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TESTAMENT - Dark Roots Of Earth (2012)
Par CANARD WC le 24 Septembre 2012          Consultée 10029 fois

Metalliquement parlant, les années 2000 sont contradictoires, insaisissables et superflues. Les groupes qu’on pensait éternels se sont écrasés comme de grosses merdes sur le macadam de nos illusions (ça ne veut rien dire, mais c’est beau ce que j’écris, non laissez-moi je suis un poète). La « relève » en Néo-core quelque chose fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose et le reste n’est que courant d’airs à la sauce au vent.

Pourtant.

A chaque fois où nous avons envisagé de rendre notre tablier, il y a toujours eu un sursaut, un album, un groupe qui a réussi à nous maintenir la tête au-dessus de ces eaux territoriales moribondes. Je vous en donne quelques-uns à moi : SYSTEM OF A DOWN, MASTODON, AVENGELD, DAR.

Observer cette dégénérescence sur le Thrash a été quelque chose d’éprouvant et déprimant pour un Canard comme moi. Mais progressivement, au fil du temps, cette lente agonie a pris des allures de mutation et le Thrash des 2000 - quoique j’en dise - continue de résister à l’envahisseur. Chacun à sa façon. Du Big Four, c’est le plus indigent des quatre – ANTHRAX – qui fait office de locomotive à vapeurs. Les vieux allemands (citons SODOM et KREATOR), sur lesquels on n’aurait pas parié un kopeck dans les années 80, tiennent mieux que tout le monde le vaisseau à flots et la D2 US (DEATH ANGEL ou OVERKILL par exemple) qu’on écoutait entre deux albums de SLAYERICA s’avèrent plus intéressants que leurs illustres mentors. Bref, à chaque fois que j’envisage la démission dans un bain de sang, il y a TOUJOURS un album pour me raccrocher aux wagons, me surprendre suffisamment et espérer très fort en serrant mes petites palmes crispées. Alors je trouve encore un peu de force pour vous raconter des conneries et pondre une chronique aussi enthousiaste que rance.

Rien que là, en moins d’un an : ANTHRAX a défoncé, GAME OVER et GODSLAVE m’ont redonné espoir, OVERKILL n’a pas déçu, KREATOR m’a tué et là, le TESTAMENT nouveau est arrivé. Alors je commence à croire pour de bon à un sursaut post mortem du Thrash, je rêvasse bêtement d’un monde meilleur fait de riffs sans concession, un monde fait d’invectives sanguinaires et de double pédale qui tabasse.

Parce que – typiquement – TESTAMENT, a priori, y a rien à signaler. Un grand groupe secondaire, discographie correct avec deux / trois très bons albums (que je vous cite pour éviter toute ambiguïté : "The Legacy", "Low" et "The Gathering"), dans la lignée du METALLICA de la grande époque en moins bien. Forcément. TESTAMENT est d’ailleurs ce groupe qu’on a écouté après "Master..." et en attendant "South Of Heaven". Faute de grives, on mange de merles ou presque. Soit un bon groupe, mais de la D2 pure qui n’a pas à rougir, mais pas de quoi trop se la péter non plus. TESTAMENT avait réussi son coup en 1999 avec "The Gathering" (merci à Dave Lombardo au passage), puis un peu comme tout le monde avait « REVIVAL-ait » avec un bon Live, puis un "Formation Of Damnation" très correct mais sans plus.

Quatre longues années plus tard, TESTAMENT remet ça et la plèbe des thrasheurs va écouter la chose poliment car 25 ans de carrière et 10 albums imposent voyez-vous une certaine chape de respect qui n’est pas sans rappeler le silence des cathédrales, un peu comme la fois où je suis allé visiter la Basilique Saint-Pierre, j’avais mis mon beau T-Shirt de KREATOR (avec marqué dans le dos "Enemy of God") et j’envisageais très sérieusement de pousser toutes sortes de cris dans son enceinte. Sauf que l’édifice m’a cloué au sol, l’intensité majestueuse du lieu m’a cloué le bec, puis j’ai remis poliment mon sweat par-dessus mon T-Shirt en me sentant plus petit con que jamais. Précisément ce que j’ai un peu ressenti avec ce nouveau TESTAMENT selon Saint Canard (ah ah c’est fou ce que je suis drôle) qui tue la putain de sa race comme le diraient certains jeunes de banlieues sans avenir, au point même que je vous ai accolé une note suffisante pour en faire une Sélection du site en bonnet difforme (ah ah combo de blague pourrie) et je saute une ligne histoire de vous laisser un peu de temps pour prendre un cachet de Doliprane.

Saut de ligne – hop hop.

Ce qui va bien dans cette histoire de sombres racines de la terre, c’est que TESTAMENT a la forme et ça se sent dès son "Rise Up" qui déboule en fanfare. Du Thrash solide, bien foutu et qui, à lui seul, renvoie à la niche les derniers albums de METALLICA et de SLAYER, ce qui est assez cocasse quand on sait les rapports de force qui animent ces différents protagonistes. L’élève enculent les deux maîtres, à couilles rabattues et sans vaseline. On imagine de fait très bien James HETFIELD se faire mettre par les mecs de TESTAMENT et vous repenserez à cela la prochaine fois que Chuck BILLY hurlera son « When I say rise up / You say war / When I say rise up / You say War! ».

Puis, la suite s’ensuit et ça défouraille tout autant. Les compos sont bonnes, les riffs vous tombent sur le coin du crâne et les solos sont brillants (@ SHOLNICK : Salut Alex, peux tu envoyer tes démos au petit Kirk HAMET qui s’est perdu dans le Big Four même que ses parents sont attendus à l’accueil ?). Si vous doutez de ce que je vous raconte, direction "True American Hate" : dans la pure tradition du Thrash qui fait des œillades au Death Old School. TESTAMENT réussit là où tant de fois il s’est planté. Les couplets sont impitoyables, sur fond de double pédale en écho, le solo qui crucifie les derniers résistants : presque-parfait-du-plus-que-Thrash. Groggy, on accueillerait presque "Cold Embrace" comme une sucrerie, une fausse ballade avec arpèges, mélodie qui s’éternise et l’orage qui gronde au loin. TESTAMENT flirte avec l’émotion, tisse sa toile et prend son temps dans ce registre inhabituel pour lui. Sept minutes de calme, de paix dans cet océan de furie, le pivot de l’album. TESTAMENT a déjà fait l’essentiel au deux tiers de l’album. On peut alors se repaître de "Man Kills Mankind" - sur efficace – puis vibrer sur "Throne", leur quasi "Seasons In The Abyss" à eux. Seule faute de goût : ce "Last Stand" au riff pénible, une première erreur sur ce dernier titre (KREATOR a su se retirer sur "Until Our Paths Cross again" sur "Phantom Antichrist" par exemple). Donc on ne leur en voudra pas, même si c’est foutrement dommage.

Bref en 2012, TESTAMENT est irrésistible et livre l’un de leurs meilleurs albums.
Tout simplement.

Note : 4/5 (bien tassé et mérité).

Morceaux préférés : "True American Hate", "Cold Embrace", "Man Kills Mankind".
Morceau moins bon (oui, un seul) : "Last Stand".


Un mot sur les reprises : Au cas où ce Thrash aussi roboratif que réussi ne vous aurait pas suffi, il est à noter l’édition spéciale de l’album qui comprend trois reprises (QUEEN, SCORPIONS et IRON MAIDEN) et une version « extended » de "Throne of Thorns" (sans intérêt). Du classique de chez classique, assez éloigné du registre de TESTAMENT, le tout repris à la mode de Thrash de chez nous qui sait planter des clous là où ça fait mal. Seul "Powerslave" tire selon moi son épingle du jeu : le groupe arrive à marcher dans le sillage d’IRON MAIDEN, en moins épique mais dans un registre plus fataliste assez intéressant. Une vraie bonne reprise.

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   (3 chroniques)



- Chuck Billy (chant)
- Alex Skolnick (guitare)
- Eric Peterson (guitare)
- Greg Christian (basse)
- Gene Hoglan (batterie)


1. Rise Up
2. Native Blood
3. Dark Roots Of Earth
4. True American Hate
5. A Day In The Death
6. Cold Embrace
7. Man Kills Mankind
8. Throne Of Thorns
9. Last Stand For Independence
10. Dragon Attack (queen Cover)
11. Animal Magnetism (scorpions Cover)
12. Powerslave (iron Maiden Cover)
13. Throne Of Thorns (extended Version)



             



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