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ELECTRO INDUS METAL  |  STUDIO

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1995 Herzeleid
1997 Sehnsucht
2001 Mutter
2004 Reise Reise
2005 Rosenrot
2009 Liebe Ist Fur Alle Da
 

- Style : Oomph!, Ham, Secret Discovery, Heldmaschine
- Style + Membre : Lindemann, Emigrate

RAMMSTEIN - Sehnsucht (1997)
Par DARK BEAGLE le 15 Avril 2019          Consultée 214 fois

Chez RAMMSTEIN, on soigne l’esthétique. Bien sûr, les choix sont parfois dispensables et discutables, comme la pochette de "Herzeleid" par exemple et les multiples interprétations que l’on peut en faire. Mais celle de "Sehnsucht", alors, pardon, mais si ce n’est pas de la jaquette marquante, alors je suis la réincarnation de Mère Teresa. Ce qui est sympa, en plus, c’est que l’on peut plier la jaquette un peu comme on le veut pour avoir n’importe lequel des musiciens sous les yeux, la tête pris dans un appareillage de torture moderne, du genre que l’on utilise dans les asiles psychiatriques façon Arkham. Mais alors, le verso qui représente une île, c’est fort et là encore, il y a plusieurs interprétations possibles, alors je vous livre la mienne : les types qui se font exploser le cortex sur le recto rêvent de cette île, c’est leur dernier désir ("Sehnsucht"). Beagle Freud vous salue !

RAMMSTEIN va inscrire "Sehnsucht" dans la continuité de "Herzeleid", en modifiant certaines petites choses dans leur discours, tout en conservant leur identité. Le groupe affine le sujet, on reconnaît tout de suite son Metal Indus martial à souhait, porté par le chant guttural de Till Lindemann, avec cette façon bien à lui de rouler les « r ». L’apport de l’Electro se fait toujours par le truchement de Flake qui apporte plus des mélodies froides que des beats rageurs. Son travail s’avère nécessaire pour l’équilibre de RAMMSTEIN, il participe grandement à l’aspect dansant de la musique et il contribue au façonnage du son du groupe.

Pour faire simple, "Sehnsucht", c’est du costaud. Il y a du riff lourd, saccadé, poussé par un rythmique simple, mais qui remplit parfaitement son rôle. Là, nous découvrons ce qu’est la rigueur allemande : c’est carré, concis, efficace, cela pourrait dérouler sur des kilomètres, cela ne sera toujours pas lassant. Enfin, si au bout de 45 minutes, ce genre d’Indus devient très vite gavant. Le Neue Deutsche Härte n’est pas connu pour sa finesse ni pour sa grande diversité. Mais sur "Sehnsucht", RAMMSTEIN va commencer à alléger sa formule, il va s’extraire de la lourdeur pachydermique qui caractérisait certains morceaux de "Herzeleid". De ce fait, les mid-tempos sont bien mieux amenés et agencés, la formation sait se faire plus menaçante grâce à un rendu plus glauque, qui lui va à ravir. Ainsi, "Sehnsucht" se partage en diverses catégories de morceaux, ceux qui sont entraînants d’un côté et ceux qui mettent mal à l’aise de l’autre. Et les ovnis aussi.

La formation commence fort avec le titre éponyme qui nous met dans l’ambiance. C’est plombé, fort, le refrain s’imprime directement dans la tête. Vous n’écoutiez peut-être pas de Metal en 1997, mais il y en a plein de lycéens de cette époque qui ont fait des progrès en allemand à force de scander les paroles. La prononciation et tout ça… Mais RAMMSTEIN ne se contente pas d’un titre qui assure en ouverture, il va en aligner plusieurs d’entrée de jeu, comme "Engel" et sa mélodie entêtante, le plombé "Tier", "Du Hast" évidemment… Les Allemands semblent prendre une autre dimension, ils subliment ce qu’ils avaient déjà pu proposer, ils ont su peaufiner leur formule pour n’en présenter que la substance la plus pure. C’est simple dans la forme en définitive, de l’Indus aux guitares sommaires mais efficaces, et surtout un sens de la mélodie qui transparaît tout du long.

Puis il y a les morceaux qui mettent mal à l’aise. Là, normalement, tous les regards se braquent sur "Spiel Mit Mir". Ce titre est vraiment malsain, très malsain. Cela commence doucement, avec un monologue où l’on devine que le contenu est approuvé par le Cardinal Barbarin. Vous voyez le topo ? Tout du long (un peu moins de cinq minutes, mais quelles foutues cinq minutes !), le groupe va se montrer dur, sournois, sans pour autant laisser parler la violence musicale. Mais dans le texte, nos Allemands vont se montrer implacables, presque effrayants. Il y a du soulagement quand "Klavier" arrive, avec sa mélodie posée, plus souple, avec un Till brillant dessus. Cela fait penser à "Seemann", mais en nettement plus réussi et prenant.

Seulement, tout n’est pas bon sur ce disque. La fin d’album commence à traîner des pieds, cela devient trop long, trop pesant et on perd quelque peu le fil, ce qui est fréquent sur ce genre d’album. Il suffit de regarder du côté de OOMPH! et de leurs albums à rallonge du milieu des années 90. Encore ici, ça va, on n’arrive pas aux cinquante minutes de musique. Il faut dire que se faire matraquer en permanence avec des rythmes martiaux, aux évolutions mélodiques finalement assez pauvres, dans le sens où tout reste très calibré, avec un chanteur qui arrive comme un Panzer dans les plaines polonaises (ahlala… Elles sont tellement faciles ces métaphores avec les groupes évoluant dans le Neue Deutsche Härte…), au bout d’un moment, c’est épuisant.

Il n’empêche, "Sehnsucht" est tout à fait recommandable et ce n’est pas pour rien qu’il a été le disque d’une génération, qui avait complètement succombé à ce Metal Indus finalement très accessible, parce que efficace sans être (trop) racoleur. Bien sûr, aujourd’hui il sonne un peu daté, l’Electro étant un genre qui ne vieillit pas forcément bien. Mais le mélange des genres est plutôt réussi et donne une vitalité insoupçonnée à ce disque gorgé d’hymnes. Parce que oui, RAMMSTEIN prouve ici avec brio que la langue allemande peut s’avérer extrêmement fédératrice et efficace malgré son côté un peu exotique pour nous (oui, je voyage loin dans ma tête sans avoir à faire beaucoup de kilomètres). RAMMSTEIN enfonce donc le clou. À partir de là, il devient un groupe populaire, avec tout ce que cela implique.

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Par JULIEN




 
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- Till Lindemann (chant)
- Paul Landers (guitare)
- Richard Kruspe-bernstein (guitare)
- Christian Lorenz (clavier)
- Oliver Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)


1. Sehnsucht
2. Engel
3. Tier
4. Bestrafe Mich
5. Du Hast
6. Bück Dich
7. Spielt Mit Mir
8. Klavier
9. Alter Mann
10. Eifersucht
11. Küss Mich Fellfrosch



             



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