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METAL INDUS  |  STUDIO

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1995 Herzeleid
1997 Sehnsucht
2001 Mutter
2004 Reise Reise
2005 Rosenrot
2009 Liebe Ist Fur Alle Da
2019 Rammstein
2022 Zeit
 

- Style : Oomph!, Die Kreatur, Megaherz, Stahlmann, Heldmaschine, Secret Discovery, Ham, ShaÂrghot
- Style + Membre : Emigrate, Lindemann

RAMMSTEIN - Zeit (2022)
Par DARK BEAGLE le 4 Mai 2022          Consultée 2596 fois

Quand on écoute Richard Z. Kruspe, RAMMSTEIN pourrait splitter après chaque album depuis "Rosenrot" (voire avant). C’est un signe que le groupe n’est pas des plus sereins, mais cela indique clairement qu’il ne sera composé que de ces six mecs qui se fréquentent maintenant depuis des années sans que jamais leurs chemins ne se séparent tout à fait. Il y a eu des hiatus. Le temps a semblé long entre "Liebe Ist Für Alle Da" et l’album homonyme. Après, est-ce réellement une surprise de se trouver face à un nouvel opus des Teutons, trois ans après un "Rammstein" qui n’aura pas convaincu tout le monde ? La formation a été contrainte d’annuler sa tournée en raison de la crise sanitaire, et le report n’a pas pu se faire comme les musiciens le désiraient, alors ils se sont retrouvés, après des moments de confinement qui les auront beaucoup marqués. Écrire, puis jouer ensemble et petit à petit, enregistrer un nouvel opus.

Comme à son habitude, RAMMSTEIN tease son nouveau bébé en amont avec deux singles et surtout, deux clips. Je ne vais pas revenir sur "Zeit", pas tout de suite, je dirai juste que la bande à Till a eu le nez creux en choisissant ce morceau comme étendard. Puis il y a eu "Zick Zack". David Coverdale n’a certainement pas dû apprécier, mais là n’est pas le problème. Pris comme tel, ce morceau n’apporte strictement rien vu que le groupe en a pondu par poignées entières des comme ça. La vidéo qui l’accompagne a le mérite d’être plutôt bien foutue, tous donnent l’impression de se moquer de ceux qui restent sur le terrain coûte que coûte, avec des fans qui accusent l’âge de leurs idoles, ainsi que d’eux-mêmes qui ont à présent tous la cinquantaine. Oui, même Ollie. Après se posait également cette question : comment passe-t-on d’un titre épique à un autre qui est… totalement con ? Comment se déroule la logique sur l’album ?

La réponse tient en un mot : graduellement. Derrière cette pochette qui évoque les œuvres de l’Electro allemande se cache un disque qui se veut la suite logique de l’album à l’allumette, mais qui se déploie différemment, de façon assez originale, mais pas forcément bienvenue. En effet, "Armee Der Tristen" est une ouverture pour le moins étrange. Habituellement, RAMMSTEIN choisit un opener qui soit ne fait pas dans le détail ("Deutschland"), soit possède un refrain capable de faire le détail et de provoquer un élan épique ("Reise Reise"). Ici, c’est beaucoup plus difficile à appréhender, ce sont des nappes de clavier qui ne sont pas sans rappeler DEPECHE MODE qui ouvrent les hostilités, pour déboucher sur une mélodie acide et triste, ponctuées par un refrain qui manque un peu de profondeur ou qui ne l’exprime pas suffisamment. En fait, à la place de "Meine Tränen", ce morceau aurait été parfait. Mais à sa place, il manque d’engagement, il ne met pas vraiment le disque sur de bons rails.

Et ces problèmes de placement, on les retrouve assez fréquemment. "Schwarz", par exemple, propose de bonnes idées, mais peine à exister après un "Zeit" qui développe une ambiance profonde et puissante, sans que cela ne soit un titre rentre-dedans. "Zeit" va avoir de toute manière tendance à phagocyter les morceaux qui l’entourent, qui s’effacent pour laisser exprimer toute sa force. Sur single, ce titre était déjà plutôt intéressant avec sa façon de rappeler quelque peu la chanson "Mutter". Cela faisait longtemps que RAMMSTEIN n’avait rien composé dans cette veine et le résultat est entièrement concluant, encore plus sur album où finalement beaucoup de morceaux s’aplatissent pour le laisser briller.

Un autre souci de ce disque est le mode pilotage automatique engagé sur plusieurs pistes. Aussi, "Giftig" semble bien sympa avec son intro orientale, mais ce n’est pas la première fois qu’ils nous font le coup et parfois pour des résultats bien plus probants ("Sehnsucht"). "Zick Zack" est le titre passe-partout, celui qui pourrait être sur n’importe quel album sans que l’on trouve à y redire, mais il ne possède pas le groove contagieux de "Radio" par exemple, ou la gouaille d’un "Amerika" par exemple. En revanche, c’est par ce morceau que l’album va trouver un rythme de croisière plus en adéquation avec ce que l’on attend de RAMMSTEIN, c’est lui qui va réellement lancer la machine. Qui va provoquer l’arrivée de pièces plus Heavy, plus en adéquation avec l’idée que l’on se fait des Allemands.

Certes, dit comme cela, on peut penser que je ne suis pas ouvert à des changements au sein du groupe, qu’il doit toujours sonner d’une façon distincte. Ceci est faux et je vous invite à relire la chronique de l’opus précédent si vous ne me croyez pas. Celui-ci me déçoit sur l’agencement des morceaux donc, que je ne trouve personnellement pas optimal, sur le fait que RAMMSTEIN ne se montre pas costaud au niveau des refrains contrairement à son habitude (à part certains, ils tombent souvent à plat, cassant un peu certaines dynamiques qui ne demandaient qu’à se prendre un coup de pied aux fesses pour propulser les titres incriminés au zénith). Après un départ trop mou, on n’a pas forcément envie d’être conciliant avec le reste, et il est vrai que peu de moments sortent réellement du lot.

Cependant, "Zeit" mérite qu’on lui donne une petite chance. Il dégage une ambiance particulière, une mélancolie prégnante, qui s’efface par moments pour finalement mieux la nourrir. On le sait, les confinements auront eu un impact sur le moral des musiciens (Richard Kruspe en a particulièrement souffert) et ils l’expriment à travers différentes allégories et ce dès le départ (les trois premiers morceaux sont bien plombants). Puis il y a les moments où le besoin de déconner entre potes se fait sentir. Cela donne des trucs comme "Zick Zack" donc, mais également "Dicke Titten" et son esprit très Oktoberfest (la traduction du truc ? "Gros Seins". Vivement le clip !). Après, ce ne sont pas forcément les meilleurs moments, ils font le travail, mais c’est tout, on ne va pas se relever la nuit pour se les remettre par plaisir.

Donc l’ambiance est importante, c’est presque le douzième morceau tant celle-ci déborde de l’ensemble, bien alimenté par des claviers réfléchis et ingénieux. Un piano froid résonne parfois (LE grand moment de "Schwarz"), les passages plus typiquement Indus sont d’un froid vraiment glacial et assez typique de ce que le groupe pouvait proposer tout au long de sa carrière. Les guitares se montrent parfois particulièrement tranchantes, comme sur le final de "OK" qui n’est pas sans rappeler le travail effectué en ce sens sur "Liebe Ist Für Alle Da". "Angst" quant à lui est complètement dans le trip Indus sale qui a fait la renommée du groupe (avec un clip très politique, et pas vraiment de droite) et dont les cris de Till évoquent ceux qu’il poussait sur "Puppe" (alors oui, si vous avez trouvé "Puppe" ridicule, "Angst" ne va pas vraiment vous convenir).

Puis il y a les deux derniers morceaux, que l’on croirait issu de chutes studio de l’opus précédent (ce qu’ils sont peut-être) et qui boostent littéralement la fin de l’album sans pour autant œuvrer dans la violence ou étant particulièrement martiaux (ce qui est d’ailleurs une constante sur cet album, ce côté habituellement très carré, presque militaire est relativement effacé). La première, "Lügen", est cynique à souhait, elle nous parle d’un menteur compulsif et le groupe utilise de l’autotune pour accentuer le côté tricherie, tromperie, en modifiant la voix de Till. Et enfin "Adieu", qui fait écho à "Zeit" dans la thématique et qui ressemble à un ultime morceau avant de tirer sa révérence, avec cette fois-ci un refrain habité, qui suit le passage obligé de l’usage des langues étrangères chez RAMMSTEIN. Est-ce la fin ? Peut-être, l’avenir nous le dira. En tout cas, cela confirme bien l’achèvement d’un album plus complexe qu’il n’en a l’air, moins immédiat, plus sombre.

Difficile d’être pleinement satisfait par ce disque qui ne possède pas le côté mémorable et mémorisable de l’opus à l’allumette. Mal agencé, manquant parfois cruellement de souffle ou d’idées neuves, "Zeit" est par moments poussif. Pas complètement vide même si l’impression première qu’il laisse n’est pas forcément flatteuse. En creusant, il dévoile de sa profondeur, mais ne se veut pas mieux agencé pour autant, l’impression de passer du coq à l’âne étant vraiment forte. Autant sur "Rammstein" les Allemands ont présenté un miroir déformant entre les deux moitiés de l’album, autant ici c’est plus foutraque, comme s’ils avaient posé les titres à mesure qu’ils les composaient, sans en changer l’ordre quand ils ont eu leurs onze pièces. "Zeit" est peut-être arrivé rapidement, mais il laisse un goût amer tant il ressemble à un baroud d’honneur qui manque de souffle.

Et au final, c'est un 3. Peut-être pas mérité, mais pour son ambiance triste, mélancolique, sombre, qui ne me laisse pas indifférent et quelques titres plus forts qui tirent l'ensemble vers le haut. Mais globalement, j'avoue prendre plus de plaisir à écouter "Liebe Ist Für Alle Da"...

Tiercé gagnant du Beagle : "Zeit", "Lügen" et "Adieu"
Quarté : "Angst"
Quinté : "OK"
Vieilles carnes : "Schwarz", "Meine Tränen", "Giftig"

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- Till Lindemann (chant)
- Richard Z. Kruspe (guitare, chant)
- Paul Landers (guitare)
- Ollie Riedel (basse)
- Christoph Schneider (batterie)
- Flake Lorenz (claviers)


1. Armee Der Tristen
2. Zeit
3. Schwarz
4. Giftig
5. Zick Zack
6. Ok
7. Meine Tränen
8. Angst
9. Dicke Titten
10. Lügen
11. Adieu



             



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