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HARD ROCK  |  STUDIO

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1988 Kingdom Come
1989 In Your Face
1991 Hands Of Time
1993 Bad Image
1995 Twilight Cruiser
1996 Live & Unplugged
1997 Master Seven
2000 Too
2003 Independent
2004 Perpetual
2006 Ain't Crying For The ...
2009 Magnified
2011 Rendered Waters
2013 Outlier
 

- Style : Led Zeppelin, Heart
- Membre : Msg, Scorpions, A New Revenge

KINGDOM COME - In Your Face (1989)
Par DARK BEAGLE le 19 Août 2018          Consultée 1224 fois

Voilà ce que l’on peut appeler un jeu de mots foireux. Avec une pochette qui laisse peu de place à l’équivoque en prime. Bref, sous leurs airs de garçons sages se cachent quand même une sacrée bande de petits polissons. Et je mâche mes mots. Bref, remplacez le « come » de KINGDOM COME par « cum » et vous obtiendrez quelque chose de euh… Délicieux… Dans la face. Les amis de la poésie en seront émus aux larmes. Les autres secoueront la tête de dépit parce que bon, c’est aussi raffiné que du Bigard si on regarde bien.

Passé ce petit moment de gêne, il faut bien convenir d’une chose. Les mecs de KINGDOM COME s’y entendaient bien en cette fin d’années 80 pour produire un Hard Rock de qualité. Alors que le genre s’essoufflait salement, la faute à un amoncellement de groupes qui se copiaient les uns les autres, en reprenant une formule facile, destinée à se retrouver en heavy rotation sur MTV (et, accessoirement, sonner le glas de bon nombre de formations qui ne survivront pas à l’avènement du Grunge quelques années plus tard). Il y a des exceptions bien sûr, comme SKID ROW, WINGER ou justement, KINGDOM COME. Des groupes qui avaient compris que copier obstinément son voisin de palier n’était pas l’idée du siècle, surtout au tournant d’une décennie. Mais revenons à KINGDOM COME…

Déjà, leur musique est bien moins inoffensive que ce que l’on veut bien croire. Certes, nous sommes face à un Hard Rock qui tend gentiment vers l’AOR par moments, mais il y a quelque chose qui se dégage de l’ensemble, une certaine maturité dans la composition, des riffs plus volontaires, plus francs, une rythmique qui ne fait pas semblant et qui ne se contente pas du strict minimum. Il y a du travail derrière chaque chanson, où les musiciens sont allés à chaque fois chercher des mélodies différentes, pour que chaque titre se détache des autres. Et le groupe semble avoir pris note des reproches faits suite au premier opus par la critique et certains auditeurs lambda et les réminiscences ZEPPELINiennes se font bien plus rares.

À dire vrai, on en trouve un peu sur le Bluesy "The Wind", où la voix de Lenny Wolf tend un peu vers celle de Robert Plant et que les guitares pourraient être de Jimmy Page, mais le morceau en lui-même est bon, sachant trouver sa personnalité quand il le faut. Quant au reste, ce n’est que du bonheur. "In Your Face", au-delà de la blague potache, porte assez mal son nom vu que le Hard Rock pratiqué par KINGDOM COME est plus marqué par l’élégance que la virulence, mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Et elle est bien présente, cette ivresse.

Ce disque est une petite merveille méconnue du monde du Metal. Après un premier album lumineux mais nimbé de son parfum de scandale, "In Your Face" passait plus inaperçu, au milieu des sorties diverses et variées de cette année 1989, mais elle brille par sa qualité. Les riffs sont variés, capables d’être très efficaces ("Do You Like It", lâché comme une bombe en introduction, "Highway 6"), on passe d’une ambiance à une autre, on trouve quelques accents Country qui passent bien car courts et bien intégrés à la musique ("Highway 6" encore). Derrière, ça joue bien, la section rythmique est bien en place et James Kottak, que l’on connaîtra surtout par la suite au sein de SCORPIONS, possède là un jeu intéressant, assez fin, qui n’oublie jamais le groove, ce qui sert bien évidemment les morceaux.

Mais ce qui fait la force de KINGDOM COME se situe surtout au niveau du chant. Lenny Wolf, c’est le genre de chanteur auquel on ne pense jamais quand on évoque les gloires passées des années 80 derrière le micro, mais cela est surtout dû au manque de couverture du groupe, passé le premier album. Il est plutôt remarquable dans son domaine, où il évolue avec assurance et feeling, aussi bien à l’aise sur les titres rentre-dedans que sur ceux qui ont une approche plus Bluesy ("The Wind" a déjà été évoqué, il faut aussi citer "Just Like A Wild Rose" qui se détache également bien dans ce domaine). Et comme de bien entendu, les refrains sont plutôt réussis et ils fonctionnent bien, comme celui de "Perfect ‘O’", tout en simplicité, mais se faisant parfois étrangement épique comme celui de "Stargazer", un des morceaux de bravoure de ce disque, qui achève les hostilités avec classe. Certains diront que de toute manière, RAINBOW a mis la barre tellement haut avec son "Stargazer" que n’importe qui voulant faire une chanson portant ce titre a intérêt à avoir un sacré talent de composition. Ce qui est le cas ici.

Et difficile de passer à côté de la ballade "Mean Dirty Joe", qui n’est absolument pas mielleuse et qui se veut même un brin inquiétante, dans sa façon d’être un peu traînante, sur son lit de guitare électrifiées juste ce qu’il faut. Tout est ici une question d’équilibre et il n’y a pas de superflu. Les synthétiseurs ne sont pas utilisés à outrance, ils sont parfaitement intégrés à la musique, en toute discrétion et apportent une justesse mélodique à l’ensemble, qui ne s’en porte que mieux. Et encore aujourd’hui, l’album s’écoute avec beaucoup de plaisir, gentiment daté, mais résistant bien aux agressions du temps.

Les amateurs de Hard Rock mélodique peuvent tranquillement se risquer sur ce disque, appréciable du début à la fin, sans temps morts. Le meilleur album de KINGDOM COME, après un premier opus polémique ? Très certainement, n’ayons pas peur des mots ou d’enfoncer des portes ouvertes (ce qui fait bien moins mal aux épaules, soit dit en passant). "In Your Face" mérite de sortir de son semi-anonymat et trouver une place de choix dans les classiques du Hard Rock des années 80. Rien que cela, oui. Ce ne serait que justice pour ce groupe qui aura été catalogué un peu trop vite comme un vulgaire ersatz de LED ZEPPELIN…

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   DARK BEAGLE

 
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- Lenny Wolf (chant, guitare)
- Danny Stag (guitare, chant)
- Rick Steier (guitare, claviers, chant)
- Johnny B. Frank (basse, claviers, chant)
- James Kottak (batterie)


1. Do You Like It
2. Who Do You Love
3. The Wind
4. Gotta Go (can't Wage A War)
5. Highway 6
6. Just Like A Wild Rose
7. Overrated
8. Mean Dirty Joe
9. Stargazer



             



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