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MEKONG DELTA - Tales Of A Future Past (2020)
Par DARK BEAGLE le 14 Septembre 2020          Consultée 1549 fois

MEKONG DELTA est un groupe qui se mérite. Son univers n’est pas facile d’accès, il serait même audacieux d’affirmer que les musiciens, Ralf Hubert en tête, s’arrangent pour développer cela, ne serait-ce qu’au travers des productions qui ont de quoi rebuter plus d’un aventurier du Thrash en quête de nouvelles sensations. Ces fameuses productions qui en ont fait hurler plus d’un mais qui contribuent également à la spécificité des albums de MEKONG DELTA, avec en point d’orgue une trilogie entamée avec l'obscur "The Music Of Erich Zann" et qui s’achève sur le tourbillonnant "Dances Of Death", avec entre les deux un "Principle Of Doubt" souvent incompris. Et en 2020, les Allemands (et autres) se jouent toujours des auditeurs lambda en proposant une production rude, à des lieux des standards d’aujourd’hui.

Pourtant, comparé à certains albums, "Tales Of A Future Past" c’est du easy listening. Le genre d’album dans lequel il est facile d’entrer, d’abord aguiché par une pochette somptueuse, signée David Demaret, qui possède un petit quelque chose de lovecraftien qui va bien – pour ma part, j’ai pensé aux "Montagnes Hallucinées" avec ces étendues glaciaires. Mais quoi de plus naturel pour un groupe qui avait osé s’attaquer à la disharmonie d’"Erich Zann" ? Il est juste dommage que le logo ne soit pas des plus seyants sur ce genre d’illustration. À présent, accrochez vos ceintures, l’équipe du Delta Express vous invite à un voyage pour le moins mouvementé !

"Tales Of A Future Past", conceptuel comme bien souvent, se décline en une dizaine de titres, dont quatre instrumentaux, chacun compartimentant les morceaux chantés deux par deux. Le premier de ces instrumentaux s’avère plus anecdotique que les autres puisqu’il fait office d’introduction pour un "Mental Entropy" des plus motivants, malgré une agressivité somme toute discrète. Mais déjà le groupe commence à tricoter ses structures éclatées qui lui vont bien. Au chant, comme pour "Wanderer On The Edge Of Time" et "In A Miror Darkly", nous retrouvons Martin LeMar, dont la voix évoque toujours autant celle de l’ex ICED EARTH Matt Barlow, en moins pleurnichard toutefois. LeMar ne fait pas toujours l’unanimité au sein des fans de MEKONG DELTA, mais force est de se rentre à l’évidence : il est bien en place derrière le micro et il donne parfaitement vie aux compositions alambiquées de Ralf Hubert, qui continue à mener la barque contre vents et marées.

Même si l’approche instrumentale est moins vertigineuse que par le passé, le Thrash de MEKONG DELTA reste avant tout Progressif, en constante évolution, au risque souvent de sortir des sentiers battus du style, de lorgner parfois vers des passages plus typés Heavy Metal, ne serait-ce qu’une rythmique moins agressive, propulsée par le jeu d'Alex Landenburg (batterie) qui est ici tout simplement monstrueux. Le disque n’est pas frontal, ça vous l’aurez compris. Il alterne les moments d’agressivité avec les passages les plus calmes, s’autorisant des breaks meurtriers qui attirent forcément l’attention. À travers les instrumentaux, le groupe s’émancipe de tous les diktats inhérents au Thrash pour livrer une prestation souvent plus mélodieuse, tout en sachant appuyer là où ça fait mal.

Et ces instrumentaux sont parfaitement agencés, donnant l’impulsion qu’il faut pour que le groupe nous arrache la tête dès qu’il revient à des morceaux plus traditionnels. Ainsi, "Landscape 2 – Waste Land" se termine de façon à ce que le riff délivré par le revenant Peter Lake sur "Mindeater" fasse très mal. Il arrive aussi qu’à travers un agencement technique non dénué d’agressivité, le groupe enchaîne sur un titre plus aventureux, comme ce "When All Hope Is Gone" qui fait office de morceau de bravoure sur cet album avec pas loin de dix minutes au compteur, sur lesquelles MEKOND DELTA livre une très bonne prestation d’ensemble, même s’il a tendance à perdre quelque peu l’auditeur par moments.

Les inspirations classiques sont toujours de la partie. Et ce qui est bien avec ce groupe, c’est qu’il ne cherche pas franchement la facilité en utilisant les thèmes les plus connus, à puiser dans l’œuvre des compositeurs les plus connus pour proposer une accroche facile à son public. Ici, Hubert a posé son dévolu sur la pièce "Sevilla" de la "Suite Española Op. 47" de Isaac ALBÉNIZ (1), à l’origine composée pour le piano, qui permet ici de terminer l’album sur une note paradoxalement plus légère et qui permet de nous faire oublier un "A Farewell To Eternity" court, mais terriblement incongru dans la texture de ce disque plutôt réussi.

S’il aura fallu six ans à MEKONG DELTA pour donner un successeur à "Wanderer On The Edge Of Time", qui marquait un petit essoufflement de la formule, difficile de nier en revanche qu’elles ont bien été mises à profit. La bande à Ralf Hubert retrouve de sa superbe et sans être aussi jusqu’au-boutiste qu’à ses débuts, continue à proposer un Thrash différent, très technique et n’hésitant pas à sonner de façon plus accessible par moments au risque de déplaire aux puristes qui pourront trouver ce "Tales Of A Future Past" trop conventionnel. Après, il n’est pas certain que l’amateur de Thrash plus conventionnel, élevé à coup de "Reign In Blood" n’y trouve son compte également.

Le retour de MEKONG DELTA est certainement l’une des bonnes surprises de cette année 2020, surtout avec cet album dans l’ensemble très bien maîtrisé. Dense, parfois étrangement épuré dans son approche, souvent très intelligent dans son agencement, il ne laisse pas trop de place au doute ou à un quelconque relâchement de la part des musiciens qui peuvent s’enorgueillir de proposer un disque solide, finalement assez peu comparable avec la fameuse trilogie évoquée plus tôt dans cette chronique ; MEKONG DELTA n’a de cesse d’évoluer tout en conservant cette vision particulière du Thrash, volontaire mais capable de prendre bien des apparences. Idéal en définitive pour ceux qui n’ont jamais osé tenter l’aventure, échaudés par une réputation pas toujours très flatteuse que se trimbale MEKONG DELTA.

(1) Enfin, clairement le genre de truc qui peut passer sous le radar de ceux qui s'intéressent au classique de façon superficielle.

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- Martin Lemar (chant)
- Peter Lake (guitare)
- Ralf Hubert (batterie)
- Alex Landenburg (batterie)


1. Landscape 1 - Into The Void
2. Mental Entropy
3. A Colony Of Liar Men
4. Landscape 2 - Waste Land
5. Mindeater
6. The Hollow Men
7. Landscape 3 - Inharent
8. When All Hope Is Gone
9. A Farewell To Eternity
10. Landscape 4 - Pleasant Ground



             



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