’autres vont s’avérer plus quelconques, moins accrocheuses. "I Don’t Care" par exemple, malgré de bonnes idées au démarrage, finit doucement par s’enliser dans une construction un peu étrange, qui manque de liant et globalement la fin de l’album marque un petit peu le coup même s’il n’y a rien de vraiment rédhibitoire. Mais voilà, après un démarrage canon, "Twilight Cruiser" ne parvient pas à garder son aspect très qualitatif tout du long et sans s’éteindre, va devenir bien plus commun, conventionnel.

Et il fallut pour KINGDOM COME que ce disque sorte à une époque de vaches maigres pour le Hard Rock traditionnel, malgré des moments intensément à fleur de peau qui auraient pu dégager une visibilité à la bande de Lenny Wolf dans le paysage musical de l’époque. Une pochette pas forcément en adéquation avec ce que représente le nom du groupe mais qui aurait très bien plus illustrer un single tiré du premier RAGE AGAINST THE MACHINE, boudé médiatiquement malgré de vraies qualités, "Twilight Cruiser" a été mis au placard pour n’avoir qu’une reconnaissance tardive, quand il aurait mérité mieux. Et malheureusement, il faut voir en cet opus le dernier coup d’éclat de Lenny Wolf avant un très long moment…

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- Lenny Wolf (chant, guitare)
- Markus Deml (guitare)
- Oliver Kiessner (guitare)
- Mirko Schaffer (basse)
- Kai Fricke (batterie)
- Bernd Fintzen (claviers)


1. Always On The Run
2. Law Of Emotions
3. Twilight Cruiser
4. Janine
5. Hope Is On Fire
6. Thank You All
7. Rather Be On My Own
8. Can't Put Out And Not Take Back
9. Cold Ground
10. I Don't Care
11. Gonna Change
12. Should Have Known



             



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