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METAL-PROGRESSIF-EXTRÊME  |  STUDIO

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2000 1 Mardraum : Beyond The Withi...
2001 2 Monumension
2003 1 Below The Lights
2004 1 Isa
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2012 1 Riitiir
2015 1 In Times
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2020 1 Utgard

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- Style : NegurĂ Bunget, Voluptas, NaÐra [nadra], A Forest Of Stars, Bathory, Ihsahn, Primordial, Windir
- Membre : Tartaros, Emperor, SkuggsjÁ, Blood Red Throne, Gehenna, Aura Noir, BØrknÅgar, Audrey Horne, Demonaz, Trinacria, God Seed, Ov Hell, Red Harvest, Evig Natt, Thundra, Drott
 

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ENSLAVED - Utgard (2020)
Par WËN le 9 Février 2021          Consultée 2486 fois

2020. Dans l'incommensurable suite d'évènements néfastes dont cette année se plaît à se parer, en ne semblant jamais vouloir s'en lasser, une nouvelle sortie d'ENSLAVED va forcément faire office de bonne nouvelle, dégageant le sombre horizon le temps de profiter de quelques bonnes bouffées d'un air frais tout scandinave et somme toute bien mérité. Sur un rythme dorénavant régulier d'une nouvelle offrande automnale tous les deux-trois ans, le quintet norvégien enfile les perles discographiques sans jamais ne paraître forcer son talent, tout en sachant proposer suffisamment d'innovations respectueuses - couplées à un travail d'orfèvre - sur chacune de ses productions pour ne pas lasser son auditorat… pour peu, bien sûr, que celui-ci veuille bien s'immerger dans ses progressifs desseins. Depuis 2012, ENSLAVED a viré définitivement Prog et teinte dorénavant sa formule d'éléments Black Metal et non plus l'inverse (vous connaissez le laïus, établir des comparaisons avec un "Frost" (1994) n'a ici plus aucun sens, nous n'y reviendrons donc plus).

Seulement attention. Quitte à radoter, si "RIITIIR" continue à nous hypnotiser par sa grâce tellurique, nous avions par contre dû - avec le recul - revoir légèrement à la baisse la note accordée à "In Times", celui-ci ne réussissant que partiellement l'exploit de son prédécesseur (son contenu s'étirant trop en longueur). Dans sa droite lignée (un côté Prog parfois dissimulé derrière ses états d'âme 'vikings'), "E" avait su nous emballer par sa beauté … mais son troisième anniversaire révolu, force est de constater que nous n'y étions finalement que rarement revenus. De son léger manque d'audace et de ses abords plus ‘confortables’ s'installait donc - et ce malgré ses qualités intrinsèques - une toute légère appréhension à ce que le groupe se laisse enfermer dans sa propre routine. Il était donc nécessaire, que le couple Bjørnson/Kjellson se bouscule un peu pour ne pas s'enfermer dans une simili et piégeuse torpeur.

Effet déclencheur (ou pas) d'un certain renouveau, c'est par le départ de Cato Bekkevold (batterie depuis "Isa", 2004) que vont s'esquisser les premières news relatives à ce quinzième recueil qu'est "Utgard". Déjà absent sur les tournées récentes, c'est son remplaçant, Iver Sandøy, qui hérite assez logiquement du poste. Un exécutant tout indiqué puisqu'en dehors de ses travaux chez MANNGARD et ILTI MILTA (Thrash Prog et Thrash expérimental), le bonhomme avait déjà collaboré avec les musiciens d'ENSLAVED pour le tout aussi expérimental TRINACRIA (2008), et avec Ivar Bjørnson plus particulièrement pour le second volet du side-project Folk Metal/Ambiant que ce dernier partage avec Einar Selvik (tête pensante de WARDRUNA) (*). Déjà à temps partiel et donc habitué aux pérégrinations de ses quatre nouveaux acolytes, l'on pouvait penser ce remplacement plutôt anecdotique (un peu comme lorsque Håkon Vinje, confondant de mimétisme vocal, succéda à Herbrand Larsen sur l'album précédent) mais cette arrivée va au contraire s'avérer payante et d'un précieux soutien, tant par la prestation que par l'implication de Sandøy dans le processus de composition, au moment d'ouvrir de nouvelles brèches de possibilités dans le mur de certitudes Prog/Viking derrière lequel semblait s'être murée la troupe scandinave.

Et c'est exactement ce que nous étions en droit d'espérer du combo, au moment où il devenait justement crucial de ne pas retomber dans une stérile redite de ses trois précédentes œuvres. Si ENSLAVED ne va certes pas réinventer sa formule, il va néanmoins rediriger son attelage Prog Metal extrême vers ce qu'il maîtrise le mieux (à notre sens en tout cas) : un riffing habile et véloce au service de compositions opiniâtres. Ces dernières bénéficiant d'un format cette fois-ci plus succinct que celles de leurs récentes productions (5 minutes en moyenne, au lieu de 8'30) vont aller à l'essentiel. En effet, il y du "Isa" (2004) derrière ce "Utgard", les titres s'enchaînant en y apposant chacun leur propre griffe, leurs idées foisonnantes, pour un résultat certes bien plus hétérogène que leurs derniers travaux mais qui ratisse aussi bien plus large. ENSLAVED parvient donc à sortir de son propre carcan - qui devenait franchement paradoxal au moment de parler de Prog Metal - pour le temps de ce disque qui, nous l'évoquions en introduction, se présente comme une véritable petite bouffée d'air frais.

Alors, "petite bouffée d'air frais", comprenons-nous, cela n'empêchera pas une première moitié de disque tant impétueuse qu'impérieuse, de progger vindicativement et comme il se doit… à un tel point que la suscitée petite brise ne tardera guère à se mouvoir en véritable ouragan lors de l'appréhension de l'œuvre, tant de puissantes bourrasques en droite provenance du Midgard semblent souffler violement dans toutes les directions, ne sachant même pas forcément très bien, de prime abord, où les Norvégiens souhaitent nous amener. Passé cette confusion toute progressive et bien légitime (c'est aussi pour ça que nous apprécions ENSLAVED et sa musique), nous nous raccrocherons alors à des éléments de contexte familiers (les riffs entêtés de "Jettegryta" et "Homebound", les soli de rigueur plein d'emphase d'Isdal ("Sequence"), ou les refrains chant clair de "Fires In The Dark" et "Flight Of Though And Memory", tous terriblement ENSLAVED-iens) pour qu'une vue d'ensemble de cette citadelle furtivement entrevue sur l'artwork (Utgard, résidence des géants de Jötunheim, c'est elle) se découpe progressivement de la brume qui la baigne, se laissant ainsi contempler sous toutes ses digressions, sous l'œil approbateur d'Odin.

De toutes légères réminiscences folk/acoustiques typiques se laisseront subrepticement entendre ici et là (du démarrage du disque ("Fires In The Dark") à ses ultimes soubresauts ("Distant Seasons")) pour qui saura tendre l'oreille et prêter attention aux chuchotements d'Hugin et Munin (spéciale dédicace à nos deux corvidés de couverture sur "Flight Of Though And Memory", on vous entend). Couplés à quelques chœurs vikings caractéristiques, ENSLAVED ne met évidemment pas sa facette la plus nordique et spirituelle de côté (la preuve avec cet aérien "Distant Seasons" de clôture, ou la seconde moitié éthérée de "Sequence" véritable accalmie après le déchaînement d'éléments la précédant) mais, toutefois moins prégnante que sur le dernier couple d'albums, nous sentons ici une volonté délibérée de laisser plus de place à d'autres expérimentations (les enclumes rythmant le refrain de "Jettegryta" (**), les consonances plus électroniques sur l'introduction de "Urjotun", les folies de "Flight Of Though And Memory" et de "Storms Of Utgard"). Une détermination d'ailleurs demeurée intacte au fil de ses dorénavant trente années de carrière, lorsqu'il s'agit de tester de nouvelles choses, d'explorer de nouveaux horizons et les fondre dans le paysage sonore (auquel un soin tout particulier est encore apporté ici, cf. "Sequence", "Storms Of Utgard" ou "Útgarðr" l'habituel interlude de mi-album).

Autre élément qui saura sans doute devenir déterminant par la suite et qui pèse en tout cas dans la présente formule : la multiplication des approches vocales. En effet, avec l'adjonction du père Sandøy, la dualité vocale coutumière d'ENSLAVED passe dorénavant à trois voix (quatre, si l'on chipote en comptant les backing vocals féminins sur les chœurs de "Distant Seasons"). Et ce chant 'clair' mais plus rauque et puissant du nouveau venu prendra même l'ascendant, en terme d'assiduité, sur la prestation de Vinje. Demeure ce bon Grutle Kjellson, imperturbable, et ces inimitables éructations qui, plus d'une fois, feront office de véritables balises Black Metal auxquelles se rattacher dans cette turbulente tempête. Et oui, car la fin de ce papier se profile (enfin) que nous remarquons ne même pas avoir parlé une seule fois de Black Metal. Malgré la présence de quelques riffs plus agressifs pour remémorer le glorieux passé du groupe à notre bon souvenir ("Jettegryta", "Flight Of Though And Memory") c'est dire à quel point ENSLAVED a tourné la page. C'est en tout cas un signe qu'il maîtrise son sujet, car chacune de ces rares mais typiques interventions sauront débouler à point nommé et avec suffisamment d'intelligence pour donner de salvatrices petites impulsions aux chansons et dynamiser le propos.

Nous voilà donc avec un bouillonnant chaudron de Metal Prog extrême et massif qui, offrant son lot de riffs bien tordus et jouissifs, de rythmiques chiadées et de montées en puissance battant le chaud et le froid, se positionne en digne héritier du majestueux "RIITIIR" de 2012. Plus difficile à apprivoiser, il est vrai qu'il ne saurait non plus autant nous impressionner, mais "Utgard" revêt néanmoins des atours très similaires et paraissant directement en ruisseler. Mieux, à partir de cela, le groupe sait surenchérir avec la même intense et débordante ingéniosité qu'on lui connaissait à l'entame du nouveau millénaire ("Monumension" / "Below The Lights" / "Isa") tournant plus d'une fois ce recueil progressif en un véritable maelstrom de sens.

:::

(*) Bouclons cette parenthèse en ajoutant que déjà sur "Hugsjá", ce second tome du Ivar BJØRNSON & Einar SELVIK PROJECT, il succédait à Cato Bekkevold responsable des batteries et percussions sur "Skuggsjá" son aîné. Les neuf mondes sont décidément bien petits.

Propriétaire du Solslottet Studio, le bonhomme a déjà enregistré (depuis 2010) et remasterisé (les récentes rééditions de "Vikingligr Veldi" et "Hordanes Land") ENSLAVED à l'occasion, ainsi que produit nombre d'autres combos (WARDRUNA, GHAALS WYRD, VULTURE INDUSTRIES, KRAKÒW ou SAHG).

(**) Iver Sandøy raconte : "Je me rappelle justement d'une discussion à propos de l'ajout de tel ou tel effet sonore sur "Jettegryta", lorsqu'Ivar [Bjørnson] avoua vouloir une espère de bruit d'enclume sur le refrain. S'ensuivit le plus improbable alignement cosmique quand Grutle répliqua "Ouais ouais, pas de problème, mon voisin collectionne justement les enclumes". Magnifique" ! #LesNorvégiens

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   (2 chroniques)



- Grutle Kjellson (chant, basse)
- Håkon Vinje (chant, clavier, piano)
- Iver Sandøy (chant, batterie, clavier, effets sonores)
- Ivar Bjørnson (guitare, clavier, effets sonores)
- Arve Isdal (guitare)


1. Fires In The Dark
2. Jettegryta
3. Sequence
4. Homebound
5. Utgardr
6. Urjotun
7. Flight Of Though And Memory
8. Storms Of Utgard
9. Distant Seasons



             



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