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- Style : James Labrie
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THRESHOLD - March Of Progress (2012)
Par METAL le 25 Octobre 2017          Consultée 962 fois

La vie nous joue parfois des tours, bien que "March Of Progress" soit dans ma playlist depuis maintenant cinq ans, il est depuis quelques mois au centre de ma vie…

Les plus observateurs d'entre vous qui auront remarqué mon retour sur Nightfall s'attendront à retrouver ici mon "non-style d'écriture" plutôt passe-partout, parlant toujours scolairement de musique et ne s'aventurant guère dans des directions philosophiques ou pseudo intellectuelles… Et en effet, c'est ce à quoi vous auriez dû avoir droit encore une fois.

Pourtant je ressens aujourd'hui le besoin d'aborder, à travers cet album, des sujets bien plus personnels, de vous parler des sentiments résultant de son écoute et de son contexte. Car un disque n'est pas qu'un simple objet physique, c'est aussi un témoin de notre existence, un moyen mnémotechnique nous rappelant une période importante ou futile de notre vie. À la fois camarade de route pour les uns ou simple passager clandestin pour les autres (selon le degré d'importance qu'on lui accorde), la musique est, qu'on le veuille ou non, la bande-son de notre vie, la "Soundtrack Of My Life", comme disait si bien Blaise Pascal (1).

Vous savez, je n'ai pas eu beaucoup d'occasion d'écouter de la musique "Metal" ces 6 dernières années… fonder une famille avec une femme ayant des goûts très éclectiques, mais détestant le Metal par dessus tout, n'aide pas. Mais le jour où j'ai posé l'oreille sur "Ashes", premier extrait de "March Of Progress", j'ai tout de suite su que si je ne devais acheter qu'un album en 2012, ce serait celui-ci… Car ce titre est tout bonnement parfait. Une production aux petits oignons, des guitares puissantes, un clavier discret bien qu'omniprésent, un chant impeccable et des mélodies à foison dont un refrain ultra efficace… Je retrouvais là, en mieux, tout ce que j'avais trouvé sympa sur "Subsurface", que j'avais vraiment aimé sur "Dead Reckoning" et que j'allais donc adorer sur ce "March Of Progress".

Le neuvième album de THRESHOLD voit aussi revenir l'excellentissime Damian Wilson après le décès tragique d'Andrew "Mac" McDermott. Et autant j'appréciais beaucoup la voix de ce dernier, autant, je ne sais pas… il y avait une sorte de réverbération, d'effet double piste dans son timbre qui donnait un côté "bidouillé informatiquement". Un peu comme un Adam Levin (MAROON 5) qui sent l'auto-tune à plein nez alors qu'en fait non (2). Bref, malgré les circonstances, le retour de Wilson était pour moi une très bonne nouvelle.

Et si un mot devait définir THRESHOLD, ce serait "classe". Le combo anglais possède un style, une verve, une classe donc, hors norme. Car souvent, Prog rime avec tape à l'œil et pourtant, rien ici est gratuit, tout est pensé, utile et beau. Les pièces les plus épiques comme "The Hours" coulent naturellement, enchaînant un piano cristallin avec une guitare sur-vitaminée et des lignes de chant de hautes volées succédant à un solo fluide et limpide.

Si le style ne change pas du tout au tout d'une piste à l'autre, chaque titre possède son ambiance, sa patte personnelle permettant d'éviter la lassitude même après de très nombreuses écoutes de l'album. "Staring At The Sun" est simple et popisante, "Coda" est plus brut avec une intro typé "Heavy Metal" avant d’enchaîner sur des couplets syncopés ainsi qu'un double refrain plus mélodique et "The Rubicon", par exemple, est plus alambiqué et complexe (c'est étrangement l'un des deux titres auxquels j'accroche un peu moins avec "Don't Look Down", au contraire, plus basique).

Car si malgré quelques légers bémols, j'apprécie tant ce "March Of Progress", c'est également pour l'intelligence de ses textes. Ici, point d'album concept et pourtant ses titres forment un bloc cohérent de part sa critique récurrente d'une société à la fois dénonciatrice et fataliste du monde qui nous entoure mais cherchant également a entretenir une lueur d'espoir dans un monde désabusé, programmé à s'autodétruire (3).

Il se dégage de ce disque une beauté dérangeante, comme un soupçon de pureté, une esquisse de plénitude au milieu du mur de silence érigé par la fatalité. Mettant à la fois en exergue nos lâchetés et la force que nous avons de nous lever contre l'adversité, "March Of Progress" prit alors place, par hasard, au moment même où empêtré dans mes problèmes, le désespoir et l'obscurité m'ensevelissaient… Et puis l'acceptation de l'échec, l'envie de croire à un autre avenir, et finalement une rencontre allaient changer la donne avec, en fond sonore récurent de mes trajets vers cette lumière aussi aveuglante qu'attirante, ce "March Of Progress"…

Ce disque est donc pour moi le pont entre deux vies, l'une utopique et désormais surannée face à une autre moins balisée mais terriblement plus excitante (4). À l'image de sa pochette il est le reflet d'un emprisonnement intérieur cherchant désespérant à atteindre une délivrance aussi belle qu'éphémère… Il pourrait donc n'être qu'un simple album resté par hasard dans un autoradio et écouté en boucle sur la route du changement mais il est, de par sa qualité et son message, le colophon du dernier tome de ma vie passée…

Alors que ce soit en 1994 avec la compilation "Smoke On The Water" de DEEP PURPLE sur les trajets en vélo jusqu'au collège, ou en 1999 avec à fond les ballons "Follow The Leader" de KORN pour tester mon installation sonore sur ma vieille 205 XT (que d'emmerdes à cause d'un simple câble de masse trop long…), la musique est un merveilleux Polaroid de mon existence. Et si cet excellent "March Of Progress" vient prendre place dans mon album de souvenirs et si tel le papillon de la jaquette, la lumière qui en a résulté n'était effectivement qu'éphémère, il se paye aussi le luxe d'être l'un de mes albums favoris, tous genres confondus... Définitivement la classe !

4,5/5 arrondi à 5/5.

(1) Ou Blaze Bayley, j'ai un doute.
(2) À moins que… Non, c'est pas possible.
(3) spéciale cacedédi à qui vous savez.
(4) ♪ Your sugar
Yes, please
Won't you come and put it down on me?
I'm right here, 'cause I need
Little love, a little sympathy

Yeah, you show me good loving
Make it alright
Need a little sweetness in my life
Your sugar
Yes, please
Won't you come and put it down on me? ♪

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- Damian Wilson (chant)
- Karl Groom (guitare)
- Richard West (claviers)
- Johanne James (batterie)
- Steve Anderson (basse)
- Pete Morten (guitare)


1. Ashes
2. Return Of The Thought Police
3. Staring At The Sun
4. Liberty, Complacency, Dependency
5. Colophon
6. The Hours
7. That's Why We Came
8. Don't Look Down
9. Coda
10. The Rubicon
11. Divinity' (bonus Track)



             



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