Recherche avancée       Liste groupes



      
NEO PROGRESSIF  |  E.P

L' auteur
Acheter Cet E.P
 


 

1983 Forgotten Songs (early D...
  Script For A Jester's...
  The Recital Of The Scrip...
1984 Fugazi
  Real To Reel
1985 Misplaced Childhood
1986 Brief Encounter
1987 Live From Loreley
  Clutching At Straws
1988 B'sides Themselves
  The Thieving Magpies
1989 Seasons End
1991 Holidays In Eden
1994 Brave
1995 Afraid Of Sunlight
1997 This Strange Engine
1998 Radiation
1999 Marillion.com
2001 Anoraknophobia
2004 Marbles On The Road
  Marbles
2007 Somewhere Else
2008 Happiness Is The Road
2012 Sounds That Can't Be ...
2013 Radiation 2013
2016 F.e.a.r. (fuck Everyo...
2017 Living In F E A R (singl...
 

- Style : Maschine, Genesis, Pendragon, Pallas
- Style + Membre : Arena
 

 Site Officiel (682)
 Myspace (282)
 Chaîne Youtube (284)

MARILLION - Market Square Heroes (1982)
Par JEFF KANJI le 23 Septembre 2018          Consultée 750 fois

On ne le dira jamais assez, mais le Punk a sauvé le Metal d'une manière générale. Cette ruée dans les brancards d'un genre qui après une expansion folle commençait déjà à montrer ses signes de décadence incarnés par le Glam Rock sucré aux looks bonbon improbables et destiné à séduire les minettes (dont SWEET ou Gary GLITTER sont les têtes de gondole) et le Rock Progressif et ses émules d'école classique et Jazz s'adonnant à des improvisations interminables, d'une musicalité parfois discutable, proposant une musique de plus en plus difficile d'accès, bien loin de l'expressivité viscérale du Hard des origines et qui puisait sa raison de vivre dans le Blues. EMERSON LAKE & PALMER est le parfait représentant de cette seconde mouvance. Ce que l'on oublie souvent et à tort, c'est que le manque de maîtrise instrumentale des SEX PISTOLS n'était pas l'une des raisons d'être du Punk, et que contrairement à une idée répandue, il n'est pas né des classes populaires et ouvrières qui en constitueront pourtant la masse, et que des Glen Matlock, Dave Vanian ou Mick Jones avaient davantage en commun avec les Mods qu'avec les Rockers.

Ainsi, à une époque où le climat socio-économique de l'Angleterre se tend, le Punk explose, et sa branche désabusée, qu'on a appelé Post Punk à ses prémices, la New Wave, prennent le relais. Il paraît alors incroyable qu'une nouvelle mouvance, issue du Progressif émerge… Et pourtant, une nouvelle fois les Britanniques vont confirmer leur capacité à renouveler les musiques en embrassant la nouvelle décennie qui se présente ; les synthés plutôt que les mellotrons et orgues Hammond, les soli épiques et sentis préférés aux longues séances d'improvisation, et des textes moins abscons, davantage tournés vers une expression plus introspective, même si elle peut rester imagée, elle s'éloigne ostensiblement des élans naturalistes d'un Jon Anderson par exemple. L'onirisme et l'évasion sont largement encouragés, dopés par une société qui déprime les jeunes Mick Pointer et Doug Irvine, bientôt rejoints via une annonce par Steve Rothery (qui débarque du South Yorkshire pour rejoindre le groupe à Aylesbury), vont être au cœur des premiers écrits de Derek Dicks et Diz Minnit qui vont une fois combinés aux idées de composition du trio et du clavier Brian Jelliman donner son essence à SILMARILLION, bientôt renommé MARILLION.

Le groupe est très soucieux de proposer une musique pertinente et construite, suivant une démarche qui par certains aspects rappellera les travaux précurseurs de The ENID, de GENESIS et de CAMEL, mais aussi sensible aux ouvertures qu'a pu proposer RUSH avec son Prog très construit et efficace à partir de "2112". Ainsi, en développant son discours, un nouveau courant naît avec MARILLION : le Neo Progressif, qu'il va mener au sommet de sa popularité avec "Fugazi" et "Misplaced Childhood" quelques années plus tard, en même temps que les PENDRAGON, IQ, PALLAS et autres SOLSTICE prospèreront. Dans sa quête artistique et professionnelle, le groupe ne va pas hésiter à viser de plus en plus haut, quitte à se séparer de certains membres, entraînant les arrivées décisives des plus expérimentés Mark Kelly aux claviers (qui aura l'occasion de montrer très vite ses aptitudes de compositeur en co-signant "Three Boats Down From The Candy") et Pete Trewavas à la basse, dont le perfectionnisme maladif va contribuer à tirer la formation vers le haut. Le groupe a été fondé fin '79, nous sommes début '82, il faut maintenant passer la seconde et MARILLION est déterminé à ce que ses cinq membres passent musiciens professionnels.

Repéré par EMI, suite à une session au Tommy Vance Friday Rock Show (où furent jouées des premières versions de "The Web", "Three Boats From The Candy" et "Forgotten Sons"), le groupe s'enferme avec le producteur du "Foxtrot" de GENESIS, avant d'en changer par deux fois. Entre temps, le groupe aura composé "Market Square Heroes", espérant attirer l'attention des radios avec une mélodie simple et efficace. Il est aussi confronté à un problème de taille qui porte le nom de "Grendel". Le groupe sait qu'on lui reproche, à travers sa connexion avec David Hitchcock, sa dernière partie asymétrique, ainsi que le timbre et l'interprétation habitée de Fish proche de ce que proposait Peter Gabriel, donc une trop envahissante influence de GENESIS, et en particulier de sa pièce à tiroirs "Supper's Ready". "Grendel" fait partie des classiques pour les fans, et elle existait sous une autre forme dès les débuts sous le titre "The Tower". Ses dix-sept minutes (dix-neuf pour la version enregistrée aux Fair Deal Studios proposée sur la réédition de "Script For A Jester's Tear") sont ultra passionnantes et démontrent tout le talent d'interprétation de ses membres, en particulier de Steve Rothery, et de Fish, qui en se positionnant du côté de la créature et non de Beowulf, propose une introspection des plus intéressantes, complètement représentative du courant Neo Prog. Cette pièce, si elle était sortie sur le premier album des Anglais, aurait presque occupé toute une face, et sans aucun doute capté toute l'attention tant ce classique reste à ce jour l'une des plus belles compositions de MARILLION.

Ainsi, pour avoir le temps de peaufiner ses compositions et délivrer un premier enregistrement d'importance au public et à EMI, "Grendel" occupera la face B du maxi "Market Square Heroes", lui-même complété sur sa face A par "Three Boats Down From The Candy" et son texte à caractère sexuel, et ses interventions de clavier régulières qui répondent au chant théâtral de Fish. Cet EP n'a jamais été réédité et ses titres sont disséminés sur les compilations que sortira le groupe dans les années suivantes, en particulier "B'Sides Themselves" qui permettra de retrouver la version de "Grendel" utilisée sur le "Market Square Heroes" de 1982, la réédition remasterisée de "Script For A Jester's Tear" pour "Three Boats Down From The Candy", et le coffret "Singles '82-'88' qui contiendra "Market Square Heroes" avec ses paroles originales. Et c'est la version présente sur la réédition du premier album, Fish avait du modifier le mot "Antichrist" pour "Battle priest" histoire de ne pas choquer les gens, elle est depuis connue sous le nom de "Battle Priest version". Un début de carrière des plus prometteurs pour une formation qui n'a pas fini de nous surprendre.

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par JEFF KANJI :


Steven WILSON
Hand. Cannot. Erase. (2015)
Steven fait sa synthèse : la leçon de Prog




Steven WILSON
To The Bone (2017)
Le "So" de la décennie


Marquez et partagez




 
   JEFF KANJI

 
  N/A



- Peter Trewavas (basse)
- Steve Rothery (guitare)
- Derek Dicks Aka 'fish' (chant)
- Mark Kelly (claviers)
- Mick Pointer (batterie)


1. Market Square Heroes
2. Three Boats Down From The Candy
3. Grendel



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod