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METAL EXTRêME PSYCHé  |  STUDIO

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Metalhit
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ENSLAVED - Vertebrae (2008)
Par POSSOPO le 27 Octobre 2008          Consultée 8635 fois

S'installer dans la routine du changement, voilà le mal qui guette ENSLAVED depuis des années. Un mal rare pour un artiste rare, un artiste d'une intelligence exceptionnelle qui pâtit aujourd'hui de sa supériorité indiscutable sur le monde du metal contemporain.
Grutle et Ivar ont toujours su éviter les pièges de l'âge et du gonflement discographiques. Et ENSLAVED n'est jamais tombé dans la redite comme il ne s'est jamais contredit. On les compte sur les doigts de la main, ces artistes à la carrière chevronnée qui ne souffre d'aucune faute de goût… 1, ENSLAVED… point !

Oui, ENSLAVED a gagné la guerre et c'est aujourd'hui qu'il risque de la perdre. Album après album, l'évolution se veut parfaite. Aucun retour en arrière signe constant de la fin des haricots, aucune stagnation poussive drapeau annonciateur d'un futur embonpoint, nulle révolution ni prise de risque insensée qui ferait craindre la folie. Disque après disque, ENSLAVED se protège contre toutes les critiques en usant d'un savoir avancé qui touche au génie.

Et pourtant…

Tout ne va plus si bien que ça chez le dieu du metal à peine extrême norvégien. La preuve, ce "Ruun" qui n'aura pas laissé de traces indélébiles, ouvrage une nouvelle fois inattaquable pour les raisons que je viens d'évoquer, ouvrage qui est passé sans qu'on le retienne trop longtemps. Convive charmant, fort élégant, à la discussion feuillue mais qui n'aura époustouflé personne de son caractère trop parfait. On l'a compris, ENSLAVED descend de sa colline verdoyante en roue libre, heureux de se reposer sur des lauriers qu'il a plus que mérités… à l'époque. En creusant un peu chacune des sorties du quintette de la belle Bergen, verrait-on, contre toute attente, bien caché sous un talent de colosse, un papier rempli de formules admirablement pensées mais artisticides ? De "Vikinglir Veldi" à "Ruun", les jauges se remplissent ou se tarissent selon un processus étonnamment linéaire. +22% de X, -17% de Y, les facteurs sont nombreux mais le fait est là : saurait-on mettre sous équation cette évolution que d'aucun considère parfaite (je l'ai bien dit plus haut) ? Horreur, ENSLAVED, mathématicien surdoué, s'est transformé en une ligne d'assemblage pour œuvres remarquables.

Et "Vertebrae" confirme la justesse du propos. "Vertebrae", l'anti-surprise de l'année, ensemble aux relents FLOYDiens prononcés, seventisé comme écrit en paragraphe 4.3 de la charte de qualité du patron, la droite progression entamée sur "Below the Lights" "Blodhemn"… Bref, le développement se poursuit sans heurts et ça fait quinze ans que ça dure.

Oui mais…

Cette mécanique admirablement huilée ne doit pas faire oublier un essentiel qui s'était passablement étiolé depuis le sensationnel "Below The Lights", dont l'accession au rang d'indispensable avait permis le couronnement du roi ENSLAVED. Un essentiel retrouvé dès "Clouds", titre organique au psyché narcoleptique qui nous attire dans un domaine fait de sombre et de tons pastels, mélange ahurissant de fumerolles aux origines diverses, titre à la qualité doublement soulignée par une multitude de riffs désespérants de justesse et de musicalité, marque de fabrique de l'artiste depuis quelques albums déjà et par quelques solos à l'inspiration surprenante ("Ground"). Une atmosphère mieux vécue après une période d'accoutumance de deux ans, une écriture rétablie, et plus encore, une impression qui mérite dieu sait quelle riche médaille.
Au lieu de se détourner complètement de ses amours passées pour un black venimeux et incendiaire, le maître a su le transformer sans totalement le dénaturer. Une conversion vers un hybride thrasheux qui ne hurle pas sa haine, simple machine à groover du meilleur tonneau. Et dans un même processus de mutation, les cornes viking sont devenues les contenants d'un liquide hallucinogène porteur de délires progressifs, comme une nouvelle définition de l'épique que nul n'avait su rédiger auparavant. Mutations exceptionnelles !
Quant au chant clair, il vit, libre et désormais plus convaincant que des borborygmes noirs qui souffrent un peu d'une production rock, trop légère pour ce qui devrait rester dans le registre de l'extrême, unique véritable défaut de ce grand ouvrage.

Le surdoué toujours serein a retrouvé une verve piquante et semble encore avoir beaucoup d'histoires à raconter. Son âge ne le prive pas d'un cortex mille fois bouillonnant. On aurait pu craindre qu'ENSLAVED ne devienne bon, il est finalement resté immense.

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Par ONCLEGUUD, MEFISTO




 
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   (2 chroniques)



- Grutle Kjellson (chant, basse)
- Ivar Bjornson (guitare, claviers)
- Arve Isdal (guitares)
- Herbrand Larsen (claviers, chant)
- Cato Bekkevold Batterie


1. Clouds
2. To The Coast
3. Ground
4. Vertebrae
5. New Dawn
6. Relections
7. Center
8. The Watcher



             



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