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SATAN JOKERS - Sj 2009 (2009)
Par JEFF KANJI le 31 Octobre 2012          Consultée 3385 fois

Renaud Hantson est une personnalité à part dans le paysage musical. Batteur-chanteur de grande qualité, il fonde SATAN JOKERS avec Laurent Bernat (RIP) et fait preuve avec ce groupe d’un avant-gardisme inattendu qui le démarque assez nettement de ses compères de la seconde vague de Hard/Heavy de l’époque. En effet, OCÉAN, SHAKIN’ STREET et surtout TRUST ont révélé que le français pouvait très bien se conjuguer au Metal. La première moitié des eighties verra ainsi une pléthore de groupes, du Hard Rock au Speed Metal tester la formule avec plus ou moins de succès. C’est la grande époque d’ADX, BLASPHEME, H-BOMB, HIGH POWER, SORTILÈGE ou encore VULCAIN. Au milieu de ce marasme, SATAN JOKERS affiche dès son deuxième opus "Trop Fou Pour Toi" une ouverture musicale et un niveau technique peu communs en France à ce moment-là.
Comme la plupart des groupes de cette époque, SATAN JOKERS n’a pas pu tirer son épingle du jeu malgré sa signature sur une major. Polygram ne croyant pas tellement à ce curieux poulain, Renaud Hantson capitule après un "III" pourtant excellent et rejoint dans les oubliettes les ATTENTAT ROCK, WARNING et autres HIGH POWER.

Fort d’une carrière solo bien remplie (tout le monde se rappelle de sa prestation dans STARMANIA où il interprétait avec brio le rôle de Ziggy), Renaud garde un amour immodéré pour le Hard qu’il assouvira ponctuellement avec FURIOSO puis FURIOUS ZOO après le split de SATAN JOKERS. Mais entraîné par le revival encouragé par le Paris Metal France Festival (ayant permis au public de constater que des grands comme ADX ou BLASPHÈME n’avaient pas encore tout dit), Renaud, traumatisé autant par ses excès personnels que ceux ayant conduit au décès tragique de Laurent Bernat, relance la machine SATAN JOKERS. Il reste dans l’ambiance un peu nostalgique de cette époque et "SJ 2009" est une joyeuse sortie où s’éclate le gratin du Hard/Heavy Français des années 80. Jugez plutôt : Marc Varez (VULCAIN), Gérald Manceau (WARNING) et Joe Steinmann (STALLION) viennent partager la batterie avec Renaud Hantson qui prend en charge l’intégralité du chant (le chanteur lead originel, Pierre Guiraud, n’a pas souhaité prendre part au projet). Et il s’est offert des renforts de luxe avec Zouille, le mythique chanteur de SORTILÈGE avec qui il interprète en duo un des meilleurs titres de l’opus ("Indien De Demain"). Stéphane Bonneau est de la partie bien entendu mais se tient au rôle de guest (ce dernier a arrêté la musique à la fin de l’aventure en 1985).
Mais Renaud Hantson, en fin musicien qu’il est, a su s’entourer de véritables tueurs comme lui. Jugez plutôt, Pascal Mulot à la basse ; le bougre a collaboré avec les plus grands (T.M. STEVENS, PATRICK RONDAT…) et était un ami de feu-Laurent Bernat à qui ce "SJ 2009" est dédié. Les guitares sont assurées par Michaël Zurita et Olivier Spitzer qui sont ici bien plus que des faire-valoir de Stéphane Bonnaud.

Cette avalanche de vedettes ne doit cependant pas masquer un point essentiel : "SJ 2009" est un très bon album de Metal renouant avec l’agressivité du premier opus "Les Fils Du Métal" et la finesse d’écriture de "III". Ainsi malgré la prééminence d’un Renaud Hantson, quasiment seul rescapé de la formation d’origine, SATAN JOKERS a toujours son âme. Et c’est à travers des textes un peu plus fins que dans les années 80 que nous sont délivrées les quatorze grenades de l’album. On y retrouve la passion pour le Rock And Roll ("Ma Guitare") mais aussi pour le sexe ("Professionnelle") et des regards désabusés sur le monde d’aujourd’hui ("Silicone Baby", "U.S.A"). Si on n’atteint pas encore la profondeur des textes du concept album "Addictions" qui suivra deux ans plus tard, force est de reconnaître que Renaud Hantson a le chic pour écrire des paroles pleines d’ironie voire d’humour parfaitement adaptés à ses lignes de chant, les rendant extrêmement mémorisables. À cet égard, "Silicone Baby" est un tube en puissance. Appuyée par la batterie véloce de Marc Varez et un chant à la métrique bien particulière, Renaud Hantson s’exprime comme jamais : sa voix s’est un peu éraillée avec le temps et il se trouve véritablement au carrefour entre ce qu’il chantait sur les anciens albums et les parties de chant plus agressives de Pierre Guiraud. Une réussite donc. Les guitares acérées de la paire Zurita/Spitzer sont là pour rappeler le niveau technique d’exception de la formation qui ne craint pas de lorgner sur le Shred à l’occasion ("U.S.A", "Indien de Demain").

Ainsi musicalement, SATAN JOKERS reprend les choses là où il les avait laissées fin 1985. "III" était sans conteste, l’album le plus cohérent et le plus abouti musicalement de la bande malgré sa faible durée. Il faut se rappeler le duel de virtuoses que se livraient Laurent Bernat et Stéphane Bonneau sur "Wounded Knee". Nul doute que Michaël Zurita et Pascal Mulot auront pris un plaisir évident à reproduire cette performance en concert. L’album a seulement le défaut d’être un peu long. Ainsi on côtoie le bon ("Ma Guitare", "200 Chrono"), le fameux (les trois premiers titres, "Indien De Demain" où Zouille montre qu’il n’a rien perdu de sa superbe) et le moyen. Toujours sauvés par des refrains bien calibrés aux relents FM rafraîchissants, "Lunettes Noires" ou "Électrique" sont un peu en dessous. S’appuyant sur une production moderne, SATAN JOKERS n’oublie pas de vivre avec son temps et c’est ce qui permet d’intégrer les relents 80’s que l’on peut ressentir à certains moments ("Combat", "Mouroir") mais qui sont contrebalancés par des passages bien plus modernes (la rythmique très Heavy de "Voodoo", le break de "Indien De Demain"). Cela nous donne au final un très bon album qui à la fois fait honneur au travail passé de SATAN JOKERS et lui ouvre des perspectives d’avenir, ce que le groupe ne manquera pas de faire huit mois plus tard avec "Fetish X", mais ça c’est une autre histoire…

4/5 car il est au final meilleur que "III".

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   JEFF KANJI

 
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   (2 chroniques)



- Renaud Hantson (chant, batterie)
- Michaël Zurita (guitare lead)
- Olivier Spitzer (guitare rythmique)
- Pascal Mulot (basse)
- Stéphane Bonneau (guitare lead sur 2, 11, 14)
- Olivier Del Valle (chœurs)
- Christian « Zouille » Augustin (chœurs, chant sur 6)
- Marc Varez (batterie sur 1)
- Gérald Manceau (batterie sur 5, 10)
- Joe Steinmann (batterie sur 6, 8)


1. Silicone Baby
2. U.s.a. (union Sacrée Des Assassins)
3. Voodoo
4. Combat
5. Paris Nuit
6. Indien De Demain
7. Mouroir
8. Électrique
9. 200 Chrono
10. Addiction (souffrir Avec Moi)
11. Ma Guitare
12. Lunettes Noires
13. Professionnelle
14. Sorcier (remix 2008)



             



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