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- Membre : Rainbow, Dokken, Albert Bouchard
- Style + Membre : Blue Coupe

BLUE ÖYSTER CULT - Secret Treaties (1974)
Par DARK BEAGLE le 17 Septembre 2020          Consultée 2551 fois

En 1974, beaucoup marquèrent leur étonnement en trouvant dans les bacs ce "Secret Treaties", à la pochette pour le moins provocante. Nous découvrons les membres de BLUE ÖYSTER CULT représentés posant fièrement devant un Messerschmitt ME 262, le fameux Sturmvogel, la croix gammée ornant l’aileron arrière de l’avion étant remplacée par le symbole du groupe, cette croix étrange faite à partir d’un point d’interrogation retourné (moins classique que le crucifix, me direz-vous). Il ne s’en était pas fallu de beaucoup plus pour que certains journalistes s’en donnent à cœur-joie, taxant les musiciens de néo-nazis. Une bonne moitié des gars étant juifs, ça a quand même dû les faire bien rire, mais le pari s’avéra gagnant pour le producteur Sandy Pearlman : la polémique mettait ses poulains sous les feux des projecteurs.

Car la critique pouvait être élogieuse, la formation new-yorkaise peinait à décoller. Face à la concurrence qui commençait à prendre de l’épaisseur, il fallait assurer un maximum et se faire remarquer. Pour ce point, l’objectif était bel et bien rempli. Il restait à pouvoir s’imposer musicalement et pour le coup, ce fut la mission principale des musiciens, qui n’eurent qu’à se concentrer là-dessus car les paroles étaient principalement assurées par des personnes extérieures ainsi que par Pearlman, bien évidemment. Et sur cet album précis, cette formule fonctionna à merveille. BLUE ÖYSTER CULT allait déployer ses ailes et devenir un des fers de lance du Hard Rock américain des années 70, souvent plus complexe et difficile d’accès que ses comparses.

Si l’on doit faire un reproche à "Secret Treaties", c’est son manque de spontanéité, quand les deux précédents semblaient plus fous dans les interventions à la guitare et les improvisations de clavier, les soli intempestifs qui débordaient de partout, avec un feeling monstrueux. Le cru de 1974 est à ce titre beaucoup plus carré, plus professionnel, on sent que le groupe a beaucoup travaillé ses morceaux et qu’il en propose des versions définitives… avant de voir à les exploser complètement en live, où ils prendront une dimension supplémentaire (cf le monstrueux "On Your Feet Or On Your Knees"). Et cette absence de spontanéité, nous la retrouvons d’entrée de jeu, sur ce "Career Of Evil" qui sera également le premier single issu de cet opus.

Ici, nous trouvons encore des traces de psychédélisme. Albert Bouchard offre une ouverture toute en élégance qui permet au regretté Allen Lanier de livrer une jolie prestation aux claviers, sur un titre qui fait songer à du DOORS, en plus musclé quand même. Pour les paroles, nous retrouvons Patti SMITH (alors petite amie de Lanier), qui signe un texte au refrain entêtant et hypnotique, qui offre une solide accroche. Mais c’est sans compter sur le talent de Buck Dharma pour lâcher un solo dont il a le secret, joliment nuancé. Et l’enchaînement avec "Subhuman" (ce titre aussi a dû faire saliver de fiel les journalistes qui se sont lâchés sur la pochette) a de quoi laisser pantois.

En effet, si l’ouverture n’a pas l’agressivité d’un "The Red & The Black", "Subhuman" surprend avec sa finesse, pour ne pas dire sa douceur. Nous sommes loin de la ballade, le style reste trop acide pour abonder en ce sens, mais l’aspect Hard Rock semble très ténu, jusqu’à ce que le morceau ne s’embrase et ouvre toute une collection de titres sévèrement plombés, sur lesquels les musiciens de BLUE ÖYSTER CULT font montre de leur dextérité. Et tout va sembler assez fou, les idées vont jaillir de partout, les guitares vont subitement avoir un nouveau mordant, plus incisif que par le passé, sans s’encombrer de superflu. Difficile en effet de ne pas se laisser prendre au jeu d’une furia Rock’N’Roll à souhait, sur laquelle plane un réel sentiment d’urgence, comme celle développée sur le terrible ME 262, assurément une des pièces maîtresses de l’album.

Et des comme ça, ce disque n’en manque pas. Difficile de passer sous silence le froid et arrogant "Dominance And Submission" qui prendra encore plus d’ampleur sur scène. Mais c’est quand le groupe se frotte à des propos plus ésotériques qu’il s’avère être le meilleur. En premier lieu, il y a "Flaming Telepaths" qui étonne avec son intro, une boîte à musique qui délivre son air aigrelet avant que le riff ne se déploie, vindicatif, fiévreux, puis que la voix limite sentencieuse d’Eric Bloom ne retentisse. Là encore nous avons droit à un refrain prenant, qui s’arrêtera brusquement sur la fin pour laisser libre court à un "Astronomy" tout simplement fabuleux.

"Astronomy", tout a été à peu près dit sur ce morceau splendide, qui vient calmer le jeu après une série de tueries sans la moindre concession. Jusqu’à son final somptueux, quand tout s’énerve, et que le groupe trouve une emphase monstrueuse, que l’on pourrait rapprocher de LED ZEPPELIN. Le "Stairway To Heaven" de BLUE ÖYSTER CULT. Le genre de titre où l’on ne peut que s’incliner et se laisser prendre à ce jeu dangereux dont les musiciens ont le secret. Et il pose les bases sur quelque chose de plus grand, une vision sur le long terme, qui ne trouvera sa définition que sur "Imaginos", près de quinze ans plus tard. Pearlman aura placé ses pions, dont ce Desdinova dont il parle également sur la citation apparaissant au verso de la jaquette, Albert Bouchard essaiera de boucler la boucle dès son départ du groupe durant la tournée de support de "Fire Of Unknown Origin".

Des titres faibles ? Pour ma part, il n’y en a aucun à signaler. Certains objecteront que "Cagey Cretins" est une ombre, une tache sur le tableau magnifique, une coulure du vernis qui aura laissé une trace bien laide sur cette composition parfaite. À cela j’objecterai que ce morceau repose sur la complicité entre les deux frères Bouchard, Albert à la batterie, Joe à la basse – ce dernier chantera même dessus – qui délivrent un groove entraînant, très Boogie dans l’esprit et qui fonctionne à merveille. Ils auront toujours formé la meilleure section rythmique de BLUE ÖYSTER CULT et quand ils composaient ensemble, ils pouvaient rivaliser avec les autres membres du groupe ("Astronomy", c’est eux).

"Secret Treaties" est très certainement le meilleur album de BLUE ÖYSTER CULT, ne serait-ce que pour les années 70, les années 80 proposant également du très lourd dans ce domaine. Il tempère son manque de spontanéité par une puissance créatrice et une précision de tous les instants. Chaque morceau possède sa personnalité, ils se complètent, explorent, nous emmènent parfois très loin, dans des contrées desquelles nous n’avons pas forcément envie de partir. Et si Roeser est étrangement muet ici, il se rattrapera grandement par la suite. C’était également cela qui faisait la force du groupe à cette époque, cette capacité à savoir s’effacer quand il le fallait. Et "Secret Treaties" est, à mes yeux en tout cas, l’un des plus beaux fleurons du Hard Rock, l’un de ces essentiels un peu trop mésestimé.

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   (3 chroniques)



- Eric Bloom (chant, guitare, claviers)
- Albert Bouchars (batterie, chant)
- Donald 'buck Dharma' Roeser (guitares)
- Allen Lanier (claviers, guitare)
- Joe Bouchard (basse)


1. Career Of Evil
2. Subhuman
3. Dominance And Sumission
4. Me 262
5. Cagey Cretins
6. Harvester Of Eyes
7. Flaming Telepaths
8. Astronomy
9. Boorman The Chauffer (bonus Track)
10. Mommy (bonus Track)
11. Mes Dames Sarat (bonus Track)
12. Born To Be Wild (bonus Track)
13. Career Of Evil (bonus Track - Single)



             



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