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THRASH METAL  |  STUDIO

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MEKONG DELTA - In A Mirror Darkly (2014)
Par CANARD WC le 8 Juillet 2014          Consultée 2806 fois

Chaque fois que je tombe sur du patinage artistique à la télé, c’est toujours pareil : je regarde la patineuse virevolter en l’air et je suis scotché par tant de grâce, de virtuosité, par le travail immense qui se cache derrière ces quelques minutes de « chorégraphie ». Elle s’élance, s’envole, glisse sur la glace pour effectuer des figures incroyables et à chaque tentative technique le public retient son souffle, car elle peut à tout moment se vautrer, se blesser. Le spectacle est donc grandiose et …

«C’est vrai qu’elles sont bonnes ces petites patineuses de l’Est, Nelson.
— Oh comme vous y allez, mon cher Philippe CANDELORO !
— En tout cas, je leur roulerais bien un gros patin, ah ah !
— Triple Lutz parfaitement exécuté par Tatiana, magnifique.»


Alors la patineuse slave continue de tournoyer, défiant la gravité et les éléments, mais je n’ai plus envie de mater son truc à cause des deux mongolos qui se marrent comme des baleines entre deux commentaires techniques balancés pour justifier leur présence à la téloche. Et je finis invariablement par zapper.

Le nouveau MEKONG DELTA me fait précisément cet effet-là. Ça riffe, c’est beau comme un camion, y a de la technique, de la grandiloquence, une démesure symphonique… Mais le chanteur et ses lignes de chant sont tellement atroces qu’ils obscurcissent complètement le paysage au point de ne pas avoir envie de persévérer. Les titres défilent et on se demande pourquoi on s’inflige cela, puis un riff dingue déboule alors on hésite à éteindre, l’autre nul se met à brailler donc on soupire et ainsi de suite. À l’instar de ma Tatiana, MEKONG DELTA donne l’impression de s’envoler très haut avec le risque - au détour du moindre bout de riff - de s’écraser au sol comme une grosse merde. Suffit d’un couplet pour être saisi de stupeur, de vertige par tant de gâchis.

Puis accessoirement, ce "In A Mirror Darkly" (rien que le titre est louche) file mal au crâne. Si le groupe a le mérite d’ouvrir le bal de fort belle manière ("Introduction" et "Ouverture" sont belles à pleurer), la suite nous prend fort dépourvus quand la bise est venue : "Armageddon Machine" donne des envies de suicide au bout de quelques secondes. C’est à se demander comment lucidement le groupe ne s’est pas rendu compte de son erreur. La suite du programme est bien trop disparate pour être commenté : de véritables montagnes russes « thrashy progueuses ». Le comble étant atteint avec "Hindsight Bias" qui est juste le genre d’horreur qu’on écoute sourcils levés et dents qui grincent.

Ce nouvel album de MEKONG DELTA laisse donc forcément perplexe comme il se doit quand dans un même titre on passe du grandiose à une nullité effrayante, de CHOSTAKOVITCH à du sous-DREAM THEATER (de merde). Cette hétérogénéité est plus qu’un défaut, mais un handicap majeur qui va vous empêcher de vous repaître de cet album et lui ôte de ce fait toute durée de vie acceptable. À l’inverse d’un "Dances Of Death" ou d’un "Eric Zahn" dont on peut se délecter encore et encore. La sévérité du constat laisse alors la place à une certaine amertume : en moins de dix titres, il y a plus d’idées et de richesses dans cet album que chez n'importe quel autre de nos groupes. Merde alors, que c'est con... Faute de massacre en règle ni de tableau d’honneur, MEKONG DELTA peut s’enorgueillir d’avoir sans doute pondu l’album le plus riche et le plus abscons du millésime 2014.

Pour atteindre la grâce et confiner durablement au grandiose, il aurait fallu faire taire cette espèce de sous Dickinson du pauvre et abandonner l’idée que MEKONG DELTA puisse produire des chansons. Reste que – tout à fait entre nous – rien qu’avec un titre de chanson comme "Inside The Outside Of The Inside" on savait que ça sentait le sapin cette affaire... alors qu’il s’agit du meilleur titre de l’album. Tout le paradoxe de MEKONG DELTA qui même quand il fait taire son chanteur ne donne pas envie sur le papier. Décidément…

On va donc retenir que "In A Mirror Darkly" est avant tout le titre d’une saison de Star Trek et attendre le prochain album de MEKONG DELTA en espérant qu’il ne verse cette fois-ci que dans l’instrumentale inspirée des compositeurs ruskofs.


Note : 2/5.


Morceau préféré : "Inside The Outside blabla"

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   CANARD WC

 
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- Ralph Hubert (basse, guitare classique)
- Alex Landenburg (batterie)
- Erik Adam H. Grösch (guitare)
- Martin Lemar (chant)


1. Introduction
2. Ouverture
3. The Armageddon Machine
4. The Sliver In Gods Eye
5. Janus
6. Inside The Outside Of The Outside
7. Hindsight Bias
8. Mutant Messiah



             



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