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RAMMSTEIN - Paris (2017)
Par JEFF KANJI le 5 Juin 2017          Consultée 1193 fois

S'il y a bien un groupe qui prend son temps pour toujours nous épater davantage, c'est bien RAMMSTEIN. La seule fois qu'il a dérogé à cette règle, il nous a livré en pâture les rebuts des sessions de "Reise Reise" sous le nom de "Rosenrot", qui, malgré quelques bons titres, marquait franchement un coup d'arrêt à la success story des Allemands. Pas pressé en effet, même si les apparences peuvent être trompeuses, puisqu'alors que débarque "Paris" dans les bacs, un an et demi après "In Amerika", il faut attendre en moyenne quatre ans pour profiter d'un show de RAMMSTEIN… Et malgré l'avis un peu rapide qu'on pourrait se faire, "Paris" n'a pas grand-chose à envier à son aîné, les deux se distinguant par leur approche autant que par la tracklist. Là où "In Amerika" se concentrait sur la tournée de promotion de "Liebe Ist Für Alle Da", tourné dans un Madison Square Garden plein comme un œuf, et assorti d'un documentaire traitant du rapport des ex-RDA avec le pays de l'Oncle Sam, qui a joué un rôle important à divers stades de la vie du groupe (l'occasion d'une prochaine chronique sans doute), "Paris" reprend deux shows tournés à Bercy en mars 2012, sur la tournée Best Of "Made In Germany".

Tourné avec pas moins de trente caméras par Jonas Åkerlund, qui a même profité d'une répétition pour tourner quelques gros plans, le show proposé par RAMMSTEIN vaut le détour puisque le groupe et ses équipes en profitent pour remettre en scène les éléments devenus incontournables, comme la simulation de sodomie pendant "Bück Dich", la marmite et le boucher de "Mein Teil", l'arc enflammé de "Du Hast", les ailes géantes de "Engel" et j'en passe. Cela nous donne un spectacle haut en couleurs (le tout sans vidéo, comme cela se fait beaucoup actuellement), et complété par une infrastructure monumentale (et mobile), qui donne lieu à une imposante mise en scène pour l'arrivée des musiciens, et qui leur permet également d'effectuer un petit set en plein milieu de la fosse ("Bück Dich", "Mann Gegen Mann", "Ohne Dich").

La setlist est pour le coup imparable, avec une bonne représentation de tous les albums de la bande et la hiérarchie est somme toute respectée ("Rosenrot" n'a droit qu'à un seul titre, "Mutter" la bagatelle de six !). Till n'est toujours pas un vocaliste impeccable, mais il compense par une expressivité et un charisme uniques. La profondeur de sa voix, ce presque lyrisme qui en ressort, et la sensibilité (ultra) masculine se manifestant de la sorte sous son jeu de scène toujours un peu gauche (faut se trimbaler les 100 kilos de barbaque et le 1m84) font tout son charme. Derrière ça assure. Richard en mode beau gosse, pose juste ce qu'il faut, quand il ne fait pas le DJ au milieu de la foule ("Bück Dich") et il assure même aux vocaux quand il faut répondre à Till ("Asche Zu Asche", "Du Riechst So Gut"). J'accorde une mention toute particulière à Oliver Riedel, qui délivre des plans de basse uniques en leur genre et que la caméra arrive à capter. C'est lui qu'on retrouvera à la guitare classique sur cet extra proposé après un écran noir de quelques minutes (mais accessible via la sélection de chapitres) et pas n'importe lequel, puisque ce titre dédié à notre belle capitale c'est le poignant "Frühling In Paris" dont le premier refrain est repris par la foule de Bercy alors en communion totale avec Till qui s'adresse à lui dans notre langue. Il ne manque pas de vocabulaire d'ailleurs, quand il s'agit de dire un "suce ma bite" bien sonore pendant l'intro de "Ich Will".

Le documentaire en noir et blanc est davantage un bonus car il ne nous laisse pas tellement l'occasion de rentrer vraiment dans l'ambiance si ce n'est lorsque Till revêt un imposant harnais (visiblement extrêmement lourd) en prélude à "Engel", et qu'il gueule gentiment en espérant que ça accélère la cadence sur scène. Tourné en noir et blanc, il est surtout important pour ce qu'en dit le réalisateur Jonas Åkerlund qui a voulu soigner l'esthétique de ce film comme celle d'un clip de 3-4 minutes (c'est d'ailleurs lui qui avait réalisé celui de "Mann Gegen Mann"). Le rendu plaira ou divisera car le montage est parfois extrêmement rapide, voire épileptique, mais le spectacle visuel est clairement au rendez-vous, chacun ayant droit à une exposition enviable (belle immersion dans l'univers de Christoph Schneider notamment, lors de son jeu de synchro pyrotechnique avec Flake), et Paul Landers a toujours ce regard effrayant, limite psychopathe.

Encore une fois, RAMMSTEIN ne s'est pas moqué du monde, et ce produit est un must-have et peut-être sera-t-il novateur au point d'inciter d'autres formations à filmer ses show avec un tel soin esthétique, le seul ayant pour l'instant été précurseur en la matière étant METALLICA à ma connaissance.

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   JEFF KANJI

 
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- Till Lindemann (chant)
- Richard Z. Kruspe (guitare, chant)
- Paul Landers (guitare, chant)
- Oliver Riedel (basse)
- Christian Lorenz (claviers)
- Christoph Schneider (batterie)


1. Intro
2. Sonne
3. Wollt Ihr Das Bett In Flammen Sehen?
4. Keine Lust
5. Sehnsucht
6. Asche Zu Asche
7. Feuer Frei!
8. Mutter
9. Mein Teil
10. Du Riechst So Gut
11. Links 2-3-4
12. Du Hast
13. Haifisch
14. Bück Dich
15. Mann Gegen Mann
16. Ohne Dich
17. Mein Herz Brennt
18. Amerika
19. Ich Will
20. Engel
21. Pussy
22. Frühling In Paris



             



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