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HARD ROCK  |  STUDIO

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1972 Blue Öyster Cult
1973 Tyrany And Mutation
1974 Secret Treaties
1975 On Your Feet On Your Kne...
1976 Agents Of Fortune
1977 Spectres
1978 Some Enchanted Evening
1979 Mirrors
1980 Cultösaurus Erectus
1982 Fire Of Unknown Origi...
  Extraterrestrial Live
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1985 Club Ninja
1988 Imaginos
1998 Heaven Forbid
2001 Curse Of The Hidden M...
 

- Style : Black Sabbath, Iron Butterfly, Orchid, The Vintage Caravan, Ghost, Tanith
- Membre : Dokken, Rainbow
- Style + Membre : Blue Coupe

BLUE ÖYSTER CULT - Blue Öyster Cult (1972)
Par DARK BEAGLE le 2 Octobre 2019          Consultée 770 fois

Certains groupes sont naturellement doués pour la communication et le marketing. KISS est certainement le meilleur exemple que l’on puisse trouver, le Big Bisou étant devenu, au fil des années, une véritable entreprise, développant une large gamme de produits dérivés, parfois parmi les plus extrêmes. Souvenez-vous, les frères Darrell sont inhumés dans des cercueils aux couleurs de KISS… Dans son genre, BLUE ÖYSTER CULT se débrouille très bien aussi, mais en cultivant une part de mystère qui s’affiche dès que nous posons les yeux sur la pochette de ce premier album éponyme. Sous une nuit étoilée, nous découvrons plusieurs séries de pièces en enfilade, chaque porte conduisant dans une salle identique à la précédente et ce jusqu’à la ligne d’infini. Puis il y a ce symbole étrange – presque autant que le nom du groupe – qui forme une croix dont le bas est un point d’interrogation retourné. Dean Winchester savait pertinemment qu’il l’avait déjà vu quelque part, ce symbole…

Aux origines, la formation a eu plusieurs noms et écumait les bars dès la fin des années soixante, jouant à la base un Rock’N’Roll assez classique, qui se durcit quelque peu à l’arrivée d'Eric Bloom. Mais cela ne menait pas à grand-chose, les musiciens étaient chahutés de maison de disques en maison de disques sans pouvoir publier plus de matériel qu’un 45-tours chez Elektra avant de retrouver Columbia. Mais à cette époque, le groupe devait beaucoup à Sandy Pearlman, son manager. Dans le monde du Rock, il y a des personnages comme ça qui sont forcément liés à la grandeur – et parfois la décadence – d’une formation. Nous pouvons citer Peter Grant (LED ZEPPELIN), Malcolm McLaren (SEX PISTOLS), mais il ne faut surtout pas omettre l’apport de Pearlman, qui fut ici important. Poète à ses heures perdues, critique Rock farouche, il a très vite chapeauté ce qui allait devenir le BÖC, en lui offrant ce nom, tiré d’un de ses poèmes, dont l’ouvrage finira par inspirer tout un album plus tard. Le Culte de l’Huître Bleue. Ça en jette tellement c’est énigmatique. Et comme le disait le regretté Allen Lanier, ce sont les umlauts qui font la différence.

La légende se mettait déjà en marche. Ce qui pourrait s’apparenter à un gag fumant (Blue Öyster Cult pouvant former un jeu de mots foireux avec Pearlman, l’Homme-Perle) fonctionne en réalité plutôt bien. Nous nous souvenons du nom, du symbole, nous avons l’impression d’entrer dans une secte par la grande porte et d’avoir sciemment payé pour le faire. Enfin, à l’époque du moins. Nous avons le sentiment d’être des initiés. Mais sur scène, il fallait également savoir tirer son épingle du jeu. Outre tous les guitaristes, rejoints pour le coup par Lanier qui s’en sortait très bien avec cet instrument, qui formaient un mur terrible, un mur fait de son furieux, il y avait également cette opposition de style entre Donald Roeser (renommé Buck Dharma par Pearlman) et Eric Bloom. Le premier étincelait en costume immaculé, d’un blanc virginal, tandis que Bloom était l’éminence noire, tout de cuir vêtu. Vous sentez comme l’air commence à vibrer autour d’eux ? Comme le sentiment que quelque chose de gros va sortir de ce groupe est imminent ?

Hélas, ce premier album ne tient pas toutes ses promesses. La mayonnaise est montée, mais il ne faut pas grand-chose pour qu’elle commence à trancher et que l’huile remonte à la surface. Non, la description est exagérée, mais par rapport à ce que suggérait la pochette, musicalement il manque cet aura de mystère, cet ésotérisme clairement affiché. Une promesse non tenue mais paradoxalement, un bon petit disque de Rock clairement teinté de psychédélisme. "Transmaniacon MC" nous cueille d’entrée de jeu avec un uppercut bien placé. Le riff est sec, il sent la route ravagée par les bikers, avec un Eric Bloom qui en impose derrière le micro, avec sa voix immédiatement reconnaissable. Il faut un peu plus de trois minutes au groupe pour nous mettre à mal, mais la suite ne va pas forcément se révéler être au niveau. Il faut bien comprendre que la musique pratiquée est finalement assez classique ici. Du Rock qui sait se montrer dur, voire même Heavy aux entournures, avec quelques passages qui transpirent le Boogie, le tout nimbé d’un halo psychédélique qui restera la marque de fabrique de cet album.

Bien sûr, il y a ces "Stairway To The Stars" ou "Before The Kiss, A Redcap", qui sont tout simplement jouissives à écouter, il y a l’allumée "Workshop Of The Telescopes" qui nous fait enfin voyager dans des contrées où les mortels n’ont pas à poser le regard, nous conviant à entrer dans le Secret et qui s’impose comme un classique immédiat – est-il seulement étonnant que la plus célèbre compilation du groupe porte ce nom ? Mais pour ces joyaux, il y a un prix à payer. Oh, ne vous inquiétez pas, il est modeste. Parfois, nous avons l’impression que le BLUE ÖYSTER CULT ne va pas au fond des choses, qu’il pourrait encore développer son sujet, qu’il pourrait aller bien plus loin dans l’écriture ou l’efficacité. Aussi, "I’m On The Lamb But I Ain’t No Sheep" n’est rien de plus qu’un brouillon pour "The Red And The Black" sur l’album suivant tandis que "Cities On Flame With Rock And Roll" pompe allègrement et sans vergogne le riff de "The Wizard" de BLACK SABBATH (les musiciens ne s’en cachent absolument pas) et s’avère franchement poussive. En revanche, en live, c’est une autre histoire, comme nous le verrons plus tard.

Absolument « cult » pour certains, ce premier album n’est donc pas dénué de défauts et présente un groupe qui doit encore être un peu dégrossi. Cela sonne parfois de façon un peu convenue, il n’y a pas encore ces ambiances particulières qui commenceront à suinter sur les opus suivants. D’ailleurs, ce disque ne tient pas la comparaison avec ceux qui viendront directement après, jusqu’à "Agents Of Fortune" inclus. En revanche, il nous permet de découvrir un groupe en devenir, capable de jouer une musique pétrie d’ambitions diverses, subtile aux entournures et destinée, un jour, à devenir grandiose. Après, nous pouvons toujours nous poser la question de savoir ce qu’aurait été ce groupe sans l’appui de Sandy Pearlman, homme de l’ombre providentiel qui aura su nimber BLUE ÖYSTER CULT d’une aura de mystère peu commune. Peut-être que l’histoire aurait été différente et que l’Histoire du Rock aurait été privée de quelques morceaux primordiaux, nul ne peut le savoir. Mais la légende était en marche…

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   (2 chroniques)



- Eric Bloom (chant, guitare, claviers)
- Albert Bouchard (chant, batterie)
- Joe Bouchard (chant, basse)
- Allen Lanier (guitare rythmique, claviers)
- Donald “buck Dharma” Roeser (chant, guitare)


1. Transmaniacon Mc
2. I'm On The Lamb But I Ain't No Sheep
3. Then Came The Last Days Of May
4. Stairway To The Stars
5. Before The Kiss, A Redcap
6. Screams
7. She's As Beautiful As A Foot
8. Cities On Flame With Rock And Roll
9. Workshop Of The Telescopes
10. Redeemed



             



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