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METAL PROG/DEATH PROG  |  STUDIO

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2014 1 Timelessness
 

- Style : Cynic, Exivious, Riverside, Pain Of Salvation, Dream Theater, Opeth
 

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SERDCE - Timelessness (2014)
Par WËN le 12 Janvier 2015          Consultée 5268 fois

"Mais dites donc, ça fait deux fois que vous me faites ça" ! Et ben tiens, mon couillon, jamais deux sans trois, hein ?!

C'est à croire que les Finlandais de Blood Music sont en passe de devenir maîtres en la matière lorsqu'il s'agit d'exposer au grand public des formations exotiques aux univers bien trempés qui, avec déjà une poignée d'albums à leur actif pour la plupart, n'en sont à proprement parler plus à leur coup d'essai mais qui malheureusement, ne jouissent que d'un succès d'estime puisque peinant depuis trop d'années à s'exporter hors de leurs frontières natales. Un fait d'autant plus regrettable lorsque dans tout ça, les seuls coupables sont le manque de moyens et les circuits de distribution/promotion peu adaptés qui participent ainsi à nuire à l'émancipation de ces groupes, tandis que leurs qualités musicales sont, elles, bien réelles.

Ainsi, nous avons eu droit, fin 2013 au quatrième album de KAUAN (petite merveille de Doom Metal atmosphérique que vous vous devez de découvrir urgemment si ce n'est déjà fait) puis, en courant d'année, au second LP de NONEUCLID (qui patientait au fond d'un tiroir depuis sept ans). Et ce n'est pas terminé, c'est également à Blood Music que l'on doit la signature du dernier PERTURBATOR, one-man band de Dark-Synth-Music dont on parle beaucoup dans les milieux autorisés. Sans dec', ces types ont un tel flair pour nous dégoter des groupes de qualité et pour leur filer un bon coup de visibilité sur le plan international, que cela en deviendrait presque indécent. Bref, décollage pour la république de Bélarus (on vous parlait d'exotisme) de laquelle Blood Music nous a ramené la nouvelle production de SERDCE planquée sous sa doudoune. Et à l'heure où fleurissent référendums et autres tops de l'année écoulée, je ne vais pas y aller par quatre chemins, laissez-moi vous dire que celle-ci figure fièrement parmi mon TOP 3 de 2014. Oh que oui !

Car avec ce "Timelessness", SERDCE va tout simplement mettre un bon coup de pied dans la fourmilière malheureusement tant hiérarchisée et cloisonnée du Metal Progressif. Car, c'est un fait, entre les adeptes de la prouesse technique (et trop souvent stérile), les amateurs d'ambiances avant-gardistes parfois imbitables, les mélomanes qui ne jurent que par le chant 'clair' (et qui se refusent à tant de possibilités), ou encore tous ces partisans du Prog' qui n'écoutent en réalité que d'amorphes erzatz de gloires passées ne pratiquant qu'un Heavy Metal vaguement mélodique, je trouve la scène Metal Progressive actuelle trop segmentée, à de rares exceptions près, pour pouvoir réellement se renouveler et se permettre d'aller de l'avant. La preuve, quand je cherche un défoulement Prog' à me farcir, il n'est pas rare que je me tourne vers des formations de Death Technique pour peu que ça sache groover du côté de la section rythmique (OBSCURA, BEYOND CREATION, etc.). Cela étant dit, quand des combos, et il y en a, arrivent à réunir tout ce que j'ai pu précédemment évoquer au sein d'un univers musical cohérent et varié, alors, là, c'est que du bonheur.

Et de ces combos, j'aime à penser que SERDCE en fait assurément partie. Déjà, rien que d'un point de vue visuel via son artwork (et je vous laisse découvrir la gueule des vinyles), le groupe sait en imposer, bien qu'on ne pourra nier que toute cette symbolique (l'Homme, le Temps, le Divin, etc.) demeure néanmoins très 'classique' au genre. Mais ce classicisme s'arrête là et nous nous apercevrons vite, dans la copie rendue ici, que le groupe a su tirer le meilleur de ses influences. Car, amateurs de RIVERSIDE et des débuts de DREAM THEATER, fans frustrés des derniers PAIN OF SALVATION et CYNIC, mélancoliques de la période burnée d'OPETH (bien qu'ici c'est la facette progressive qui prédomine sur son homologue Death), ce disque vous est destiné. À vous tous qui aimez quand le Prog' sait se surpasser, lorsque l'extrême touche au divin en s'acoquinant vilainement à des structures tarabiscotées, vous allez ici, prendre un sacré panard, à n'en point douter.

Le groupe a su mettre à profit les cinq années qui ont succédé à la parution de "The Alchemy Of Harmony" (leur troisième opus, 2009) pour peaufiner son groove dans les moindres détails et même pousser le bouchon encore un plus loin. Ainsi le quatuor venu de l'Est s'éloigne quelque peu du Death Progressif qui l'a vu pousser ses premiers vagissements (quoique ça ne plaisante pas sur certaines parties de "The Sixth Sense", "Quasar" ou "Unique Path") pour se concentrer sur l'aspect définitivement plus progressif des choses, ne lésinant pas sur l'alternance de ses péchés mignons. Prenons le couple "Into Shambhala"/"Samadhi" : une envolée instrumentale vivifiante dotée d'une chatoyante et chamarrée touche ethnique (le duduk, sorte de hautbois arménien, sans doute) saura rapidement s'éclipser au profit d'un Prog' des plus purs (au bas mot 23 carats, d’où ma note) pour petit à petit, ralentir, s'appesantir, et verser dans un Metal plus extrême pour un final écrasant (saturation et chant guttural étant de circonstance), surmonté d'un piano désespéré aussi avenant qu'une pochette de DARK SANCTUARY. Et SERDCE de ne pas s'arrêter en si bon chemin. Je parlais des anciennes œuvres de PAIN OF SALVATION et CYNIC (le vocodeur en moins), écoutez donc respectivement la première partie de "Last Faith" pour le premier et "Unique Path" ou l'enchaînement "Quasar"/"New Born" pour le second. C'est-y pas d'la bonne, ça ? Et le truc édifiant, c'est que, oui, nous penserons à tel ou tel combo via quelques gimmicks propres à ces dites formations, cependant, du long de la grosse heure sur laquelle s'étend ce "Timelessness", on écoute véritablement du SERDCE, dans toute sa folie et sa décadence.

Idem : si la branlette de manche ne vous rebute pas, tentez les délires solistes (cassures rythmiques comprises) de "Samadhi", de "Omens" (et son petit pont jazzy qui arrive à point) ou de "Loss Of Feelings Or Feeling Of Loss" (ce saxo, cette émotion), bien que ce trait s'applique à la plupart des parties instrumentales qui parsèment l'œuvre et c'est en cela, que j'avouais plus haut penser aux vieux efforts de DREAM THEATER (la période intéressante, donc). Nous pourrons parfois frôler le too much, cependant lorsqu'un tel bagage technique est mis au service de la musique, il demeure bien difficile de s'en plaindre et de faire la fine bouche face à ces débauches de notes. Sans tout vous narrer par le menu détail, la plupart des titres s'égrainant entre 6 et 9 minutes ou, pour d'autres, s’enchaînant entre eux, ou reprenant là un passage, là une mélodie furtivement entr'aperçue auparavant ; sachez cependant que SERDCE se permet d'allègrement varier les ambiances et les tempi, tout en y fourrant des tas de plans bien barrés. N'oublions pas la basse fretless de rigueur qui viendra souvent nous titiller les sens (la coquine) et l'utilisation de quelques instruments plus atypiques : le duduk (nous l'avons dit) mais aussi le saxo (qui reviendra repointer le bout de son bec le temps de se fendre d'un flamboyant solo sur "Newborn") et… la guimbarde (plus on est de fous…) sur "Quasar". Cerise sur le gâteau, la production, le mastering sont exemplaires de clarté ce qui permet d'assimiler et de profiter de tous ces détails dont l'œuvre regorge, parfois légers, mais toujours primordiaux et intelligemment disséminés, qui ne se révéleront qu'alors que s’enchaîneront les écoutes. Là encore, un bon point.

Ce qui, mis les uns au bout des autres, nous en donne une sacrée brochette, de bons points. Sans faute de goût majeure, SERDCE nous livre donc là une œuvre majeure (vous noterez la répétition, afin d'accentuer le trait) qui pourrait, qui devrait, même, redéfinir à elle seule les canons du Metal Progressif et qui, à coup sûr, va hélas encore passer quasi-inaperçu. Mais au moins vous ne pourrez pas dire que nous ne vous aurons pas averti quant au risque de passer à côté d'un tel disque. Et personnellement, maintenant qu'il squatte notre colonne de sélection hebdomadaire, voilà ma conscience soulagée. Ne vous reste qu'à faire passer le mot, les gars !

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Par JEFF KANJI




 
   WËN

 
   JEFF KANJI

 
   (2 chroniques)



- Nik Goroshko (chant, guitare)
- Oleg Kreslavskij (claviers, programmation)
- Alex Kharevich (basse)
- Andrew D. Dybal (batterie, percussions)


1. Into Shambhala
2. Samadhi
3. Omens
4. Last Faith
5. Loss Of Feelings Or Feeling Of Loss
6. The Sixth Sense
7. Unique Path
8. Quasar
9. Newborn
10. Magic Rain



             



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