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URIAH HEEP - Salisbury (1971)
Par DARK SCHNEIDER le 15 Mars 2019          Consultée 220 fois

C’est un URIAH HEEP conquérant que semble nous annoncer la pochette de ce second album. Aussi bon fut le premier effort "Very 'Eavy Very 'Umble", on ne peut pas dire que l’effroi suscité par sa pochette était à l’avenant du contenu musical, éloigné de tout frisson occulte. Quand l’on sait également que le groupe fut largement moqué par la critique, qui crut y voir un sous-DEEP PURPLE, on peut alors comprendre cet aspect revanchard. Et heureusement, URIAH HEEP ne mentira pas : "Salisbury" s’imposera comme un album majeur, imposant, et incroyablement subtil derrière l’aspect massif de ce char d’assaut. D’ailleurs, pourquoi ce tank ? tout simplement parceque "Salisbury" est le nom d’une plaine anglaise célèbre pour son camp militaire.

Entre le premier album et celui-ci, il y a presque un fossé. Ken Hensley a désormais pris l’ascendant sur le groupe, il s’impose en leader (limite dictateur d’ailleurs) et cela ce confirme au vu des crédits de l’album. L’organiste est devenu en moins d’un an le principal compositeur du groupe. Sa mainmise est totale : il ira jusqu'à endosser le rôle de chanteur lead sur deux titres, "Lady In Black" et "High Priestess", reléguant David Byron au rang de choriste. Et si l’on s’interrogera de ce choix pour "High Priestess" (seul titre un peu en-dessous du lot sur lequel Byron aurait sans doute fait mieux), on ne peut qu’être en admiration au vu de sa délicate interprétation de "Lady In Black". Ce morceau est d’ailleurs une véritable merveille : titre Folk à la base, soutenu par une rythmique électrifiée, d’une simplicité redoutable, porté par une mélodie inoubliable et des chœurs hypnotisants… Pas besoin de s’adonner au plaisir de la marijuana pour planer, ce titre fera aussi bien l’affaire. Tout y est génial dedans : il deviendra dès lors un classique incontournable, un tube en Allemagne, et l’objet de nombreuses reprises.

Rien que pour "Lady In Black" on serait prêt à lâcher la note maximale à Salisbury, mais en plus le reste est largement au niveau. Le très Heavy et Baroque "Bird Of Prey", qui marquera à la fois Blackie Lawless et King Diamond (ce dernier n’aura de cesse d’imiter, sans jamais les égaler, les aigus de David Byron), impose le groupe comme un des fers de lance du Heavy 70s, dans l’ombre certes des trois monstres du Rock que l’Histoire adoubera. Il est vrai qu’URIAH HEEP ne dégagera pas tout à fait la même aura, la faute à des musiciens moins charismatiques, un jeu de scène moins impressionnant, et un son plus classique. Mais le théâtral "Bird Of Prey" prouve à lui seul que le HEEP n’a rien à envier en termes de richesse musicale. QUEEN saura s’en servir avec allégresse. Le très groovy "Time To Live", un Rock mid-tempo au rythme bondissant, laissant un peu plus de place à Mick Box pour s’exprimer, confirme que ces gars-là ont le Rock dans la peau. Oui, car on aurait pu en douter quand "The Park" succède à "Bird Of Prey" : le contraste est saisissant ! "The Park" est un titre d’une douceur extrême, caressant nos oreilles avec ses sonorités d’harmonium, ses arpèges de guitare discrets, et la voix toute en délicatesse et sensibilité de David Byron. La partie instrumentale en questions/réponses est passionnante. En peu de titres, URIAH HEEP déploie une palette d’émotions incroyables, témoignant d’une diversité et d’une variété qui habitent le groupe. Une démarche plutôt courante à l’époque, mais en tout cas bien plus que le trio bien connu.

Rien que pour ces morceaux classiques, ce second album mérite des éloges. Mais comment ne pas évoquer son formidable title-track ? qui plus que nous confirmer cet état de fait, transcende l’ensemble du disque. URIAH HEEP se frotte à l’exercice ardu qui consiste à créer une pièce majestueuse de plus de seize minutes, mélangeant dans une symbiose parfaite musique Rock et musique Orchestrale. L’exercice n’est pas inédit, mais n’a sans doute jamais été aussi accompli et réussi, largement supérieur au "April" de DEEP PURPLE par exemple. L’ensemble est incontestablement pompeux, les cuivres emphatiques nous plongent dès l’intro du morceau dans une ambiance de Péplum hollywoodien. On pourrait alors craindre que "Salisbury" en fasse trop en sombrant dans une lourdeur symphonique indigeste, mais non, le HEEP évite cet écueil. Et ce grâce à la versatilité du titre, de la douceur de certains passages, de la beauté mélancolique du chant de Byron (qui signe sans doute là ses toutes meilleures lignes vocales) ou même du solo de guitare de Mick Box, bourré de wah wah comme d’habitude, très ancré dans son époque mais qui évite toute incongruité. Chaque musicien y trouve son compte, le bassiste Newton étant tout comme les autres largement mis en première ligne. Certains sauront se rendre compte de la puissance de ce morceau, il sera en effet utilisé deux ans plus tard (certainement en toute illégalité) comme bande sonore de la fresque épique Hongkongaise "The Water Margin", en en faisant d’ailleurs l’atout principal de ce film qui est loin d’être la meilleure réussite de son réalisateur Chang Cheh.

"Salisbury" est vraiment à considérer comme un de ces chefs d’œuvres des années 70, décennie dont chacun sait à quel point elle vit éclore des albums tous plus créatifs les uns que les autres. Il fait partie de ces disques qui ont hissé ce niveau de création à un stade supérieur.

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   (3 chroniques)



- David Byron (chant)
- Mick Box (guitare)
- Ken Hensley (claviers)
- Keith Baker (batterie)
- Paul Newton (basse)


1. Bird Of Prey
2. The Park
3. Time To Live
4. Lady In Black
5. High Priestess
6. Salisbury



             



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