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RAMMSTEIN - Sehnsucht (1997)
Par CANARD WC le 25 Octobre 2009          Consultée 9865 fois

Quand j'avais 20 berges, pour payer mes études, j’avais trouvé un job de nuit qui consistait à appuyer au bon moment sur des boutons en sirotant de la mauvaise bière. Même que ça s’appelait « agent de sécurité informatique » (en tout cas c’est marqué comme ça sur ma fiche de paie). Je sais pas trop ce qu’on était censé « sécuriser », vu la bande de pochtrons notoires et de « cas soc » qu’on formait (l’émission "Striptease" n’était pas loin). Là-bas, j’avais sympathisé avec un ancien para qui avait fait son service en Allemagne. C’était le genre de mec qu’a des bras de la taille de vos jambes et qui boit des kros de 33 en une gorgée, le genre de mec qu’a pas mal bourlingué quoi. Le bougre avait tout un tas d’anecdotes truculentes avec des parépéta... des pérapé... des parapati... enfin bref des putes - bien souvent à l’intimité douteuse - qu’il avait troussées dans tous les sens. Il m’avait d’ailleurs refilé tout un tas de conseils pour différencier une pute malade d’une pute saine, mais je dois avouer que j’ai rarement eu l’occasion de mettre ses conseils en pratique.

Je sais plus où j’en étais, vous me troublez. Ah oui : le gros bourrin, les MST, RAMMSTEIN.

Donc du coup, le mec parlait allemand couramment et comme à cette époque j’étais en pleine « RAMMSTEIN mania », on a passé une soirée à s’enfiler (ah oui c’est bon ça) "Herzeleid" et "Sehnsucht", et lui, traduisait les paroles en « direct live ». C’est ainsi que j’ai découvert que RAMMSTEIN parlait de cul (beaucoup), des rapports humains (un peu « psy »), de la société (de façon critique) et de la religion (en mal). En gros. Telle l’harissa sur le Kebab, le fait de savoir ce qu’un groupe véhicule comme idées donne une saveur nouvelle à la musique. Presqu’une autre dimension. Ce n’est plus seulement QUE de la musique, ce sont aussi des idées qu’on écoute et auxquelles on peut adhérer ou non. Et justement, chose étonnante, mon collègue gros bourrin qui avait le sourire avec "Herzeleid" s’est retrouvé presque gêné avec les paroles de "Sehnsucht". Genre ah ouais, ils y vont fort quand même. Lui, le baiseur à couilles rabattues de radasses berlinoises, était choqué par RAMMSTEIN. J’ai fini par comprendre ce qui le dérangeait : plus que l’anticonformisme, c’était ce côté rebelle, insoumis, décalé qui ne pouvait coller avec son esprit militaire et ses valeurs en carton (le nationalisme, la patrie, le respect des règles, blabla). A chaque fois que j’écoute "Sehnsucht", je repense à ce collègue, à l’inconvenance de RAMMSTEIN, à la force du propos et l’ambiance sulfureuse qu’une musique peut cacher (cette introduction est super longue, je vais encore me faire allumer par les admins). (NDLR : On a vu pire... dernièrement) Les messages qu’une musique peut envoyer sont parfois plus forts que son vecteur.

A ce titre, "Sehnsucht" fait fort, plus fort encore qu’"Herzeleid". Plus subtil, plus vicieux, plus cinglant. Derrière une certaine mélodicité (effets et claviers mis en avant) et un chant plus lyrique, RAMMSTEIN est plus insidieux que jamais. Il y a bien entendu toujours ce « mur du son » implacable et cette sourde violence prête à éclater à chaque instant, mais les compos se veulent aussi plus évocatrices, moins directes, moins « brutes » et plus accrocheuses qu’agressives. En allégeant sa sauce, RAMMSTEIN frappe plus fort et plus profond. On frôle le malsain ("Spiel Mit Mir") pour retomber la minute d’après dans un lyrisme presque déplacé ("Klavier"). Dans ce registre dégraissé de l’Indus salissant, le groupe s’envole et confirme le premier coup d’éclat que fut "Herzeleid" en son temps. En 11 titres aussi originaux les uns que les autres, RAMMSTEIN – inspiré de bout en bout – affine sa recette tout en poussant sournoisement le bouchon plus loin, alors qu’il est plus que jamais question de riffs basiques, d’austérité martiale, de « rrrrrr » qui roule irrésistiblement.

Pour décrire la musique de RAMMSTEIN, TILL parlera à l’époque – non sans un zeste de provocation – de « Dance Metal ». C’est exactement de cela dont il est question. D’une ronde malsaine, d’une Rave pour Metalleux, d’une sorte d’Electro vaguement gothique. Inconvenant et puissant, accrocheur et original. C’est de cette ambivalence que RAMMSTEIN ressort grandi. On a bien tenté par la suite de minimiser l’impact du groupe en brandissant OOMPH! comme preuve accablante. S’il faut ne pas nier l’existence de cet ascendant spirituel et son influence directe, il faut toutefois reconnaître le mérite à RAMMSTEIN d’avoir réussi à propulser l’Indus à des années lumières de l’underground auquel il est destiné, à titiller les charts dans la langue de Goethe, à rendre accessible une musique « restricted » par nature. Par delà OOMPH! ou Nina HAGEN ou NIN ou peu importe, bien au-delà. RAMMSTEIN ne doit son succès qu’à sa force de composition et son sens de l’accroche qui lisse tout comme un fer à friser et vous oblige à secouer la tête et plier les genoux face au phénomène.

Note : 4,5/5


Morceaux préférés : "Engel", "Alter Man", "Sehnsucht"
Morceaux moins préférés : "Du Hast", "Kûss Mich"

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- Till Lindemann (chant)
- Paul Landers (guitare)
- Richard Kruspe-bernstein (guitare)
- Christian Lorenz (clavier)
- Oliver Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)


1. Sehnsucht
2. Engel
3. Tier
4. Bestrafe Mich
5. Du Hast
6. Bück Dich
7. Spielt Mit Mir
8. Klavier
9. Alter Mann
10. Eifersucht
11. Küss Mich Fellfrosch



             



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