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ARIA - Baptism By Fire (2003)
Par JEFF KANJI le 22 Avril 2012          Consultée 2450 fois

Il existe dans le calendrier d’ARIA une date particulière qui est le 31 juillet 2002 appelée chez nos amis slaves le Jugement Dernier. À Cette époque, ARIA est tsar de toutes les Russies, succès qu’il doit à son album précédent "Chimera" qui lui a permis de passer à un plus haut degré de popularité. Le groupe ira même jusqu’à monter une tournée avec orchestre symphonique (Classical Aria). Mais c’est dans cette période bénie que les tensions au sein du groupe, qui sont allées crescendo durant les années 90, atteignent leur paroxysme. En effet, Valery Kipelov refuse de chanter sur le prochain opus de la bande déjà composé par la paire Holstinin/Dubinin et souhaite commencer une carrière solo. Ainsi, le dernier jour de la tournée, le 31/07/2002, Valery Kipelov quitte ARIA pour fonder dès le lendemain son propre groupe KIPELOV. Alexander Manyakin et Sergey Terentiev lui emboîtent le pas suivis par le manager du groupe qui croit davantage en KIPELOV. Ce scénario est d’ailleurs étrangement ressemblant aux troubles qu’ont connus ANGRA à la même période. Vladimir Holstinin et Vitaly Dubinin envisagent dans un premier temps de splitter et de monter un nouveau groupe appelé CHIMERA qui restera (et c’est tant mieux) une chimère (facile celle-là). Ils décident de rebondir en recrutant un nouveau chanteur : Artur Berkut (ex-AUTOGRAPH), et débauchent le guitariste de MASTER, Sergey Popov, qui apportera même sa première contribution musicale avec "Battle". On rappelle l’ancien batteur d’ARIA Maxim Udalov et c’est reparti !

Le voici donc cet album sur lequel Kipelov ne voulait pas chanter ! Si j’admire le charisme et la voix du bonhomme, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il a été stupide sur ce coup. En effet, les deux compositeurs principaux du groupe ont toujours été Vladimir Holstinin et Vitaly Dubinin. Et eux en revanche ont eu le nez creux et ont remonté un line-up en adéquation avec leurs envies d’évolution. Si on pouvait en entrevoir les prémices sur "Chimera", l’album restait tout de même classique pour ARIA, un peu trop pour certains. Et les influences venues du Speed se font sentir davantage ici. Il est marrant de constater qu’à l’inverse d’IRON MAIDEN, à qui ils ont été longtemps et lourdement comparés, les Russes, en avançant dans leur carrière, accélèrent le tempo.
La déflagration de double grosse caisse introductive ne laisse pas de doute sur les intentions du groupe et "Patriot" s’avère être un titre Speed d’une efficacité sans pareille où le nouveau chanteur s’affirme d’entrée très à l’aise. Sa voix, plus rugueuse et rock que celle plus lyrique de Valery Kipelov, est parfaitement adaptée à cette nouvelle orientation plus agressive. Son chant reste très mélodique tout étant plus fluide et énergique que celui de son prédécesseur. Il a plusieurs cordes à son arc et ses narrations déclamées donnent une vraie dimension épique sur "Baptism By Fire". Il poussera plus loin ce genre d’interprétation sur "Armageddon". Le contraste avec le chant rageur et la rythmique intraitable et le refrain ultra-fédérateur (oh oh oh oh, kreshenie ogneom !) font de ce morceau un vrai classique d’ARIA qui trouve un écho formidable en concert (en même temps c’est fait pour !). ARIA se montre ainsi l’un des rares groupes dans le genre à avoir réussi son changement de vocaliste. On remarque sur cet album les progrès incroyables de Vitaly Dubinin ; il est très loin du clone de Steve Harris qu’il était à ses débuts. Je recommande donc cet album à tous les bassistes qui trouveront sans aucun doute de quoi s’amuser sur chacun des morceaux de cette galette. La production rend d’ailleurs justice à chaque instrument : la batterie sonne naturelle et percutante, les guitares sont chaudes, le chant dont on perçoit bien les nuances et les parties plus acoustiques où la mandoline et le clavier tissent des ambiances discrètes mais toujours à propos. ARIA a intégré ces deux éléments avec beaucoup de bonheur sur "Calm" sur le précédent opus de la formation et je suis ravi qu’ils aient conservé cet acquis ici (on retrouve ces ambiances souvent sur la galette). Le single "Colisseum" avec son feeling plus rock voire FM est doté d’un refrain entêtant et d’un développement progressif du plus bel effet. On n’est pas loin de l’esprit d’"Alien" qui sera le single de l’album suivant. ARIA a toujours eu ce tempérament rock mais il n’avait peut-être jamais été autant mis à l’honneur depuis "Whom Are You With ?". Les Russes nous régalent toujours d’une pièce plus longue et progressive et "Baptism By Fire" ne fait pas exception à la règle et avec "Hangman", la partie est une nouvelle fois emportée haut-la-main, l’introduction symphonique laissant place à la rythmique de basse pour exploser sur un refrain enrichi de chœurs où Artur Berkut délaisse la hargne pour un rendu pas si éloigné de ce qu’aurait produit Valery Kipelov sur ce genre de passage qui représente son registre de prédilection. Le seul regret qu’on pourrait éventuellement avoir et de se demander ce qu’aurait engendré l’association de cette composition à l’interprétation lyrique de l’ancien chanteur (qui n’aurait sans doute pas cautionné ces longues parties de double grosse caisse). Le nouveau guitariste se montre tout aussi habile et doué que Vladimir Holstinin et leurs joutes guitaristiques tendent à se rapprocher de la paire légendaire que ce dernier formait avec Sergey Mavrin. Du bonheur donc pour les mélomanes. Les amateurs de riffs bien heavy seront aussi comblés par "Your New World" et autres "White Flag".

ARIA est grand ! Ce nouveau départ a fait l’effet d’une vraie cure de jouvence et la musique du groupe s’en trouve revigorée. Il se dégage de ce disque une fraîcheur digne d’un premier album même si je lui préfère son successeur, plus travaillé, dont certains titres font vraiment partie de mes favoris de la bande. Le nouvel ARIA retrouve de l’ambition et n’a rien à envier à l’ancien qui commençait doucement à s’encroûter, la faute sûrement à une volonté de ne pas trop évoluer, contrainte balayée par le Jugement Dernier.

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   JEFF KANJI

 
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- Artur Berkut (chant)
- Vladimir Holstinin (guitare)
- Sergey Popov (guitare)
- Vitaly Dubinin (basse)
- Maxim Udalov (batterie)
- Margarita Pushkina (textes sur 1, 2, 4, 5, 6, 8, 9)
- Alexander Yelin (textes sur 3 & 7)


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2. Крещени&
- Baptism By Fire
3. Колизей
- Colisseum
4. Палач
- Hangman
5. Твой нов
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6. Там высо
- High Up There
7. Белый фл
- White Flag
8. Битва
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9. Бал у кня
- Dark Count's Feast



             



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