Recherche avancée       Liste groupes



      
METAL-PROGRESSIF-EXTRÊME  |  STUDIO

Commentaires (10)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Voluptas, Ihsahn, Windir, Primordial, Bathory, Negurà Bunget, A Forest Of Stars, NaÐra
- Membre : SkuggsjÁ, Tartaros, Blood Red Throne, Gehenna, Aura Noir, BØrknÅgar, Audrey Horne, Demonaz, Trinacria, God Seed, Ov Hell, Red Harvest, Evig Natt, Thundra, Emperor
 

 Site Officiel (812)
 Page Myspace (331)

ENSLAVED - Riitiir (2012)
Par WËN le 28 Janvier 2013          Consultée 9032 fois

Ces dernières années, nos petits gars d'ENSLAVED n'ont pas chômé. Et même si leurs actualités n'ont pas trusté les unes nos chers médias il est bon de rappeler que depuis la sortie de "Axioma Ethica Odini" (2010), le combo a néanmoins trouvé le temps de nous gratifier d'une paire d'EPs ("The Sleeping Gods" et "Thorn"), datant tout deux de 2011, et d'une tournée (en compagnie de GHOST BRIGADE) l'année suivante. Et voilà que 2012 nous dévoile timidement ses charmes automnaux que les cinq norvégiens investissent les bacs avec leur nouvelle œuvre à l'artwork de saison, ocre et effeuillé.

Effeuillé mais non pour autant dépouillé, car derrière ce somptueux Yggdrasil de chair et de sang, aux bras tendus vers l'inaccessible mais fermement enraciné dans le terreau scandinave de ses ancêtres, se dessine ce "RIITIIR" aux contours encore imprécis : brute et palpitante pépite de metal savamment ouvragée et, veuillez bien me croire, foutrement dense. 'Dense', oui, voici assurément le maître-mot de cette nouvelle offrande des norvégiens, cette dernière se révélant de prime abord diablement complexe et proprement impénétrable voire imperméable à nos suppliques de jeunes et patentés défricheurs sonores, en un mot : progressive ! Voilà le mot est lâché, mais comment faire autrement ? Cela couvait (les reprises de KING CRIMSON, RUSH, PINK FLOYD et LED ZEP, puis cet EP "The Sleeping Gods" qui fleurait bon l'hommage à peine dissimulé aux différents styles touchés par le groupe du long de sa déjà prolifique carrière). Alors, autant se l'avouer : après avoir longtemps tourné autour du pot en teintant son Black Metal de touches de plus en plus psychédéliques, ENSLAVED, sentant le moment venu, s'affranchit de sa timidité et se décide à franchir ce seuil symbolique, nous proposant donc un album de Metal Progressif. Extrême, certes, mais irrémédiablement progressif !

La complexité de certains riffs, la non-linéarité des enchaînements et les structures moins conventionnelles des morceaux participent à cet état de fait, à cette impression d'aborder un énorme pavé ; impression qui ne se décantera d'ailleurs qu'avec le temps, le fil des écoutes permettant petit à petit de retrouver et de se raccrocher à celui des compositions. ENSLAVED y avait pourtant habitué son auditorat, mais n'avait encore jamais poussé le vice à un tel stade. La production et le mix, par exemple, sont peut-être les éléments tranchant le plus avec les petites habitudes du combo et qui nécessiteront peut être le plus gros effort d'assimilation, mais qui traduisent là aussi cette volonté d'aller de l'avant, de ne surtout pas stagner. Signé Jens Bogren (KREATOR, AMON AMARTH, BORKNAGAR, PARADISE LOST, entre autres), le mix, puissant et condensé, sonne résolument moderne et presque 'américain' dans le feeling, laissant s'afficher quelques œillades en direction de TOOL jusqu'à présent insoupçonnées. Très (trop ?) compact à mon goût (tout comme le dernier KREATOR atteint du même syndrome), force est de constater que ce nouveau ramage colle tout de même bien au plumage renouvelé de notre corbaque norvégien.

Ainsi ce "RIITIIR" s'impose donc comme un recueil subtil d'éléments progressifs couplés habilement à leurs pendants extrêmes, pour un résultat qui en devient jouissif, tandis que s'écoulent les écoutes. Chaque riff est plus fouillé et riche que le précédent, les guitares s'accordant à tisser des trames variées et habiles, entremêlant notes et rythmiques en une orgie musicale intense mais totalement maîtrisée. Tour à tour agressives (le déchaînement sonore servant d'introduction "Thoughts Like Hammers", les descentes Black Metal de "Materal") ou ultra mélodiques (voire mélancoliques, mais toujours splendides, sur une bonne partie des refrains, comme ceux de "Roots Of The Mountain"), le groupe ne lésine pas sur les digressions afin de captiver son public, l'hypnotisant à grands renforts de nappes de clavier, toujours aussi discrètes mais primordiales à la cohésion du tout. Qu'il s'agisse de couplets ou de refrains, Herbrand Larsen, le claviériste, fera montre de bien plus de présence sur ces magnifiques parties vocales (chantées), alternées à celles, hurlées, de Grutle Kjellson (basse). A chaque réalisation, le duo se surpasse et gagne en qualité, nous délivrant un tout indissociable pour un rendu fusionnel, voir quasi obsessionnel lorsqu'ils décident, se jouant de notre réceptivité, d'alterner ou de doubler leurs parties respectives. Mais tous ces riffs et ces enchaînements au sein même des compositions, aussi recherchés soient-ils, ne seraient rien sans une excellente maîtrise de la transition et là, même si nous connaissions l'habileté d'ENSLAVED à ce jeu, nous ne pourrons qu'être bluffés par cette propension qu'a le groupe à substituer ces structures les unes aux autres de façon si naturelle, sans jamais ne rien forcer de son talent.

Bien sûr, chaque titre regorge de petites spécificités qui lui sont propres, permettant à l'auditeur égaré de se raccrocher à quelque chose de concret au milieu de ce maelstrom sonore. Nous citerons ainsi ce délicat final acoustique chargé d'émotion sur "Death In The Eyes Of Dawn", ou ce petit break à la basse, ronde et saturée, puis cette majestueuse partie instrumentale et ses arrangements aux claviers avant le final de "Roots Of The Mountain", qui confèrera au tout une touche épique incontestable. Même topo pour l'introduction totalement psyché de "Storm Of Memories". Et que dire de cette partie ambiante et mélancolique en plein milieu de "Forsaken" ? Les soli ("Death In The Eyes Of Dawn", "Roots Of The Mountain", "Materal") sont également tous percutants et bien ficelés, la paire Bjørnson/Isdal s'avérant toujours aussi complémentaire.

Au détour des nouveaux atours de ces huit compositions (pour presque 70 minutes au compteur), le style de conduite du groupe reste tout de même dans la logique qu'il s'édicte lui-même à suivre depuis une vingtaine d'années maintenant. Et l'auditeur attentif y retrouvera, présentés différemment, les éléments propres au combo qui ont jalonné sa carrière et participé à son succès. Ainsi, malgré ce regain de Prog qui en chamboulera certainement plus d'un, nous ne pourrons pas dire qu'ENSLAVED, à aucun moment, ne tente de rompre ou de renier son passé, ce disque s'inscrivant au final dans une certaine continuité logique de ces œuvres précédentes. Musicalement, des titres comme "Riitiir" ou "Materal", agrémentés de passages typiquement Black Metal et leurs dissonances de rigueur sont là pour en témoigner. Thématiquement aussi, même si les mythes nordiques ne sont plus mis autant en avant, la Nature, en tant que force première occupe une place fondamentale dans les textes développés ici. Même cette maîtrise unique à transporter l'auditeur est encore transcendée : quel voyage !

C'est une évidence, la difficulté d'approche et d'accroche de "RIITIIR" risque d'en décourager certains qui ne manqueront pas de reprocher au groupe de laisser une partie de ses fans sur le carreau. Cependant, si à l'instar de votre serviteur vous approuvez les choix artistiques et parfois téméraires auxquels aime se livrer le combo, vous ne pourrez qu'être conquis par ce disque, celui que le groupe se devait de sortir à ce moment précis de sa carrière. Difficile de ne pas émettre un avis trop dithyrambique tant ENSLAVED en impose sur cet album, peut être même le plus abouti de sa discographie à ce jour. Les Norvégiens concluent de façon magistrale une vingtaine d'années d'évolution si bien que, tout semblant être dit, nous en viendrions presque à en être inquiets quant à leur avenir, si nous ne connaissions leur talent à se surpasser et toujours nous surprendre, à chacune de ses sorties.

A lire aussi en METAL PROG par WËN :


ENSLAVED
In Times (2015)
Autant en importe le temps

(+ 1 kro-express)



SERDCE
Timelessness (2014)
Ces chefs d'œuvre dont personne ne parle

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez









 
   WËN

 
   MEFISTO

 
   (2 chroniques)



- Grutle Kjellson (chant, basse)
- Herbrand Larsen (chant, clavier, orgue)
- Ivar Bjørnson (guitare, clavier, chant)
- Arve Isdal (guitare)
- Cato Bekkevold (batterie)


1. Thoughts Like Hammers
2. Death In The Eyes Of Dawn
3. Veilburner
4. Roots Of The Mountain
5. Riitiir
6. Materal
7. Storm Of Memories
8. Forsaken



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod