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PROGRESSIVE POWER METAL  |  STUDIO

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KAMELOT - Epica (2003)
Par BAST le 19 Février 2003          Consultée 19546 fois

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Kamelot ne chôme pas. A raison d’un nouvel album ou presque chaque année, le groupe américano-norvégien se rappelle régulièrement à nos mémoires et revient donc cette année avec son sixième album studio, en près de douze ans de carrière et un premier album, Eternity, paru en 1996. Le groupe aurait de toute façon tort de se priver. Car après des débuts difficiles, on comprend aisément qu’il s’active du mieux qu’il peut à surfer sur la vaguelette du succès mise en branle après la sortie de Siège Perilous, son troisième album, paru en 1998. Une vaguelette qui, à force de travail, s’est peu à peu muée en déferlante puisque deux album plus tard, le groupe jouit désormais d’une excellente réputation au sein de la scène heavy.

Mieux, Kamelot ne se contente pas de capitaliser sur ses acquis mais mets tout en oeuvre pour progresser encore et encore. C’est en tout cas ce que l’on se dit en écoutant leur tout nouvel opus dans la mesure où l’on avait pu malgré tout sentir une légère stagnation entre The Fourth Legacy (2000) et Karma (2001). Pour leur nouvel opus, Kamelot prouve contre toute attente qu’il n’avait pas encore enclenché la cinquième puisque le groupe passe à la vitesse supérieure, en nous proposant un pavé de plus d’une heure articulé autour d’un concept ambitieux.

Kamelot s’éloigne plus encore de ses premières amours, abandonnant en effet ses récurrentes allusions au moyen-age pour se concentrer sur une tragédie philosophique majeure du 18 et 19ème siècle : le Faust de Goethe. Une idée qui trottait dans la tête de Thomas Youngblood depuis pas mal de temps déjà et que ce dernier se permet aujourd’hui de mettre en oeuvre, profitant du statut solide dont jouit Kamelot.

Faust est donc une tragédie philosophique, oeuvre de toute une vie. Goethe y décrit la recherche de son héros d’un sens à sa vie, d’un sens à la vie. Ce dernier va passer par des expériences successives qui s’apparenteront au final à une lutte entre le bien et le mal. Un thème il est vrai récurrent dans le monde du heavy metal, mais qui revêt une apparence d’absolu dans l’œuvre de Goethe. C’est donc un choix judicieux de la part de Kamelot qui, plutôt que de mettre au jour une histoire qui lui est propre et qui se garderait difficilement de certaines maladresses, se base sur une histoire éprouvée et qui véhicule peut-être LA symbolique de cet éternel combat entre le bien et le mal.

Le thème est donc ambitieux, mais la musique, puisque c’est finalement là l’essentiel, est-elle à la hauteur ? Une dizaine d’écoutes à peine et la conclusion s’impose : on tient là un excellent album, qui figurera aisément parmi les meilleures productions de heavy symphonique de l’année 2003.

La première chose qui frappe, c’est indéniablement la production. Sascha Paeth et Miro ont fait très fort. La réputation de ce duo n’est plus à faire, avec le travail titanesque opéré sur les albums de Rhapsody. Ils réitèrent l’exploit en mettant au jour un son hyper profond et riche. Mais là où ils parviennent encore à nous surprendre, c’est au niveau de leur capacité à orienter le son selon les titres. Heavy comme jamais Kamelot ne l’a été sur The Morning After et III Ways To Epica, avec ce mur de guitare surpuissant et cette basse en avant, symphonique sur The Edge Of Paradise ou les nombreux interludes, voire atmosphérique sur Helena’s Theme. La collaboration avec le duo allemand est un plus dont Kamelot aurait eu tort de se priver, tant le succès grandissant du groupe en est et en sera une conséquence.

Seconde constatation, le groupe n’a pas fait les choses à moitié. Un album plutôt long ( plus d’une heure ) pour une intro, onze titres et cinq interludes symphoniques. Ajoutez à cela une ribambelle de breaks et de passages sur lesquels le groupe a laissé libre court à son imagination, vous obtenez un condensé de mélodies qui recèle une richesse musicale impressionnante. Avec autant de titres, Kamelot a préféré simplifier ses morceaux. Comprenez par là que la complexité légendaire de la musique du groupe, plutôt que de caractériser les morceaux, s’étale dans la longueur. Les titres sont donc plus directs et ce sont les interludes et les enchaînements qui rendent cet album complexe.

Enfin, et c’est le troisième point marquant, on peut sentir une orientation speed mélodique sur cet album. Avec ce concept épique, Kamelot a fait le choix d’accélérer le tempo sur quelques titres. Le résultat permet une variation de style entre des titres où la double grosse est prééminente et d’autres plus progressifs. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on découvre un nouveau Kamelot, mais il est vrai que le groupe innove sur certains passages, se rapprochant d’ailleurs notablement de Rhapsody.

C’est surtout le cas sur les deux premiers titres de l’album. Center Of The Universe et Farewell sont deux hits en puissance. Speed, épiques, ils frappent par leurs refrains hauts en couleur. Seules les lignes vocales, avec un Khan au mieux de sa forme, sont restées assez alambiquées. A noter un break symphonique magnifique sur chaque titre. L’album commence très fort. Dans un registre encore plus symphonique, The Edge Of Paradise s’impose lui aussi comme un titre fort, avec ses chœurs d’opéra à la Carmina Burana. Il s’agit d’un titre plus dans une veine progressive avec une variation de tempo régulière. Il se dégage de ce titre une impression de chaos, avec ses changements d’ambiances souvent sombres, notamment sur son break symphonique assez original. Le son est très riche, avec une densité exemplaire qui nécessite pas mal d’écoutes pour être bien sondée.

Descent Of The Archangel est un titre plus typique de Kamelot, dans une veine speed-prog, avec notamment son intro arabisante. On peut y entendre quelques sons électroniques à la Luca Turilli. Le guitariste italien fait d’ailleurs une apparition remarquée sur le solo de guitare, grandiose. Khan est impérial sur ce titre, modulant sa voix comme il sait si bien le faire. A Feast For The Vain est un titre plutôt typé happy metal quant à lui. Un excellent refrain, des orchestrations toujours présentes et un break original basé sur la musique classique sont les moments forts de ce titre. Lost & Damned est un titre à la rythmique martiale. Le titre alterne passages doux et passages hargneux (le refrain). Le groupe y a même intégré de l’accordéon (tout comme Luca Turilli et Stratovarius sur leurs derniers albums). Helena’s Theme est un titre assez court où une voix féminine éthérée domine. Quelques orchestrations qui charrient un sentiment de décadence sur les magnifiques orchestrations, des sons féeriques, voilà un morceau encore une fois assez original.

Les deux derniers titres de l’album sont les plus heavy, les plus modernes, aussi, avec ce mur surpuissant de guitare. La production est grandiose, les refrains sont magnifiques et les musiciens font montre d’une maîtrise hallucinante. Kamelot n’a pas oublié les ballades, rassurez-vous. Wander est parfaitement réussie et On The Coldest Winter Night est très proche de Dream Theater, avec guitare acoustique, et un Khan au sommet de son art. Enfin, Snow est un titre bonus qui figure sur l’édition limitée. Il est plutôt réussi, mais n’apporte, il est vrai, plus grand-chose après cette succession de titres forts.

Les interludes sont symphoniques pour la plupart et apportent une richesse bienvenue à l’album. On sent d’ailleurs que le groupe s’est lâché sur certaines, expérimentant quelques idées peu habituelles sur un album de heavy.

Epica est donc un excellent album, emmené par des musiciens au talent exceptionnel. Pour ma part, il s’agit désormais de mon album préféré de Kamelot. Il recèle une telle richesse. Et ce sentiment de décadence presque théâtrale apporte une originalité et une fraîcheur qui montre que le heavy symphonique a encore de beaux jours devant lui. Tout comme Goethe dans son œuvre, Kamelot a donc fait triompher le bien et c’est tant mieux. Un album à ne surtout pas manquer.

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   (2 chroniques)



- Roy Khan (chant)
- Thomas Youngblood (guitare)
- Glenn Barry (basse)
- Casey Grillo (batterie)


1. Prologue
2. Center Of The Universe
3. Farewell
4. Interlude 1
5. Edge Of Paradise
6. Wander
7. Interlude 2
8. Descent Of The Archangel
9. Interlude 3
10. A Feast For The Vain
11. The Coldest Winter Night
12. Lost & Damned
13. Helena's Theme
14. Interlude 4
15. The Mourning After
16. 3 Ways To Epica



             



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