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HARD ROCK  |  STUDIO

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1988 Kingdom Come
1989 In Your Face
1991 Hands Of Time
1993 Bad Image
1995 Twilight Cruiser
1996 Live & Unplugged
1997 Master Seven
2000 Too
2003 Independent
2004 Perpetual
2006 Ain't Crying For The ...
2009 Magnified
2011 Rendered Waters
2013 Outlier
 

- Style : Led Zeppelin, Heart
- Membre : Msg, Scorpions, A New Revenge

KINGDOM COME - Bad Image (1993)
Par DARK BEAGLE le 9 Juin 2020          Consultée 811 fois

Les années 90 avaient marqué un tournant dans la musique Metal en provenance des États Unis. Si le Thrash s’était peu à peu étiolé pour laisser place à PANTERA et son Groove Metal fédérateur, il n’a pas été le seul genre impacté lors de cette nouvelle décennie, qui a vu les héros d’hier devenir la risée du moment. C’en était fini des paillettes, la mode avait changé et le spandex laissait place aux chemises de bûcheron et aux jeans déchirés. Pour beaucoup, le coupable désigné était NIRVANA, mais le contexte d’une époque joue également beaucoup. Le Mur de Berlin puis le communisme russe se sont effondrés, le Golfe devenait une poudrière, la Yougoslavie se déchirait… La jeunesse ne pensait plus à s’amuser, the party is over, so get the fuck out comme le scandait Sebastian Bach sur "Slave To The Grind", SKID ROW ayant changé son fusil d’épaule avec intelligence (et opportunisme ?).

De ce fait, il fallait évoluer, s’adapter, ou disparaître. C’était l’époque ou POISON était montré d’un doigt moqueur et où toute la scène qui était définie sous le nom de Glam ou Hair Metal s’effondrait totalement. C’est également durant cette période que certains de ces combos ont su sortir quelques-uns de leurs albums les plus intéressants, complètement hors de leur zone de confiance ou de connivence. Il y a le "Revenge" de KISS qui voyait le groupe sonner Heavy comme rarement il le fut, MÖTLEY CRÜE qui balançait un opus éponyme qui cassait les codes de la bande à Nikki Sixx et offrait mine de rien un digne successeur à "Dr Feelgood". Puis il y a les formations qui n’ont pas su gérer correctement et qui ont sorti des fadaises incroyables. C’est le cas de KINGDOM COME qui va pécher par orgueil et s’enfoncer dans les limbes de la médiocrité sur "Bad Image".

La formation… KINGDOM COME ressemble de plus en plus à un projet solo de Lenny Wolf et ce depuis "Hands Of Time", l’opus précédent, qui présentait pourtant de très belles choses. Pour "Bad Image", Wolf donne l’impression de s’être enfermé dans une bulle dimensionnelle, coincée dans les années 80, ce qui était forcément l’erreur à ne pas faire. Pour caricaturer l’ensemble, on pourrait dire que Lenny a découvert "The Final Countdown" de EUROPE ainsi que "Toto IV" et qu’il s’est dit qu’il serait judicieux, en 1993, de sortir un album avec du clavier en veux-tu en voilà, avec des sonorités tout de même bien datées.

Évidemment, on ne lui demandait pas de se mettre au Grunge, ce qui aurait été une grossière erreur opportuniste et une perte totale de crédibilité si ç'avait été mal fait, mais là, il égratigne quand même pas mal l’image de KINGDOM COME qui sortait d’une série de trois très bons albums et qui représentait une très bonne relève de la scène Hard Rock US, avec EXTREME et WINGER. Pour "Bad Image", il n’y a même pas de pochette marquante, il faut se fier à la musique et entièrement à la musique. Et là, j’admets vous avoir un peu menti en parlant de limbes de médiocrité. Pris individuellement et surtout hors contexte, certains morceaux sont plutôt intéressants, voire plutôt bons. Mais c’est ensemble qu’ils ne fonctionnent pas et que l’album est désespérément plat.

Même si on l’écarte de son époque particulière pour le comparer à ses prédécesseurs, il y a de quoi tiquer. L’aspect Bluesy a complètement disparu et les expérimentations que l’on découvrait sur "Hands Of Time", qui plaisaient ou non, sont absentes. Lenny Wolf, seul maître à bord depuis l’opus précédent, commence à manquer de recul sur sa musique et se livre ici à une espèce de Hard Mélodique aux claviers prédominants et une guitare qui se montre plus discrète, plus en retrait, avec des soli moins enflammés. Puis surtout, Wolf chante d’une façon différente. Bien entendu, on se souviendra qu’on l’accusait de singer Robert Plant (et il est vrai que la ressemblance pouvait s’avérer frappante), mais là, il chevrote étrangement, et sa voix devient exaspérante passé les cinq premiers titres. Pardon, les six premiers vu que "Pardon The Difference (But I Like It)" est un instrumental.

Pourtant, "Passion Departed" et "Fake Believer" vont entretenir l’illusion, mais très rapidement les compositions sombrent vers quelque chose qui ne sonne absolument pas actuel. Certes, vous me direz que pour un mec qui aime les groupes qui font dans le Revival, ma crédibilité est faible, mais le problème n’est pas forcément que ça sonne années 80. Le problème réside dans tout ce qui est synthétiseurs. Lui, plus que tous les autres, il ne pardonne pas. Autant il peut sonner de belle façon, il subit réellement les ravages du temps et en 1993, ils sonnaient déjà datés pour cet album. Quand on s’attarde sur la mièvre "You’re The One" ou sur "Mad Queen", on est servi. Entre du vieux TOTO et du JOURNEY de pacotille.

Heureusement, que Lenny Wolf a toujours le chic pour sortir une ballade qui tue par album. Là, c’est "Friends" qui fait office d’oasis dans le désert et heureusement que ce morceau est là, il apporte un peu de sel à un ensemble fadasse au possible. Les quelques bons titres sont noyés dans la masse et peinent parfois à prouver leur valeur ("Outsider" mérite par exemple d’être écouté seul, en fin d’album, passé quarante minutes peu enthousiasmantes), mais "Friends" a le grand mérite de rester en mémoire et d’être franchement plaisante. Le côté fleur bleue du Beagle si vous voulez. Mais j’avoue que globalement, il s’agit bel et bien du morceau où je prends vraiment mon pied.

"Bad Image" est un album bien triste. Pas dans les thèmes, la composition, rien de tout cela, mais dans la déconstruction de tout ce qui a été fait, quasi systématique. Cela fait mal au cœur, quelque part, quand on a vraiment aimé les trois premiers albums. Ce n’est pas tant un sentiment de trahison, mais on sent que Lenny Wolf est bien seul (les musiciens ici sont clairement des employés, il n'y a pas d'esprit de groupe) et qu’il est franchement paumé, qu’il ne sait plus à quel saint se vouer. "Bad Image" va marquer la fin d’une époque et malheureusement, malgré des éclairs de génie, Wolf et KINGDOM COME ne se relèveront jamais vraiment. Et malheureusement, avec le potentiel qu’il y avait à la base, difficile de voir cela autrement que comme un énorme gâchis.

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   DARK BEAGLE

 
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- Kai Fricke (batterie)
- Heiko Radke-sieb (guitare)
- Billy Liesgang (guitare)
- Lenny Wolf (chant, guitare, basse)


1. Passion Departed
2. You're The One
3. Fake Believer
4. Friends
5. Mad Queen
6. Pardon The Difference (but I Like It)
7. Little Wild Thing
8. Can't Resist
9. Talked Too Much
10. Glove Of Stone
11. Outsider



             



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