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SATAN JOKERS - Psychiatric (2013)
Par JEFF KANJI le 25 Mars 2013          Consultée 3699 fois

Encore soufflé par un "Addictions" d’une qualité rare, SATAN JOKERS a repris les séances de travail, mené par le tandem Renaud Hantson/Laurent Karila (ce dernier est devenu l’officieux cinquième membre du groupe), puisque dès la fin 2011, il propose à son ancien patient un nouveau concept-album traitant cette fois-ci des pathologies mentales ; sujet qu’il connaît bien en tant que psychiatre et addictologue.

Le nouvel opus de SATAN JOKERS s’intitulera donc "Psychiatric" et sera le fruit d’un travail plus que jamais collectif et cela s’entend ! Que ce soit le groove obsédant ou bien les échanges de haute voltige auxquels se livrent Pascal Mulot et Aurélien Ouzoulias, qui a totalement pris sa place derrière le kit jadis tenu par Renaud Hantson, ou les envolées guitaristiques virtuoses d’un Mike Zurita au sommet de sa forme, "Psychiatric" est le fruit de la rencontre de quatre méga pointures, comme pouvait l’être un groupe comme MR BIG par exemple. L’album est donc technique, sans doute le plus complexe musicalement de toute la carrière de SATAN JOKERS, qui avait assis son monde avec "III" en 1985, qui était resté un peu un cas d’école (comme chacun des disques de la première période d’ailleurs).

Pour ceux qui craignaient l’omnipotence de Renaud Hantson sur "Addictions" (et pour cause tant son degré d’implication personnelle était fort, à l’image de celui d’un Roger Waters écrivant "The Wall"), le résultat est ici plus équilibré et sa personnalité haute en couleurs disparaît un peu au profit d’un sentiment de cohésion globale plus atteint depuis "III", qui restait le plus cohérent en termes d’équilibre.

Cela fait deux fois que je parle de "III" et cela n’est pas anodin. Résultat d’une vie continue du groupe (le groupe s’est reformé en 2009) plus longue que ce que la formation a connu dans les années 80 (1983-1986), "Psychiatric" peut se permettre de pousser le bouchon plus loin et, à l’image de sa thématique, de présenter une certaine forme d’extrémisme musical. Que ce soit le vocabulaire très médical utilisé ici, dont l'enregistrement a dû constituer un véritable tour de force pour le vocaliste et qui donne un résultat rude parfaitement Hard ("Crime Tribal", "Obsession" avec ses vers excellemment trouvés « Je prends mes cliques et mes claques, subit mes tics et mes tocs »), une expression de virtuosité qui peut rappeler les travaux de "Fetish X" ("Schizophrenic", "Flashback Traumatisme" digne des meilleurs EXTREME), ou encore les excellents soli de Mike Zurita ("Suicide", "Panique Hystérique"), chaque élément permet de joindre la virtuosité des musiciens et le sérieux de ce quasi concept album à la production de vraies bonnes chansons, aux mélodies efficaces et entêtantes ("Phobies" ma préférée, "Camisole Chimique") mises en exergue par cette touche de FM caractéristique du groupe.

C’est le seul point que je tempèrerai un poil (et qui justifie ma note) ; certaines lignes de chant peuvent parfois évoquer d’anciens travaux de SATAN JOKERS, "Panique Hystérique" me rappelant par exemple un peu trop franchement "Une Semaine En Enfer" de l’opus précédent. Un peu capillo-tracté j’en conviens, mais, en fan de SATAN JOKERS, je ne pouvais décemment pas ne pas vous en parler. "Psychiatric" présente avec "Addictions" la même nuance qu’on pouvait observer jadis entre un "Keeper Of the Seven Keys Part I" et sa deuxième partie. Quelque chose de ténu, car le style est là, maîtrisé, affirmé ; là où "Addictions" favorisait une unité textuelle (n’oublions pas qu’il a été conçu comme un outil de prévention), "Psychiatric" met en valeur chaque morceau l'un par rapport à l’autre en le différenciant assez nettement, tant par le tempo, le battement (le ternaire de "Persécuteur Désigné" par exemple) que par l’ambiance. Pas évident de se figurer les sensations qui vous traversent quand vous vivez de tels troubles psychiatriques mais "Serial Killer", "Obsession" ou "Psychodéréglé" (ses mesures composées et son final a cappella bien dérangeant) me donnent une idée assez précise.

Un manifeste de Metal intelligent, à ranger entre "Sides To Every Story" d’EXTREME et "Operation Mindcrime" de QUEENSRŸCHE, qui, malgré son élitisme apparent (complexité des morceaux, virtuosité exacerbée) n’oublie pas son but premier : proposer de bonnes chansons Metal, que chacun pourra fredonner en concert, et qui sauront satisfaire les amateurs de musique de tous bords, SATAN JOKERS ayant toujours fait tout ce qu’il fallait pour ne pas appartenir qu’aux metalleux.

Note réelle : 4.5/5.

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   JEFF KANJI

 
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- Renaud Hantson (chant)
- Pascal Mulot (basse)
- Michaël Zurita (guitares)
- Aurélien Ouzoulias (batterie)
- Laurent Karila (textes)


1. Crime Tribal
2. Flashback Traumatisme
3. Obsession
4. Phobies
5. Serial Killer
6. Suicide
7. Schizophrenic
8. Panique Hystérique
9. Fracture Morale
10. Persécuteur Désigné
11. Camisole Chimique
12. Psychodéréglé



             



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