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TESTAMENT - Brotherhood Of The Snake (2016)
Par DARK BEAGLE le 22 Octobre 2019          Consultée 202 fois

Cela devient une habitude depuis "The Formation Of Damnation", TESTAMENT laisse passer quatre années entre chaque nouvel album. Et si souvent l’attente est justifiée, est-ce vraiment nécessaire ? Dans le cas de "Brotherhood Of The Snake" qui nous intéresse ici, après une première écoute distraite, la réponse serait clairement non. Voilà le genre de disque qui pourrait être bouclé facilement, sauf que ce n’est pas si simple. À la base, les musiciens espéraient le sortir pour 2014, mais plusieurs aléas ont fait qu’il a sans cesse été repoussé et finalement, l’un des moindres étant le départ de Greg Christian une nouvelle fois en janvier de cette année-là. Aussi, cela permet de retrouver Steve Di Giorgio à la basse et ce n’est pas pour déplaire forcément. Comme le disait Chuck, ce disque avait provoqué certaines tensions au sein du groupe et l’accouchement en fut difficile.

Si nous prenons TESTAMENT en termes de chiffres en cette année 2016, c’est trente ans de carrière pour onze albums qui, pour la plupart, ne déméritent pas. Souvent considéré comme un second couteau du Thrash US – caché par l’ombre tentaculaire du Big Four, la formation menée par Eric Peterson et Chuck Billy a traversé le temps, en sachant adapter son Thrash pour survivre, parfois de façon maladroite et mal vue ("The Ritual"), parfois avec brio ("The Gathering"). À la base, le groupe marchait dans les traces de METALLICA, sans parvenir à s’imposer, mais depuis quelques années, TESTAMENT a su profiter de l’érosion naturelle du Big Four pour montrer au monde qu’il existe et qu’il demeure une valeur sûre du Thrash, avec ses schémas mélodiques et un frontman dont la voix ne semble pas vieillir, ni même s’altérer avec le temps. Et si le line-up n’est pas « légendaire », il n’en demeure pas moins solide et séduisant avec Gene Hoglan à la batterie et surtout, Alex Skolnick à la guitare lead, véritable orfèvre en la matière.

Bref, TESTAMENT est un groupe qui a évolué, en bien, et qui demeure l’un des meilleurs représentants du Thrash US de nos jours. Et pourtant, "Brotherhood Of The Snake" demeure un mystère à la première écoute. L’album est rentre-dedans, voire bien speed quand "Dark Roots Of Earth" misait beaucoup plus sur la mélodie. Mais en grattant un peu, les pièces du puzzle se mettent doucement en place et finalement, on se dit qu’il tient quand même bien la route ce disque, même s’il n’est pas exempt de quelques maladresses. Penser que le groupe revient à quelque chose de proche de ce que proposait "The Gathering" serait toutefois faire une erreur d’appréciation. Quelque part, "Brotherhood Of The Snake" ferait plus songer à "The Legacy", en mode dopage, aidé par une production en ce sens rutilante. Rarement TESTAMENT n’aura joué aussi rapidement tout du long, avec quelques mid-tempi nécessaires pour offrir quelque chose de construit et varié.

Et l’album est également semi conceptuel, il a en toile de fond les sociétés secrètes, un sujet pour le moins délicat à aborder et qui va être le fil rouge des chansons. D’ailleurs, observez bien le logo sur la pochette, le clin d’œil est assez appuyé. Ensuite, il y a la musique. L’auditeur averti l’aura peut-être deviné après une ou deux écoutes, mais Alex Skolnick est très en retrait sur cet album. Là où sa patte était parfaitement perceptible sur "Dark Roots Of Earth", elle est ici bien plus discrète, si ce n’est au niveau des soli, qui portent en grande partie sa signature – Eric Peterson se livre de plus en plus à cet exercice, avec un style bien plus nerveux et vindicatif. Bref, Skolnick, c’est la licence mélodique de TESTAMENT, et cela s’est entendu dès son retour sur "The Formation Of Damnation". Ici, c’est Peterson qui s’est chargé de la quasi intégralité de l’écriture de la musique, Billy s’occupant des textes en grande partie (Eric ne peut pas s’empêcher d’y mettre son nez de temps en temps).

Le résultat est pour le moins virulent. TESTAMENT va aligner trois brûlots d’entrée de jeu. Entre le title-track, "The Pale King" et "Stronghold", le groupe ne laisse aucun répit. Rythmiquement, c’est énorme, un terrain de jeu idéal pour une démonstration de force de la part de Hoglan, bien suppléé par Di Giorgio, le Grand Chuck fait quelques petites incursions dans le domaine du Death en prenant sa grosse voix qui fait peur et s’avère toujours crédible dans le domaine. Par moments, son débit se veut très rapide, sortant de sa zone de confort (après tout, après "The Legacy", il ne semblait plus faire la course avec le tempo). Puis arrive le premier vrai mid-tempo de l’album, "Seven Seals", dopé par un refrain dont TESTAMENT a le secret et qui met une fois de plus en valeur les talents de chanteur de Chuck Billy. Jusque là, le disque frappe très fort et bien, c’est un sans-faute qui fait littéralement baver quant à la suite.

Malheureusement tout ne sera pas à niveau ; le groupe s’étant même arrangé pour flinguer la fin du disque avec les deux plus mauvais titres de l’album, "The Number Game" un brin téléphoné dans sa conception et un "Canna-Business" avec des paroles un peu simplistes, voire wtf. Ah oui, et la formation a irrémédiablement foiré le refrain de "Black Jack", mais bon, tant pis, on n’est plus à ça près. Heureusement, il y a toujours des morceaux qui viennent tirer le tout vers le haut, comme "Neptune’s Spear" et son solo lumineux. Signé Skolnick, bien évidemment. Le guitariste fait toujours des interventions remarquées, même si l’on peut regretter la flamboyance des débuts. Mais il se lance toujours avec élégance et fluidité, sans en faire de trop, juste le nécessaire pour aérer un titre et lui donner une plus-value intéressante.

Aussi, le rendu est étrange. TESTAMENT donne l’impression de faire du sur-place, sensation que l’on pouvait avoir depuis la reformation. Mais si ici il regarde clairement en arrière, il n’en demeure pas moins en raccord avec son temps. Il n’y a rien de déplacé à sortir un disque pareil aujourd’hui, dur, froid comme de l’acier, Heavy à souhait et puissant en diable. Et tout dépend également de ce que l’on cherche chez TESTAMENT ; l’innovation tous azimuths n’a jamais vraiment fait partie des plans de Peterson. Le groupe fait plutôt un travail d’artisan : honnête, avec une patte immédiatement identifiable et surtout une véritable personnalité qui transpire tout du long, qui ne fabrique jamais deux fois le même produit, à l’identique. "Brotherhood Of The Snake" s’éloigne des clivages mélodiques de "Dark Roots Of Earth", ne tend pas tout à fait la main à "The Formation Of The Damnation" ; il se nourrit d’un savoir-faire depuis 1987 et le perpétue, de façon différente.

Note réelle : 3,5/5.

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   (2 chroniques)



- Chuck Billy (chant)
- Eric Peterson (guitare)
- Alex Skolnick (guitare)
- Steve Di Giorgio (basse)
- Gene Hoglan (batterie)


1. Brotherhood Of The Snake
2. The Pale King
3. Stronghold
4. Seven Seals
5. Born In A Rut
6. Centuries Of Suffering
7. Black Jack
8. Neptune's Spear
9. Canna-business
10. The Number Game



             



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