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ELECTRO INDUS METAL  |  DVD

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1995 Herzeleid
1997 Sehnsucht
2001 Mutter
2004 Reise Reise
2005 Rosenrot
2009 Liebe Ist Fur Alle Da
2019 Rammstein
2022 Zeit
 

- Style : Oomph!, Die Kreatur, Megaherz, Stahlmann, Heldmaschine, Secret Discovery, Ham, ShaÂrghot
- Style + Membre : Emigrate, Lindemann

RAMMSTEIN - Live Aus Berlin (1999)
Par JEFF KANJI le 29 Janvier 2022          Consultée 641 fois

RAMMSTEIN est déjà, en Allemagne comme en France, un phénomène, porté par le succès de l'album "Sehnsucht" et de ses singles addictifs que sont "Du Hast" et "Engel". Mais ça commence à s'agiter de l'autre côté de l'Atlantique, car dans le but de trouver des réalisateurs pour ses clips, le sextette allemand a démarché une grande quantité de professionnels dont David Lynch. La petite histoire raconterait plutôt que c'est via Trent Reznor que l'iconoclaste Américain aurait fait connaissance avec la musique de RAMMSTEIN, au point d'en insérer deux extraits dans son Lost Highway, ce qui aide bien à faire monter l'intérêt autour de ces six énergumènes tout peine passés de l'autre côté du Mur de la honte. David Lynch a même confirmé en interview la version de RAMMSTEIN.

Toujours est-il que de la même manière que leur musique a su se raccorder aux images qu'il projetait, l'impact visuel des concerts du groupe était une sorte de légende que beaucoup pensaient urbaine, même si elle faisait rêver. Aux balbutiements d'Internet, on se disait que le chanteur Till Lindemann, artificier diplômé, maniait le feu au sens propre du terme, et que les shows de RAMMSTEIN étaient proprement déroutants, le feu omniprésent s'alliant à une musique industrielle qui n'a pas encore franchi le cap de la Neue Deutsche Härte est reste extrêmement marquée par l'EBM est-allemand.

La sortie de "Live Aus Berlin" en VHS permet en 1999 de constater que tout ce que l'on disait était vrai… y compris Till qui encule Flake sur scène (pour de faux, mais tout de même). Tout est vrai mais mieux encore. L'imagerie rigide et quasi martiale, bien appuyée par les déjà tubes du premier album que sont "Wollt Ihr Das Betten In Flammen Sehen?" et les plus récents mais redoutablement abrutissants "Sehnsucht" et "Bück Dich". Alors parlons-en tout de suite de "Bück Dich". J'ai attendu des années d'avoir une réédition complète à disposition, car la sortie de la VHS a été censuré dans pas moins de dix-huit pays (belle performance), si bien que la première édition dvd sera censurée et omettra le morceau (que l'on retrouvait sur le CD, qui lui aussi, selon les éditions, ne proposait pas toujours l'intégralité du concert).

C'est enfin chose faite en mars 2020, et autant vous dire que j'ai eu tout mon temps pour l'apprécier. La jeunesse rude mais déjà incroyablement maîtrisée de RAMMSTEIN (ses membres ont déjà trente ans) explose, Till frappe son genou comme si sa rotule devait être remise en place (c'était d'ailleurs la raison pour laquelle il adoptait ce mouvement à l'origine, c'est Paul Landers qui lui a dit que ce serait cool de garder ça comme élément scénique). Christoph Schneider a un job qui l'éclate, mais pas facile, car faire sonner une vraie batterie (même si elle est entièrement équipée de triggers et de quelques pads) comme une boîte à rythme demande une sacrée régularité. Les guitaristes prennent l'air menaçant, Paul Landers avec ses cheveux peroxydés, piqués en arrière, et Richard Kruspe avec de terrifiantes lentilles phosphorescentes.

Le jeu de scène est chorégraphié à l'extrême (avec la quantité d'artifices utilisés vaut mieux) mais dégage malgré tout une sensation d'exutoire primal. Et le spectaculaire de RAMMSTEIN sur "Live Aus Berlin" n'en est que plus impressionnant, car si l'on regarde bien, et malgré l'imposante quantité de lumières disposées sur la scène du parc Wulheide berlinois, on remarquera que des roulades avec des fusées aux pieds ("Weißes Fleisch"), un petit chariot pour glisser à genoux sur la largeur de la scène ("Seemann"), une fusée sifflante rouge tirée au-dessus de la foule, les techniciens, vêtus de blanc avec une torche à la main disséminés dans le décor pour poser l'ambiance crépusculaire de "Wilder Wein", un titre que le groupe n'avait pas enregistré pour son premier album, mais dont les fans ayant acheté l'édition pour les fans du single "Engel" avaient pu écouter, ou encore sur le même morceau, bercé de samples, prend une saveur particulière quand les deux guitaristes, rejoints par Oliver Riedel (qui prend la six-cordes de façon sporadique sur les Lives du groupe) apparaissent avec d'immenses chapeaux sombrero.

Si le show de RAMMSTEIN reste riche en effets saisissants et demandant de la logistique (les micros enflammés de "Asche Zu Asche", le lance-flammes imposant de "Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen ?", l'arc aux flèches phosphorescentes de "Du Riechst So Gut" (énorme retour de la foule dessus, il faut dire que le groupe vient alors de le ressortir en single, agrémenté d'un nouveau vidéoclip), ou encore l'introduction sur scène de Bobo dans une cage pour interpréter "Engel", l'économie de moyens réelle est impressionnante. Car RAMMSTEIN, à l'image de sa musique, ne va pas par quatre chemins, et se concentre sur la force d'un effet visuel, bien davantage que sa complexité. Et Au bout d'une heure quarante on a pris une claque, et on est devenu, si on ne l'était, fan de RAMMSTEIN.

Ce qui m'empêche de lui mettre la note maximale, c'est que nous sommes en 2022. À l'époque bien entendu j'aurais crié au chef d'œuvre, tant les Allemands n'avaient pas d'équivalent. Seulement, la qualité VHS est ce qu'elle est, et RAMMSTEIN s'est par la suite distingué avec d'autres sorties non seulement plus qualitatives d'un point de vue visuel, une setlist plus organique (car il faut vraiment aimer le côté le plus Indus de RAMMSTEIN sur "Live Aus Berlin", et des mises en scène encore plus étonnantes, même si de nombreux éléments qui deviendront des marques de fabrique scéniques sont déjà présentes (les ailes enflammées sur "Engel", les pieds de micro en feu sur "Asche Zu Asche" ou l'arc sur "Du Riechst So Gut").

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   (3 chroniques)



- Till Lindemann (chant)
- Paul Landers (guitare, chœurs)
- Richard Kruspe (guitare, chant, chœurs, sample)
- Christian Lorenz (claviers)
- Oliver Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)


1. Spiel Mit Mir
2. Herzeleid
3. Bestrafe Mich
4. Weißes Fleisch
5. Sehnsucht
6. Asche Zu Asche
7. Wilder Wein
8. Klavier
9. Heirate Mich
10. Du Riechst So Gut
11. Du Hast
12. Bück Dich
13. Engel
14. Rammstein
15. Tier
16. Laichzeit
17. Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen ?
18. Seemann



             



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