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- Membre : Black Sabbath, Revolution Saints, Gioeli - Castronovo
- Style + Membre : Fear Factory

G//Z/R [GEEZER] - Plastic Planet (1995)
Par DARK BEAGLE le 8 Avril 2020          Consultée 1746 fois

Dans la famille BLACK SABBATH, il y a un musicien que j’aime plus que les autres, c’est Geezer Butler. Si Tony Iommi et Ozzy Osbourne attiraient tous les regards, le bassiste était à l’origine de cette ambiance occulte inhérente aux premiers pas du SAB’ et il formait avec Bill Ward ce qui restera à mes yeux la section rythmique du Heavy Metal par excellence. Quand il ne jouait pas avec Ward, le SAB’ ne sonnait pas pareil. Écoutez dans la foulée "Heaven And Hell" et "Mob Rules", vous remarquerez la différence. C’est simple, pour moi on n’a jamais fait mieux dans le style et sans l’un ou l’autre la bande à Iommi ne possède pas le même charme.

Après avoir enregistré "Cross Purposes", Butler quitte une nouvelle fois BLACK SABBATH et enregistrera "Ozzmosis" avant de voler de ses propres ailes, où il va pouvoir explorer des idées un peu trop… Heavy pour BLACK SABBATH. Il va donc former un groupe autour de son neveu Pedro Howse à la guitare, Deen Castronovo à la batterie avec lequel il a bossé pour Ozzy, ainsi que Burton C. Bell qui avait cassé la baraque avec le "Demanufacture" de FEAR FACTORY quelques mois plus tôt. La formation va s’appeler G//Z/R. Remplacez les slashes par des « e » et la subtilité n’en sera que plus criante.

Parce que la subtilité, ce n’est pas franchement l’idée de cet album. Et c’est tant mieux. En effet, le bassiste a décidé de montrer qu’il n’était pas un has been qui a évolué dans un groupe que tout le monde cite comme référence mais qui ne fait plus rêver. Il va faire montre d’une modernité inattendue en embrassant à pleine bouche le Metal Indus tout en restant fidèle à son ADN. Nous sommes en 1995 et "Plastic Planet" est pile poil dans son époque. Mais il ne faut pas attendre un "Demanufacture" bis malgré la présence de Burton C. Bell.

Ce dernier s’avère d’ailleurs très intéressant. Il module sa voix et si nous le retrouvons souvent dans son registre Death, il y a également des passages en voix claire, voire théâtraux, ce qui va habiller les morceaux. Si l’aspect frontal d’un "Drive Boy, Shooting" ou d’un "House Of Clouds" est définitivement taillé pour lui, le chanteur en impose sur des titres différents, comme la très courte ballade "Cycle Of Sixty" où il se fait plus mélodieux, plus posé, sans chercher à s’énerver un instant. Le choix de Geezer s’avère payant et même si le nom du chanteur peut paraître ronflant, il ne fait pas toute la réussite de cet album.

Parce que musicalement, avec son neveu, Butler balance du lourd. Nous reconnaissons l’aspect Heavy propre au bassiste, qui dope son style avec des passages plus Indus de belle facture. Le break de "Catatonic Eclipse" est à ce titre assassin, cette brusque accélération martiale qui vient envenimer le propos tandis que Bell sert à merveille de porte-étendard. Le groupe joue sur la répétition et la chanson s’achève sur son riff répété, encore et encore, cela en devient lancinant et malsain à la fois. Et cette ouverture va parfaitement définir l’ambiance de cet album. Raide, violente, sans compromission. Vas-y Geezer, gifle-moi encore !

L’intelligence réside également dans l’utilisation du synthé. C’est Geezer qui s’en charge et ses interventions à ce niveau sont discrètes, mais elles viennent apporter une froideur que rien ne semblerait réchauffer. G//Z/R, ça évoque la science-fiction. Mais pas la SF stellaire, celle qui parcourt l’espace ou le space opera. Non, nous sommes plutôt dans la vision d’une SF dystopique, sans concession. L’espoir ? Oubliez-le, il est mort et son cadavre pourrit dans une décharge à ciel ouvert. Et cela correspond très bien à la vision que Butler a de ses textes. Ici, l’occultisme est remisé au placard, il n’y a même pas une petite sorcière qui apparaît sur la pochette, qui évoque plus l’univers de Cronenberg.

C’est en effet à travers les paroles que Butler prend une seconde fois ses distances par rapport à BLACK SABBATH. Geezer s’intéresse à des sujets qui sont d’actualité (en 1995) et… Qui le sont toujours aujourd’hui. Involontairement, cela accentue le côté SF de l’album et entendre le bassiste s’inquiéter quant à l’état écologique de notre monde permet de percevoir le personnage différemment. Butler n’a jamais été le bassiste discret, il a été à l’origine de la plupart des paroles de BLACK SABBATH au début des années 70 et son jeu n’est jamais resté figé. Mais là, il dévoile également une facette de sa personnalité plus rationnelle, plus inquiète également. Et en colère.

Et cette colère sert à merveille l’album. Il peut donner à la première écoute l’impression d’être très, trop monolithique, mais dès la seconde "Plastic Planet" se dévoile complètement et assène claque sur claque. Majoritairement mid-tempo, le disque se développe tout du long, offre des morceaux qui brillent par leur brutalité ("House Of Clouds" pendant laquelle Castronovo martyrise ses fûts comme un sourd). Et surtout, il y a ces passages particuliers qui nous conduisent sur des montagnes russes en termes d’émotion et surtout d’efficacité. Il y a Burton C. Bell qui alterne ses registres au sein d’une même chanson ("Giving Up The Ghost") et apporte beaucoup aux compositions ainsi que Geezer qui donne des dimensions inattendues avec ses claviers ("Seance Fiction").

"Plastic Planet" est un disque écrasant. Le travail sur la basse est forcément terrible, un véritable rouleau compresseur qui ouvre la voie aux autres instruments. Le choix de Burton C. Bell, qui aurait pu être la plus mauvaise idée de Geezer concernant l’album, s’avère des plus judicieux, le chanteur apportant un plus indéniable, que l’on ne retrouve pas forcément au sein de FEAR FACTORY d’ailleurs, où ses prestations sont au final plus calibrées. Et surtout, "Plastic Planet" est un opus que l’on n’attendait absolument pas.

En 1995, Tony Iommi assassinait BLACK SABBATH sous les yeux effarés des fans avec "Forbidden" (le titre le mieux trouvé !), Ozzy entrait dans l’âge grabataire avec "Ozzmosis" et Geezer semblait quant à lui retrouver une nouvelle jeunesse en allant de l’avant et en pouvant imposer ses idées sans connaître de limites. Jouissant d’une production énorme co-signée Butler et Paul Northfield (un mec qui a un CV long comme le bras et qui a bossé avec plusieurs groupes comme RUSH, GENTLE GIANT ou SUICIDAL TENDENCIES), "Plastic Planet" aurait mérité mieux que son succès d’estime (mais alors vraiment d’estime…), tant il s’avère fort et irrésistible. Pour ma part, l’album de l’année 1995.

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   (3 chroniques)



- Geezer Butler (bass/keyboards)
- Burton C. Bell (vocals)
- Deen Castronovo (drums)
- Pedro Howse (guitar)


1. Catatonic Eclipse
2. Drive Boy, Shooting
3. Giving Up The Ghost
4. Plastic Planet
5. The Invisible
6. Seance Fiction
7. House Of Clouds
8. Detective 27
9. X13
10. Sci-clone
11. Cycle Of Sixty



             



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