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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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MARILLION - Afraid Of Sunlight (1995)
Par DARK BEAGLE le 9 Décembre 2022          Consultée 930 fois

Il n’est pas évident de se renouveler d’album en album et la tâche semble encore plus compliquée quand le précédent opus est considéré de façon quasi unanime comme étant un chef d’œuvre. Alors sortir son nouveau disque à peine un an après, cela peut ressembler à un suicide commercial en 1995. C’est pourtant ce que va faire MARILLION, auréolé de gloire après un "Brave" excellent qui n’avait pas à rougir de la comparaison avec la période FISH et qui allait grandement contribuer à établir Hogarth auprès des fans qui pouvaient encore être récalcitrants à son égard (et encore aujourd’hui, pour certains, MARILLION, c’est avec FISH, un point c’est tout). Cependant, il ne faut pas s’attendre à des miracles avec "Afraid Of Sunlight" même si cet album tend à être grandement réhabilité aujourd’hui.

Déjà, le torchon brûle entre le groupe et sa maison de disques, EMI, qui ne fait plus de MARILLION une priorité. Les temps changent, le Prog' n’est plus forcément à la mode (ce qui n’est que cyclique, il va revenir en force quelques années plus tard comme si de rien n’était). Les options ? Sonner plus Metal pour rallier les fans de DREAM THEATER ou au contraire, se la jouer plus cool pour plaire à un public plus large. C’est de ce côté-là que va tendre la formation de Steve Rothery, qui va simplifier son jeu, rendre sa musique plus accessible sans pour autant se défaire de certains gimmicks typiquement Prog'. Il en résulte donc un album trop soft pour les amateurs du groupe et trop complexe pour ceux qui ne jurent que par la Pop.

Ensuite, "Afraid Of Sunlight" est une nouvelle fois un concept album. Cependant, ici nous ne suivons pas une histoire écrite, pensée et adaptée pour former un tout, mais il va couvrir un sujet global, la Mort, à travers plusieurs saynètes qui vont évoquer par exemple Elvis Presley ou encore James Dean par le prisme d’un goût pour l’autodestruction ou pour l’extrême, quand il ne s’agit tout simplement pas de meurtre. Là encore, le groupe semble avoir du mal à se situer artistiquement : Est-ce un sujet pour rassurer les fans ou une volonté d’imposer de la noirceur dans l’univers de la Pop, qui n'en manque pas forcément ?

Quoiqu’il en soit, la première écoute de ce disque s’avère plutôt décevante. L’ensemble a du mal à décoller, le tout ne fait ressentir qu’une platitude que l’on n’attend pas d’un groupe comme MARILLION. En rester là, c’est partir avec un sentiment d’abandon, comme lorsque l’on revoie un ancien pote perdu de vue et que l’on se rend compte qu’il a fait sa petite vie sans nous et que les atomes crochus se sont tout simplement évaporés. En revanche, pousser un peu plus l’écoute va s’avérer fructueux.

Alors avant d’évoquer une quelconque réhabilitation, je vais poser mon avis directement : "Afraid Of Sunlight" est un album correct pour une formation qui souvent tape dans l’exceptionnel. Et que, forcément, c’est un peu décevant. Compte tenu d’un contexte un peu délicat, les Anglais ont toutefois grandement limité les dégâts tout en prenant quelques risques. Peut-être pas de quoi se taper le cul par terre, mais il y a de très bonnes choses sur ce disque, qui auraient tout de même mérité un meilleur traitement par moments. De ce point de vue, l’album se rapproche pas mal dans l’idée de "Holidays In Eden".

Le disque démarre plutôt bien avec un "Gazpacho" qui tient bien son rang mais qui se voit desservi par la batterie de Mosley pour le moins… passéiste. Elle reprend la réverb’ infâme des années 80 avec des patterns pour le moins convenus. Le constat est le même pour le plus énergique "Cannibal Surf Babe", qui lorgne du côté des BEACH BOYS. Ce morceau connaît une version différente en bonus sur certaines rééditions, avec un son de batterie plus naturel, plus acoustique et le résultat est bien plus probant.

Puis les titres s’enlisent doucement, ils deviennent affreusement mous et il convient d’attendre "Out Of This World" pour connaître un sursaut de la part de MARILLION. "Afraid Of Sunlight" collectionne les morceaux qui semblent entamer des montées en puissance qui restent stériles, qui n’aboutissent à rien de probant, qui restent tout simplement plats. "Out Of This World" sonne la rébellion, provoque les remous nécessaires pour tirer MARILLION vers le haut, jusqu’à un "King" impérial, tout simplement brillant. Et toujours cette dualité entre les velléités Pop et les racines Neo Prog', lesquelles se disent merde plus souvent qu’elles ne s’allient, qu’elles forment un tout stable et pertinent.

S’il faut attendre "King" pour retrouver le MARILLION audacieux que l’on connaît et que l’on apprécie, le groupe sait toutefois se montrer à la hauteur à divers moments, notamment dans la seconde moitié de l’album, conduit par un Steve Hogarth intouchable, qui porte littéralement le disque sur ses épaules. Le chanteur dit souvent que "Afraid Of Sunlight" est son album de MARILLION préféré et si on souhaite lui conférer une quelconque prétention, il peut en effet être très fier de son travail, même si personnellement je resterai toujours plus fan de l’émotion qu’il délivrera sur l’opus suivant. Mais globalement, c’est lui qui apporte la sève dont cet essai a besoin quand les musiciens peinent souvent à monter en puissance.

"Afraid Of Sunlight" a beau être souvent réhabilité de nos jours, je pense au contraire qu’il est surestimé, dû à l’aura si particulière du groupe britannique qui possède, à l’instar de RUSH, une discographie très qualitative. Ici, nous avons plutôt l’impression d’avoir à faire à une formation qui a clairement le cul entre deux chaises, incapable de choisir une voie claire quant à sa direction artistique. Il y a un potentiel certain sur ce disque, mais il n’est clairement pas exploité, ce qui se traduit par quelques morceaux vides de relief, trop peu consistants pour vraiment briller. "This Strange Engine" sera bien plus intéressant car MARILLION prendra un véritable parti-pris, ce qui n’est vraiment pas le cas ici. Mais la formation s’en tire globalement grâce à une seconde moitié qui relève le niveau.

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- Steve Hogarth (chant)
- Steve Rothery (guitare)
- Pete Trewavas (basse)
- Ian Mosley (batterie)
- Mark Kelly (claviers)


1. Gazpacho
2. Cannibal Surf Babe
3. Beautiful
4. Afraid Of Sunrise
5. Out Of This World
6. Afraid Of Sunlight
7. Beyond You
8. King



             



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