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URIAH HEEP - Sea Of Light (1995)
Par DAVID le 19 Novembre 2008          Consultée 5583 fois

"Sea Of Light", grand retour d'URIAH HEEP qui, on s'en doute, passera inaperçu cette année là vu le contexte peu favorable à une résurrection des groupes de Classic Rock. Même UFO avec "Walk On Water" et DEEP PURPLE avec son "Purpendicular" l'année suivante n'obtiendront pas un succès fulgurant, malgré une presse unanime. À l'instar de MOTÖRHEAD, URIAH HEEP a pris l'habitude de changer de label à chaque album après les années Bronze. Les deux groupes se retrouveront signés chez SPV en 1995, label qui servait à l'époque de refuge pour toutes les vieilles gloires dont plus personne ne voulait. Là où MOTÖRHEAD trouvera ensuite la stabilité chez SPV jusqu'à aujourd'hui encore, dans le cas d'URIAH HEEP on ne peut pas dire que cette signature ait été concluante. Il faut dire aussi que leur musique dénote franchement par rapport au catalogue métallique de SPV, cela posera problème au label, ne sachant pas vraiment comment promouvoir le groupe. Et justement, SPV oblige, on retrouve dans l'équipe de "Sea Of Light" quelques noms bien connus comme le producteur Kalle Trapp qui avait déjà travaillé avec SAXON, et aussi le célèbre Piet Sielck, crédité pour l'enregistrement des claviers.

Dès le premier titre, "Against The Odds", on se rend compte qu'effectivement, la production est épaisse comme une saucisse de Francfort. C'est bien simple, les guitares de Mick Box sont vraiment placées en avant, jamais le HEEP n'avait été aussi puissant et heavy ! Mais, que l'on se rassure de suite, si le nom de Piet Sielck a de quoi faire fuir (normal quand on connaît le niveau zéro des albums d'IRON SAVIOR), URIAH HEEP ne s'est pas mis à sonner comme un groupe de Metal allemand lambda, il ne manquerait plus que ça !
Avec "Sea Of Light", URIAH HEEP s'éloigne pour de bon du son « FM » qui était le sien entre 1982 et 1991, tout en retrouvant une ambition artistique équivalente à "Abominog", voire même "Firefly". "Sea Of Light" est bien le seul album des années « post-Hensley » à pouvoir rivaliser avec les classiques. On passe à du gros heavy qui tâche, des titres comme on en n'attendait plus de la part du groupe avec "Against The Odds" tout d'abord, puissant, grosses guitares, quelques soli bien sentis (Mick Box est en forme !), claviers discrets avec en prime le grand retour des chœurs épiques. Ensuite, deux poids lourds qui deviendront très vite des classiques en live : "Time Of Revelation", gros riff à la BLACK SABBATH, refrain hyper accrocheur (le meilleur de leur carrière ?) et "Universal Wheels", très heavy également avec une belle intro (qui ne sera malheureusement jamais reprise en concert).

Les compos de Trevor Bolder sont à l'honneur avec des mid-tempi plus lourds, du gros Rock étonnamment inspiré, ils ont la gaule et ça s'entend ("Sweet Sugar", "Fires Of Hell"). URIAH HEEP n'avait pas été aussi créatif depuis belle lurette, on ne compte plus le nombre de ballades comme "Mistress Of All Time", "Love In Silence", toutes les deux superbes ou l'acoustique "Dream On", aux chœurs un peu trop mielleux sur le refrain pour être honnête. D'autres titres plus atypiques aussi s'éloignent des clichés « Classi Rock » comme "Fear Of Falling", plus moderne, très entraînant et rapide, guitares en avant, chanté par Trevor Bolder. Phil Lanzon n'a pas manqué d'inspiration non plus pour concocter des mélodies plutôt originales ("Logical Progression", "Spirit Of Freedom"), dans un style inclassable puisque qu'on retrouve aussi bien du Rock Mélodique, du Heavy, du Progressif ou du Hard Rock chez URIAH HEEP.

Il serait vain de vouloir comparer "Sea Of Light" aux albums des années Byron, qui eux aussi n'étaient pas toujours parfaits et contenaient leur lot de « fillers »... Le groupe a beau s'être modernisé avec "Sea Of Light", quelques chœurs « vieillots » trahissent leurs intentions ; on sent qu'ils ont pris de la bouteille, les chœurs suraigus d'autrefois sont bien loin. Pas sûr non plus que les amateurs de Heavy ou de Rock Progressif s'y retrouvent, Uriah Heep n'étant jamais parvenu à cibler un public uniforme. Toutefois, les reproches qu'on peut lui faire (une production « à l'allemande », quelques longueurs et des chœurs parfois un peu envahissants, tirant un peu trop sur la fibre émotionnelle – cf les refrains de "Spirit Of Freedom" ou "Dream On") sont vraiment minimes face à ses qualités. Cela donne le meilleur album d'URIAH HEEP – et de loin – avec Bernie Shaw.

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   (2 chroniques)



- Mick Box (guitare)
- Lee Kerslake (batterie)
- Trevor Bolder (basse)
- Bernie Shaw (chant)
- Phil Lanzon (claviers)


1. Against The Odds
2. Sweet Sugar
3. Time Of Revelation
4. Mistress Of All Time
5. Universal Wheels
6. Fear Of Falling
7. Spirit Of Freedom
8. Logical Progression
9. Love In Silence
10. Words In The Distance
11. Fires Of Hell
12. Dream On



             



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